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Regards croisé sur le Prix littéraire : les auteurs répondent à nos questions 3/3

Lire et écrire sur les chrétiens d’Orient, pourquoi ?

A l’occasion du Prix littéraire, nous avons été pousser la porte des auteur plébiscités pour leur poser nos questions. Retrouvez les deux séries précédentes ici et .

Aujourd’hui, focus sur le patrimoine oriental chrétien ! Chrétiens d’Orient mon Amour, est un ouvrage collectif écrit comme une “déclaration d’amour” : des articles classés par ordre alphabétique, de “Accueil” à “Yézidis”, en passant par “Coptes”, “Dhimmi” ou encore “Musique”… qui dressent un tableau authentique des diverses manières d’être chrétien en Orient aujourd’hui.  Amir Harrak, professeur d’araméen à l’université de Toronto, nous fait découvrir l’art chrétien du Nord de l’Irak du XIIIe siècle à travers le monastère de Mar-Behnam.  Enfin, l’architecte Jean-Christophe Gentric rend hommage à l’Éthiopie et à sa culture chrétienne florissante, à travers un livre de photos, agrémentées d’explications sur le patrimoine éthiopien chrétien : on y trouve notamment de belles photos des célèbres églises monolithiques de Lalibela et de paysages à couper le souffle.

Marie Thibaut de Maisières et Simon Najm, Chrétiens d’Orient, mon Amour

  • (c)B.Lannoo
  • – Pourquoi avez-vous décidé d’écrire sur les chrétiens d’Orient ?

Simon Najm : “Les minorités au Moyen-Orient sont mises à très rude épreuve depuis des décennies. Et c’est tout leur patrimoine culturel millénaire qui est en danger. J’ai la conviction qu’écrire, photographier, témoigner et raconter les chrétiens d’Orient, c’est faire vivre leurs richesses et leur diversité culturelle. De plus, notre livre est venu au projet de l’action de terrain de notre association, le CSCO, qui aide les minorités à rester vivre en Orient.”

Marie Thibaut de Maisières : “Mon mari, et donc mes quatre enfants, sont d’origine arménienne. Rassembler tous ces auteurs pour raconter les chrétiens d’Orient, ça a été pour moi un immense voyage dans la culture d’origine de ceux que j’aime le plus au monde.”

  • – Votre livre est dans la présélection du prix littéraire pour le regard positif qu’il porte sur les chrétiens d’Orient : pourquoi a-t-il sa place dans le prix ?

Marie Thibaut de Maisières : “Ce livre est une déclaration d’amour classée par ordre alphabétique. Ce livre a été conçu comme une mosaïque, à l’image de la diversité des chrétiens en Orient. Des boîtes de nuit de Beyrouth aux premiers rangs des églises coptes orthodoxes d’Al-MInya, de la vieille diaspora arménienne aux camps de réfugiés en passant par les zones de guerre syriennes et la fragile reconstruction irakienne de la plaine de Ninive : au fil des pages et des entrées se dessinent ainsi les contours d’une réalité multiple que nous nommons, sans vraiment la connaître, “chrétienté d’Orient”.

  • – En quoi un lecteur occidental peut-il être touché/intéressé par votre livre ?

Marie Thibaut de Maisières : “Ce livre est un regard croisé entre Orient et Occident. Nous y avons réuni des experts passionnés, des Occidentaux et des Orientaux et d’autres qui ne savent plus ce qu’ils sont, des gens de foi et des gens de goût, des personnes en colère et des optimistes, mais surtout des amis. Pas vraiment scientifique, encore moins cabalistique, chacun raconte, à sa manière et avec tout son amour, “sa chrétienté orientale”.”

Amir Harrak, Le monastère de Mar-Behnam à la période atabeg – XIIIe siècle

  • – Pourquoi avez-vous décidé d’écrire sur ce sujet ?

“Le monastère de Mar-Behnam, près de Mossoul en Irak, marque l’apogée de l’architecture et de l’art du XIIIe siècle. Saccagé par l’État islamique en 2014, le but de mon livre est de le sauvegarder en image et sous la forme d’une étude de ce chef-d’oeuvre chrétien et monacal unique.”

  • – Votre livre est dans la présélection du prix littéraire pour le regard positif qu’il porte sur les chrétiens d’Orient : pourquoi a-t-il sa place dans le prix ?

“Ce livre contient la première traduction française des actes de saint Behnam et une étude approfondie de l’architecture, de l’iconographie et de l’épigraphie de son église, qui toutes indiquent comment l’Eucharistie était célébrée vers 1250 en Mésopotamie. Une telle étude justifie sa place dans le prix.”

  • – En quoi un lecteur occidental peut-il être touché/intéressé par votre livre ?

Alors que les églises gothiques s’élevaient en Europe au cours du XIIIe siècle, le lecteur européen saura que les chrétiens d’Orient étaient aussi zélés et aussi professionnels dans l’expression de leur foi à travers l’art et l’architecture, d’où l’art au service de la foi.

 

Jean-Christophe Gentric, Au coeur de l’Éthiopie chrétienne. Les bâtisseurs du divin.

  • – Pourquoi avez-vous décidé d’écrire sur les chrétiens d’Éthiopie ?

“L’Éthiopie est le berceau de l’humanité. C’est aussi un pays de tradition biblique depuis plus de mille ans avant la venue du Christ avec la reine de Saba et le royaume d’Axoum. Avec plus de seize siècles d’histoire, l’Église d’Éthiopie a développé une ferveur divine unique dans le monde chrétien : c’est cette force d’unification du pays qui m’a décidé à visiter les anciens royaumes chrétiens et à écrire mon ouvrage.”

  • – Votre livre est dans la présélection du prix littéraire pour le regard positif qu’il porte sur les chrétiens d’Orient : pourquoi a-t-il sa place dans le prix ?

L’Éthiopie est le berceau du christianisme en Afrique depuis le IVe siècle et c’est la plus ancienne des Églises d’Afrique, avec actuellement plus de 60 millions de chrétiens orthodoxes, soit les deux tiers de la population. L’Éthiopie est imprégnée d’une foi et d’une ferveur divine depuis plus de seize siècles : mon livre s’attache à faire découvrir cette singulière ferveur divine qui s’exprime, entre autre, par les églises et les monastères de ce pays.”

  • – En quoi un lecteur occidental peut-il être touché/intéressé par votre livre ?

“Mon livre fait découvrir au lecteur occidental les plus étonnantes réalisations de l’art religieux qui soient au monde avec les impressionnantes églises monolithiques creusés à même le roc de Lalibela. Le lecteur découvrira cette “Jérusalem africaine” créée à la fin du XIIe siècle par le saint roi Lalibela. Il ne pourra qu’être également touché par les îles monastiques du lac Tana et leur ferveur divine unique.

Rendez-vous le 12 mai pour connaître le lauréat du Prix !