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Interview de Valentine volontaire à Jérusalem pendant 9 mois

Peux-tu te présenter ? 

Je m’appelle Valentine, j’ai bientôt 25 ans et avant de partir à Jérusalem j’étudiais dans une école de commerce à Nantes. Je voulais partir après mes études car je me disais qu’ensuite je n’aurais pas la force de tout quitter pour partir en volontariat. J’avais très envie d’aller au Proche-Orient, particulièrement à Jérusalem et j’ai eu cette chance. J’ai donc travaillé à l’hospice Saint-Vincent pendant 1 an.

 

Comment s’est passée ton intégration ?

Mon intégration a été difficile à différents niveaux ; car la langue et l’alphabet sont différents des nôtres et il fallait choisir entre approfondir l’arabe ou l’hébreu. Au sein de ma mission, mon intégration a été compliquée car les employés pensaient que j’étais là pour une courte durée. J’ai fait mon nid peu à peu, en proposant mon aide pour les changes, puis j’ai découvert que certains parlaient anglais. 

Ils était touchés par le fait qu’on viennent les aider de manière spontanée ; on touche une indemnité par les sœurs mais ce n’est pas un salaire. Pour elles j’étais vraiment une des leurs.

 

Et dans Jérusalem ? 

C’est une chance car il y a beaucoup de volontaires français. Nous étions 4 volontaires à habiter au même endroit, ce qui nous permettait d’échanger entre nous. Jérusalem est une ville très religieuse, chacun est affilié à une religion et on s’intègre comme ça. On ne se mélange pas.

 

Est-ce que faire partie de la minorité pendant 9 mois a été compliqué ?

Les chrétiens constitue la minorité qui a un rôle d’arbitre, au-dessus de la “mêlée”. En Terre-Sainte on est d’abord arabe palestinien avant d’être chrétien ou musulman. Je n’ai pas trouvé cela difficile car de toute manière pour eux quand on est occidentaux on est chrétiens. Ce qui est beau c’est qu’il y a du respect entre les communautés. Mes collègues musulmanes travaillent le dimanche pour que nous n’ayons pas besoin de travailler ce jour-là et nous nous travaillons le vendredi pour qu’elles n’aient pas à le faire non plus.

 

Est-ce la même relation avec les Juifs ?

Non, ce n’était pas pareil avec eux. On ne les connait pas même si comme moi on habite le quartier juif de Jérusalem. C’est beau de les voir prier au Mur des Lamentations, ce sont nos grands frères dans la foi.

 

Raconte-nous ta mission ?

L’hospice Saint-Vincent accueille 250 enfants quotidiennement. Moi je m’occupais de 22 enfants avec 2 autres employés. Ce ne sont pas des enfants qui souffrent d’un manque d’amour mais ils sont dans une situation de précarité. Les parents n’ont pas toujours le temps de s’en occuper car ils ont trop d’enfants.

Ils apprennent tout à la crèche ; nous avons assisté à leur premier pas, leur premier mot. On s’attache vite, on passe 35h par semaine avec eux ; ils deviennent vite comme tes enfants, on se fait du soucis quand ils ne sont pas là.

 

Quelle était ta journée type ?

Les enfants arrivent entre 8h et 9h30. Ensuite ils prennent leur petit déjeuner avec des fruits puis ils jouent. Vers 10h c’est l’heure de changer les couches ! Nous marquons leurs noms dessus pour vérifier que les parents les changent. Ils déjeunent vers 11h15 avec du riz et de la viande et ensuite ils font la sieste puis ils prennent leur biberon. Leurs parents viennent les chercher à partir de 16h.

 

Qu’est-ce qui t’as marqué le plus pendant ces 9 mois ?

La présence de Dieu. Quand on arrive à Jérusalem on sent le poids de Dieu à chaque endroit. La seule chose sur laquelle ils sont tous d’accord c’est que Dieu existe, c’est très frappant.

 

Propos recueillis par EdR