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Témoignage - Benoît – 23 ans – Paroisse latine du Caucase et Sœurs Missionnaires de la Charité – Erevan - Arménie

Benoît – 23 ans – Paroisse latine du Caucase et Sœurs Missionnaires de la Charité – Erevan – Arménie

Ma mission:

Cela fait maintenant presque 4 semaines que je suis arrivé à Erevan, la capitale de l’Arménie pour une mission de 6 mois. Je suis accueilli par le mont Ararat qui veille sur la ville. Les premières semaines sont plutôt festives avec la préparation de Noël et la présence d’un autre volontaire et de Samuel qui vivent dans la paroisse. Au programme peinture des bancs, grand ménage et organisation de la chapelle pour pouvoir accueillir plus de monde pour Noel.

Mais au-delà de ces préparatifs festifs, ma mission à Erevan se décompose en deux parties. Tous les matins, je travaille pour la paroisse Sainte Mère Teresa de Calcutta, la seule paroisse catholique latine d’Arménie ! Depuis quelques années, la communauté s’accroit dimanches après dimanches. La Messe est actuellement célébrée dans une pièce ne pouvant accueillir plus de 60 personnes. De récents travaux d’ouverture d’une baie vitrée sur une terrasse ont permis d’accueillir en plein air un plus grand nombre de fidèles.

Cet espace est agréable mais reste limité aux beaux jours. En outre, il n’y a plus d’autres possibilités d’augmenter la capacité d’accueil. Pour soutenir la croissance de la paroisse, il est désormais nécessaire de construire un lieu de culte permettant de déployer plus dignement la liturgie et d’accueillir un plus grand nombre de fidèles. Mon rôle est d’aider le père Athanase, curé de la paroisse dans le développement de ce projet.

L’après-midi, ma journée prend une tout autre dimension. Je me rends dans l’orphelinat des soeurs de mère Theresa situé à 10 minutes à pied de la paroisse. Les enfants de cet orphelinat sont tous porteurs d’handicaps physiques et mentaux. Dans la maison les enfants sont séparés en 2 groupes. Au rez-de-chaussée se trouvent les plus grands qui ont entre 7 et 13 ans. C’est avec eux que je passe le plus de temps. Les missions sont variées, aller les chercher à l’école, jouer, les aider à prendre leur diner, écouter de la musique et tout simplement passer du temps avec eux !

Patience et créativité sont nécessaires au quotidien, mais en retour beaucoup de joie et de rire. Au premier étage se trouvent les enfants plus jeunes. La plupart ne parlent pas, ne voient pas et sont nourris à l’aide d’une sonde. La fête des saints Innocents est un moment particulier ici. C’est la seule fois de l’année où tous les enfants vont à la messe. La seule fois où ils descendent de leur étage hors urgence médicale. La fragilité est présente entre ces murs. J’ai particulièrement été marqué par ces enfants et par l’amour que les soeurs ont pour eux. Je vois encore leurs visages réjouis lors du retour de Narek après son opération, l’impuissance face à la maladie, mais surtout la confiance en Dieu. C’est une vraie famille, qui déborde d’amour.

Fête de Noël à l’orphelinat:

Cette année, la fête de Noël s’annonçait différente, le foie gras n’a pas été invité et la famille est à plus de 3000 km. La semaine de Noël dans un orphelinat n’a rien d’une semaine habituelle, c’est tous les jours la fête. Toutes ces visites qui s’enchaînent les unes après les autres offrent à ces enfants une parenthèse dans leur quotidien : un moment pour rêver, pour recevoir des cadeaux et de l’attention. Les soeurs, quant à elles, accumulent assez de chocolat pour tenir un siège !

Ces présents matériels et ces défilés de visiteurs peuvent sembler superflus, voire excessifs. Pourtant, ils ont une valeur inestimable : ils permettent à ces enfants de comprendre qu’ils existent aux yeux des autres, qu’ils comptent pour nous et que nous tenons à eux. Qu’ils sont aimés tels qu’ils sont, tout simplement.

Bonne année 2026 !