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Grégoire III Laham : "Nous sentons plus que jamais auparavant le lien des pays arabes entre eux, et notre lien avec ces pays."

Gregorios III : « Par la fidélité croit l’appartenance »

Le Saint Synode de l’Église grecque-melkite catholique se déroule cette semaine du lundi 16 au samedi 23 juin, sous la présidence de Sa Béatitude Gregorios III.

Réuni « dans la tourmente de ces événements difficiles qui secouent notre monde arabe dans toutes les régions, à différents degrés. » le Patriarche a ré insisté « nous sentons plus que jamais auparavant le lien des pays arabes entre eux, et notre lien avec ces pays. Ainsi, se réalise ce que dit Saint Paul : si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui (1 Cor 12,26) ».

Différents points sont à l’ordre du jour de ce synode : la proposition de nouveaux évêques pour les éparchies vacantes, la question des vocations et la visite du Pape au Liban, mais aussi

      la Vocation des Chrétiens aujourd’hui :

      Le patriarche a appelé les chrétiens à « être solidaires avec ce monde arabe, qui est notre monde, dans lequel nous avons nos racines. Nous y avons tellement réalisé, dans le domaine de l’histoire, la littérature, sa civilisation. (…) Ce sont [les chrétiens] qui doivent contribuer à la résurrection de leur société, à qui le Seigneur a confié cette grande et immortelle, ferme, non-altérable mission et vocation : celle d’être lumière, sel et levain dans notre société. Ainsi nous participons, nous partageons, avec nos pays, leur faiblesse, leur fragilité et leur vulnérabilité afin de découvrir ensemble la force de la Résurrection, les espoirs de la Résurrection…  »

      la situation dans les pays arabes :

      « C’est le troisième synode que nous tenons pendant que des vents orageux se battent contre elles, et le sang coule abondamment dans le Maghreb arabe, l’Egypte, le Bahreïn, le Yémen, la Palestine, l’Iraq, la Syrie et même le Liban.

      Mais le plus grand problème actuellement est la Syrie, dont la situation est tellement liée au monde arabe…

      au sujet de la Syrie « L’Église n’apporte aucune solution technique et n’impose aucune solution politique ».

      Elle répète : n’ayez pas peur ! L’humanité n’est pas seule face aux défis du monde. Dieu est présent. (…) L’Église accompagne l’État dans sa mission ; elle veut être comme l’âme de ce corps en lui indiquant inlassablement l’essentiel : Dieu et l’homme. Elle désire accomplir, ouvertement et sans crainte, cette tâche immense de celle qui éduque et soigne, et surtout de celle qui prie sans cesse (cf. Lc 18, 1), qui montre où est Dieu (cf. Mt 6, 21) et où est l’homme véritable (cf. Mt 20. 26 ; Jn 19, 5). Le désespoir est individualiste. L’espérance est communion. N’est-ce pas là une voie splendide qui nous est proposée ?.. »

        la situation au Liban :

          « Nous encourageons les chefs à la rencontre car la solution se trouve dans l’entente qui doit rester le souci principal pour tous les responsables, surtout dans les situations exceptionnelles et minutieuses que traverse la région, le Liban y inclut (…) Nous considérons que les conflits internes sont la mort des patries (…) Nous considérons que l’esprit de dialogue est la meilleure préparation pour la visite que Sa Sainteté le Pape Benoit XVI rendra au Liban. C’est pourquoi il est important que l’Eglise du Liban se prépare, comme l’Eglise du Moyen-Orient, pour faire réussir cette visite historique… »


          S.B. rappelle le texte de la « déclaration donnée à la suite de la réunion ordinaire de l’Assemblée des Hiérarques catholiques, le 25 avril 2012 :

          l’Église face à la crise syrienne :

          « Nous sommes solidaires de notre peuple syrien, solide dans sa volonté de vie digne, dans l’unité de la nation et la solidarité entre toutes ses composantes sociales, religieuses et nationales; solidaires aussi dans la volonté et la voie de la réforme générale efficace, qui doit se réaliser sur terre, dans les domaines politiques, sociaux, culturels, et de service, par la coordination des efforts de tous les Syriens… La violence a dépassé toutes les limites. Nous ne pouvons qu’interpeler, avec force et insistance, toutes les consciences pour se redresser et se détourner de tout ce qui détruit l’être humain et la nation. Nous réprouvons fortement tous les moyens de violence, de n’importe quel côté. Nous appelons à ne pas impliquer les civils dans le conflit politique; à ne pas les terroriser par l’enlèvement, le massacre, l’extorsion, les démolitions des maisons, la dépossession de leurs biens, par l’imposition de l’autorité par la force et la brutalité… Il est normal que nous pensions plus spécialement à nos fidèles, les chrétiens, qui ont été forcés de quitter leurs maisons et leurs villes ou villages. Parfois, ils ont été utilisés comme des boucliers humains et leurs quartiers comme des champs de batailles. Nous nous tenons à leurs côtés, et nous les assurons que nous déployons tous nos efforts pour les aider. »

            Sa Béatitude Gregorios III a souligné la « centralité et l’importance de la cause palestinienne » qui a été « parmi les sujets les plus importants à avoir été l’objet d’étude plus caractéristique au Synode » pour le Moyen-Orient soulignant « l’importance et la priorité de la solution du conflit israélo-palestinien-arabe, et cela par la reconnaissance de l’Etat palestinien. »

            Enfin, le patriarche Gregorios III a lancé un appel aux chefs d’Etat dans le monde pour la paix : « La paix dans le Moyen-Orient est votre responsabilité à tous et elle est la clef de votre paix. Venez à la terre de la paix pour faire la paix. »


            Source : Patriarcat Grec Melkite Catholique d’Antioche et de tout l’Orient d’Alexandrie et de Jérusalem CP/nhc/2012/09 Ouverture du Saint-Synode l’Eglise grecque-melkite catholique Aïn-Traz (Liban) 16-23 juin 2012