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IRAK, SYRIE : c’est très clairement une guerre contre l’Europe, Mgr Pascal Gollnisch

Devant une salle comble à la mairie du XVII Mgr Pascal Gollnisch a sonné tous les signaux d’alarme et  martelé la reprise des NÉGOCIATIONS avec Bachar, et la RÉSOLUTION du conflit.

Ci dessous la retranscription (en langage parlé) de son discours oral, et la conférence audio. Bonne lecture !


 

Parler des Chrétiens en Terre Sainte c’est d’abord parler du Christ.

La personne du Christ dit quelque chose même aux non chrétiens. Je suis allé récemment au Kurdistan avec le philosophe athée Pascal Bruckner. C’était la Semaine Sainte, on est allé à une messe avec les réfugiés et on a dit le Notre Père ensemble. Les chrétiens chassés de chez eux des conditions épouvantables on dit : il faudra un jour qu’on puisse pardonner à ceux qui ns ont fait du mal. Et Pascal Bruckner, philosophe athée, a dit à ce moment-là, “je me suis souvenu que moi aussi j’avais été baptisé”.

Un ministre du gouvernement (de l’Intérieur), a rencontré récemment des évêques de France, et en repartant, il a dit : « j’ai rarement eu un échange de niveau aussi élevé. Mais moi, je suis agnostique, et pourtant, la figure de Jésus me bouscule, m’obnubile et me passionne.”


Écoutez la conférence de Mgr Gollnisch


Sans doute parce que le Christ est celui qui a dit quelque chose de la Fraternité humaine – et Pape François aujourd’hui aux États Unis l’a rappelé :

le Christ est le 1er apôtre de la non-violence. Il a refusé ce chemin-là : “qui combat par les armes périra par les armes”.
C’est ce message du Christ – qui encore une fois parle à tous – qui marque la Terre Sainte avec la tradition biblique, tradition d’Israël, tradition d’Abraham, tradition de ceux qui se reconnaissent frères. Il suffit de regarder une carte : la Terre Sainte est à la croisée des chemins.

Nous devons nous demander ce que tout cela signifie pour l’humanité entière.

Trois siècles de Christianisme, 3 siècles de persécutions…

En 313, on donne un Édit de Milan pour donner la LIBERTÉ aux citoyens de l’Empire. Moi, je regrette qu’en 2013, on n’ait pas fêté le 17e centenaire de cet Édit. On ne faisait pas une religion d’Empire, c’est venu après. Mais on donnait une liberté, aux sujets de l’Empire. C’est beau, c’est fort.

Comment nos pères, qui ont été persécutés, ont considéré que c’était une marque de leur identité chrétienne d’être persécuté au nom du Christ ?

Les Chrétiens de Terre Sainte, du Moyen-Orient, ont vu des invasions : les byzantins, les croisés, les musulmans, les mongols, les turcs, les européens, les américains …

Le monde entier a déferlé sur cette terre. Nous devons mesurer l’enjeu de leur présence là.

Conference PG

Tout le monde est un peu minoritaire.

  • Les Chiites sont minoritaires en terre sunnite, dès que Le Daesh voit un chiite il l’abat immédiatement.
  • Des Sunnites minoritaires en territoire chiite.
  • Il y avait des Juifs jusqu’en 1948 en Irak.

Toutes les minorités vont disparaître. Chaque pays va se réduire sur son groupe majoritaire. Cela fera une guerre générale dans la région.

Vous savez, après 1918, “la Der des Der, plus jamais ça, on n’en veut plus”

On a pourtant recommencé vingt ans après. Parce qu’on a cru qu’on allait faire la paix en mettant chacun chez soi : les Allemands avec les Allemands, Polonais avec Polonais, Italiens avec Italiens, “chacun chez soi, on aura la paix”.

FAIRE LA PAIX EN ACCEPTANT L’AUTRE dans sa pleine citoyenneté

Et on a de nouveau la guerre vingt ans plus tard parce qu’on ne fait pas la paix en mettant chacun chez soi. On fait la paix quand on permet à chacun de reconnaître l’autre dans son propre pays et de l’accepter. L’enjeu aujourd’hui, c’est que cette région du monde puisse se bouger pour arriver à suffisamment de modernité pour que chacun soit respecté dans son propre pays :

  • Parce que les Chrétiens irakiens ce sont des Irakiens !
  • Les chrétiens syriens ce sont des Syriens !

C’est inacceptable de leur dire : vous allez résoudre vos problèmes en quittant votre propre pays !

Par conséquent, ça n’est qu’en avançant vers plus de modernité, dans une telle citoyenneté reconnue à chacun, (et dans cette avancée, les Chrétiens seront à la fois les acteurs et les bénéficiaires), que nous pouvons envisager un avenir pour cette région du monde.

ENVISAGER UN AVENIR A CETTE RÉGION

Il lui faut Projet Politique avec une lettre majuscule. Qui fait que les gens auront d’autres solutions que le recours à la violence extrême.

Il faut un projet politique, sinon ça sert à rien. On ne peut essayer de neutraliser une violence, y en a une autre qui va renaître. Il faut un projet humaniste et politique pour permettre à cette région du monde d’avancer vers la modernité.
C’est vrai que c’est :

  • une question d’ordre économique,
  • politique,
  • culturelle,
  • religieuse,

posée à toutes les religions de région. En particulier l’islam : comment est-ce que tout cela peut entrer dans la modernité ?

