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Embrasement en Terre sainte : que reste-t-il du voyage papal ?

Lors de son voyage en Terre sainte, en mai dernier, le pape François a plaidé pour la mise en place d’une solution de deux états, vivant côte à côte. Il a eu, comme à son habitude, des gestes forts et des paroles fermes sur le droit à chacun de vivre en paix. Et puis, François a invité les présidents israélien et palestinien à prier pour la paix à Rome. Pas négocier, prier !

Mais, cela est mis à mal aujourd’hui par le climat de tension, qui menace de dégénérer et qui est entretenu par les extrémistes des deux camps. Pour eux, il s’agit d’exprimer leur haine de l’autre. Des deux côtés, des organisations minoritaires très actives assurent que la solution réside dans l’expulsion, la domination, voire l’anéantissement du peuple ennemi.

Il importe donc que les dirigeants des deux nations fassent preuve de courage, pour éviter que la situation ne dégénère davantage. Le Patriarche latin de Jérusalem, S.B. Fouad Twal déclarait il y a quelques jours : “Il n’est pas digne pour des chefs politiques et religieux d’appuyer, d’alimenter, de fomenter la vengeance. La vengeance appelle la vengeance, le sang appelle le sang et les jeunes innocents tués, tous les jeunes tués, sont autant de victimes sacrifiées sur l’autel diabolique de la haine. Prions pour les parents et les familles de tous ces jeunes sacrifiés, enlevés et tués”. Il a rappelé que la visite du pape François en Terre Sainte et la rencontre de prière au Vatican avaient alimenté de nombreux espoirs de paix. « Maintenant, avec le sacrifice de jeunes innocents, le cycle de la violence dans lequel nous vivons voudra réaffirmer sa domination avec une férocité encore plus grande. Cela ressemble presque à une réaction faite pour suffoquer les espoirs qui s’étaient levés », a-t-il poursuivi.

Shimon-Peres-a-invite-le-pape-Francois-en-Israel_article_popinL’impérieuse nécessité de tendre la main

Face aux risques que font peser les organisations ultranationalistes ou ultrareligieuses, les modérés des deux camps doivent donc se réveiller et chercher à nouveau un terrain d’entente. De même, les pays occidentaux doivent contribuer, non pas à soutenir un camp contre l’autre, mais à promouvoir la mise en place d’un destin commun, dans un respect mutuel, afin qu’Israéliens et Palestiniens puissent espérer vivre un jour en paix. C’est ce qu’a fait le pape François, en invitant les dirigeants à prier. Il y a eu le geste fort d’Anouar El Sadate, qui lui a coûté la vie, les accords de camp David,… il faut que le processus de paix reprennent au plus vite.

Si l’on peut se réjouir modestement que Benyamin Netanyahou et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas ont condamné, chacun de leur côté, les assassinats commis contre les quatre jeunes victimes, c’est parce qu’ainsi, ils ont montré que le prix de la vie ne tenait pas à la religion ou à la nationalité. Aujourd’hui, ils doivent aller plus loin et oser la main tendue pour une discussion franche.

Comme le souligne le Patriarche de Jérusalem, « il faut continuer à prier afin de demander le miracle de la paix en reconnaissant que la haine et la rancœur font mal à tous alors que la paix et le pardon font du bien à tous ». Et de conclure: « Il faut se libérer de la logique perverse de ceux qui font des discriminations entre victimes innocentes d’une part et d’autres croient que leur douleur pourra être allégée par la douleur des autres. Seul le pardon appelle le pardon ».

C’est pour cette raison que l’on peut affirmer que le voyage du pape en Terre Sainte n’a pas été inutile. Il a contribué à retisser des liens, certes aujourd’hui fragiles, mais pas brisés!

J.J.D.

Source info.catho.be 


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