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La crise du Moyen-Orient expliquée par Mgr Pascal Gollnisch

Interrogé en juillet sur la crise considérable que traverse le Moyen-Orient, Mgr Gollnisch discerne deux principaux  facteurs :

 

  • un facteur religieux.

Ces pays sont majoritairement habités par des musulmans. Le monde musulman traverse, en quelque sorte, une crise grave. Une crise d’adaptation à la modernité. En effet ce n’est jamais facile pour une religion (cela n’a pas été facile pour la religion catholique) de se trouver confronter à la modernité rationaliste et scientifique. L’Islam affronte cette réalité culturelle.

La science risquant de mettre en cause un certain nombre d’affirmation concernant la Foi musulmane (le Coran et l’origine du Coran, par exemple).

Devant ce qui est considéré comme une “menace de la modernité” , il y a trois attitudes :

  • Le rejet violent de la modernité : c’est ce que l’on voit à travers les groupes qui choisissent la voie de la violence.
  • La perplexité : une partie du monde musulman qui est en recherche, en attente d’approfondissement, de désir de dialogue.
  • Le désarroi : une partie du monde musulman qui pourrait être gagnée par le matérialisme de nos sociétés.

Ce monde musulman est, en outre, traversé par un conflit entre une tradition sunnite et une tradition chiite. Il n’y a sans doute pas eu les moyens pris pour permettre à cette tension d’être exprimée, dépassée. Elle n’a pas pu éviter d’être récupérée par des visées politiques. Il y a donc une instrumentalisation de la religion par le politique. Ce qui est d’autant plus facile que la différence entre le politique et le religieux est plus difficile dans l’islam que cela l’est dans le christianisme (le christianisme lui-même ayant eu du mal à faire cette distinction).

  • une rise économique.

La crise économique mondiale, que nous connaissons en France, en Europe, en Amérique a touché aussi de ces sociétés. Les classes moyennes qui supportaient des régimes autoritaires dans l’espoir d’un développement économique se sont trouvées stoppées dans cette espérance. Et par conséquent n’ont pas supporté l’autoritarisme des gouvernements. Les questions économiques ont déclenché ces opérations de rues et le développement économique de ces pays est extrêmement difficile : le tourisme qui représentait une source de financement s’est arrêtée.

Et les ressources sont mal réparties avec une population extrêmement riche qui côtoie une population qui est dans la misère.

Deux problèmes politiques et religieux qui sont compliqués par des donnes politiques mondiales.

  • Les tensions internationale

Ces tensions s’exercent dans cette région au croisement de trois continents (Monde méditerranéen, l’Afrique, l’Asie), qui est une ressource énergétique importante pour la planète, qui subit la tension entre le monde israélien et le monde palestinien.

Les puissances internationales ont parfois attisé les conflits mais elles ne suffiraient pas par elles même à susciter ce conflit s’il n’y avait aussi des conflits internes. Il faut donc négliger aucun des aspects le problème religieux, le problème économique, le problème politique local, et le problème politique international.

C’est dans ce contexte que les chrétiens courageusement essayent d’accomplir leur mission de service que l’Œuvre d’Orient est à leur côté.