En attendant, depuis un peu plus d’un an le DAECH a pris Mossoul et a chassé tous chrétiens et yézidis de la région qui était la leur

Ces gens du DAECH ont été stoppés, par les frappes de l’armée américaine, qui ne les a pas fait reculer d1cm. Pas 1 cm !
En revanche, le DAECH a pris la ville de Ramadhi en Irak et de Palmyre en Syrie. Par conséquent, il faut avoir des idées simples et des idées claires.

Ce ne sont pas seulement des gens violents, ce sont des terroristes.

Quand vous avez des terroristes dans un avion, vous essayez de les neutraliser, vous ne commencez pas à vous dire :

  • “Est-ce que c’est bien conforme aux droits de l’Homme ?”
  • “Non, ce n’est pas le moment”.
  • “Est-ce que les frappes aériennes suffisent à les neutraliser ?”
  • “Non, de toute évidence. Donc il faut mettre des gens sur le terrain.”

Je crois pas beaucoup à l’intervention de la Turquie et de l’Iran ds le monde arabe. Mais il faut fonctionner avec eux.
Et il faut arrêter de s’omnibuler sur la question de la personnalité d’Assad.

Combien de morts on va faire à cause de ça ?

J’étais à Damas y a quelques jours. Tous les jours, des obus  tombent sur Damas, envoyés par les rebelles. Ça, on n’en parle pas. C’est envoyé à l’aveugle, un obus qui a failli tomber dans la cour de récréation des Filles de la Charité. Il a failli y avoir 100 enfants tués, au dernier moment, c’est tombé de l’autre côté du mur.

Tous les jours, il y a des obus qui tombent à Damas.

Une guerre contre l’Europe

Il faut arrêter cette guerre, qui menace non seulement l’Irak et la Syrie mais l’ensemble du Moyen-Orient, et au-delà, l’ensemble du monde Méditerranéen.

Le décapiteur en chef, de ces malheureux coptes – pourquoi sont-ils décapités sur la plage ? Parce que c’est face à l’Europe – pointe son poignard vers l’Europe en disant : c’est un signal pour le Règne de la Croix.

Le porte-parole du DAECH, en octobre dernier, a appelé les musulmans de France à tuer les Français. Heureusement que la plupart des musulmans n’entendent ni ne veulent cela. Mais c’est très clairement une guerre contre l’Europe.

Nous devons être conscients de ça et prendre les moyens. Et dire qu’on trouvera une solution pour que monsieur Assad aille passer des vacances ailleurs, c’est – à mon sens – incompréhensible.

1. Depuis le début de cette crise, les diplomates français le disent : on ne fait qu’anticiper, M. Assad va bientôt partir. Ce n’est qu’une question de semaines. Il est toujours là.

2. Depuis le début de cette crise, les diplomates français me disent : M. Poutine est en campagne électorale, il parle à son électorat, dès qu’il sera élu, il rejoindra l’Occident. Il est toujours là, n’a pas rejoint l’Occident, n’a pas bougé d’un mm.

3. On nous disait : les rebelles, voici l’avenir de la Syrie, l’opposition, voici le pluralisme démocratique etc. On voit bien que cette opposition « dite modérée », elle n’existe plus. Elle n’est plus consistante en Syrie.

Il faut absolument prendre les moyens, si on veut sauver ces pays.

Conference Mgr Gollnisch

Et c’est en sauvant ces pays qu’on sauvera les Chrétiens. C’est urgent. Le DAECH est aux portes des grandes villes de Syrie. Il est déjà dans Alep, aux portes de Homs, aux portes de Damas. Le prochain progrès du DAECH, c’est la prise de ces villes et ce seront des bains de sang. Des centaines de milliers de gens qui vont fuir.
Maintenant, on a fini de tergiverser, nous n’avons plus de temps, il faut agir maintenant. Sans ça, nous allons au devant de drames plus épouvantables que ce que nous avons vu jusqu’ à maintenant.
Et encore une fois, je pense que nous sommes tous conscients que c’est pas simplement un problème pour la Syrie et l’Irak, mais aussi pour l’Europe. C’est pas que le DAECH, c’est AL Quaïda aussi. On est allés le combattre en Afghanistan. Des soldats français sont morts en combattant AL Quaïda. Et maintenant, on trouve très bien d’avoir AL Quaïda en Syrie.  C’est fou ! AL Quaïda est un groupe extrêmement violent, qui a aussi une visée totalement fondamentaliste et qui expulsera aussi les minorités.

Je m’arrête là. Nous sommes devant un vrai drame. Il y a des morts tous les jours, il faut vraiment arrêter ces jeux qui n’ont pas de sens : « Assad, Assad oui. Assad plus tard. Assad jamais… » C’est pas ça la question.

La question c’est d’arrêter cette guerre, de prendre les moyens sur le terrain, puisqu’on a prouvé que les frappes aériennes ne suffisaient pas. Moi, je suis prêtre, pas militaire. C’est pas à moi de dire comment. Je ne suis pas un va-t-en guerre, simplement, il y a urgence, presque humanitaire, pour rétablir un minimum de paix dans cette région.