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Mgr Pascal Gollnisch : "Nous n'avons pas pris la mesure du danger que représente Daesch"

Ces avancés du Daesch sont profondément choquantes, car on voit un développement stratégique, outre les deux villes que vous avez cité c’est maintenant la totalité de la frontière entre la Syrie et l’Irak qui est entre les mains du Daesch. C’est tout à fait incompréhensible, et j’espère que la réunion d’aujourd’hui nous donnera quelques éléments car nous ne comprenons pas comment Daesch a pu avancer. Il y a un problème de troupes sur le terrain, l’armée irakienne est très fragile, car tous les cadres de l’armée irakienne ont été sortis par les américains.

Cette avancée à Palmyre, cette ville sur un désert qui est totalement plat avec une piste unique, Daesch a du faire 200 ou 250 km sur une piste, comment se fait-il que l’on  n’ait pas essayé de stopper cette avancée. C’est tout à fait incompréhensible, comme le fait qu’il semble que Daesch continue à vendre du pétrole par la Turquie, et que cela lui rapporterait des sommes colossales, peut-être 1 million d’euros par jour ! Nous n’avons pas pris la mesure du danger que représente le Daesch.

La question du financement est difficile, car le financement international est plus ou moins occulte, et clandestin, est très difficile à arrêter. L’arrêt de la vente de pétrole serait possible. La réunion d’aujourd’hui à deux objectifs, renforcer la stratégie contre le Daesch, et essayer de trouver des solutions politique, puisqu’une solution militaire ne règle jamais rien quant au fond. Enfin la situation des minorités sera évoquée, j’aurais préféré que ce soit un troisième objectif, le retour des réfugiés chez eux. La France n’a pas à rougir de son action, elle est dans la coalition, et le ministre des affaires étrangères a fait beaucoup de choses pour essayer d’aider les chrétiens et notamment les chrétiens d’Irak, par le Conseil de sécurité, par l’Union Européenne qui est extrêmement absente, le vide dans cette affaire n’est pas la France, c’est l’Europe. Mais je regrette que la France interdise d’intervenir contre Daesch en Syrie. “Peut-être que cela pourrait aider monsieur Assad”, mais je trouve que monsieur Assad cela commence un peu à bien faire, l’important doit être d’aider les populations, la neutralisation du Daesch doit être une priorité Assad ou pas Assad. Il ne s’agit pas d’aider monsieur Assad il s’agit de neutraliser une force barbare.

Il y a espoir pour les chrétiens en Syrie à condition d’arrêter cette guerre, il faut un cesser le feu, c’est la seule possibilité pour venir en aide à l’ensemble de la population, et dans l’ensemble de cette population les chrétiens peuvent avoir un avenir, mais c’est l’ensemble de la Syrie qui doit être pris en compte.

Pour écouter l’interview: RCF