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Le Mystère du mariage dans l'Orient Chrétien

MARIAGE ET MONACHISME

 

Quand le Christ ordonne de suivre la voie étroite, il ne s’adresse pas seulement aux moines, mais à tous les hommes. Le moine et le séculier doivent atteindre aux mêmes hauteurs, et s’ils tombent, ils se font d’égales blessures. Ils auront les mêmes comptes à rendre ” (saint Jean Chrysostome).

Le mariage est un engagement en communauté de vie, autrement dit en cénobitisme (du grec koinos bios, vie commune).

Il en est de même pour la personne qui choisit la vie monastique.

Ces deux états religieux sont complémentaires. Il n’y a pas de spiritualité laïque pour l’Orient chrétien, car l’Évangile est le même pour tous.

La sainteté monastique et la sainteté conjugale sont les deux versants du Thabor ; de l’une et de l’autre le terme est l’Esprit-Saint. Ceux qui atteignent le sommet par l’une ou l’autre de ces voies entrent “dans le repos de Dieu, dans la joie du Seigneur”, et là, les deux voies, contradictoires pour la raison humaine, se trouvent intérieurement unies, mystérieusement identiques ” (3). Ceux qui s’engagent dans l’une ou l’autre voie doivent cultiver les mêmes valeurs : humilité, patience, amour fraternel, esprit de paix. Il faut faire référence ici au monachisme intériorisé prôné par Paul Evdokimov, où les vœux monastiques sont assimilés par les laïcs à leur façon: la pauvreté devient refus d’une consommation effrénée, détachement des biens matériels et générosité ; la chasteté, non pas abstinence, mais ” intégration de l’éros dans la tendresse ” (Olivier Clément) et unification de l’être, et un effort constant de traiter l’autre comme un sujet ; l’obéissance, une adhésion joyeuse aux appels de l’Esprit (4).

Lors de la Création, la Trinité crée le couple à son image, c’est-à-dire communion de personnes. ” L’homme ne devient pleinement lui-même que lorsqu’il vit dans et pour son prochain “ (5). Et qui est le premier prochain de l’époux, sinon son épouse? La compartementalisation de la vie à laquelle nous sommes contraints n’a pas sa place dans une vision chrétienne intégrée. Le chrétien comprend peu à peu que tout dans la vie est sacrement, appel à la communion avec la Trinité, à l’action de grâces. Ainsi, pour les époux chrétiens, embrasser le conjoint, c’est embrasser le Christ. Ils deviennent alors le père, la mère, le frère, la sœur du Christ , et celui-ci prend réellement place au milieu d’eux, au centre du foyer.

Article d’Horia Roscanu


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