Ile-de-France : 3 expositions « La Grande aventure des chrétiens d’Orient » pendant le carême

A Saint-Pierre de Neuilly (92200) du 14 février au 3 avril avec une conférence de Mgr Pascal Gollnisch le 7 mars à 20h30

Horaires d’ouverture de l’exposition : du mardi au dimanche de 9h-19h

 

A Notre-Dame d’Auteuil (75016) du 14 février au 10 avril

Horaires d’ouverture de l’exposition : tous les jours de 9h à 19h

 

A Saint-Germain l’Auxerrois (75001) du 5 au 22 mars

Horaires d’ouverture de l’exposition : du lundi au vendredi, 8h45 -12h et 14h-19h – Le samedi : 9h -12h et 14h30-19h30 – Le dimanche : 8h45-12h30 et 15h-19h30


DATE : Du 14 février au 10 avril 

LIEU : Saint-Pierre de Neuilly : 90 av du Roule, 92200 Neuilly-sur-Seine

Saint-Germain l’Auxerrois : 2 place du Louvre, 75001 Paris 

Notre-Dame d’Auteuil : 4 Rue Corot, 75016 Paris 

CONTACT : L’Œuvre d’Orient — 01 45 48 54 46 — www.oeuvre-orient.fr

Belle entrée en Carême à nos frères Chrétiens d’Orient !

Le Carême est le temps de préparation à la fête de Pâques, cœur de la foi chrétienne, qui célèbre la résurrection du Christ.

La durée du Carême – quarante jours – fait en particulier référence aux quarante années passées au désert par le peuple d’Israël entre sa sortie d’Égypte et son entrée en terre promise ; Elle renvoie aussi aux quarante jours passés par le Christ au désert (Matthieu 4, 1-11) entre son baptême et le début de sa vie publique.

Message de Carême du Pape François

Le Carême, temps de conversion, repose sur la prière, la pénitence et le partage. La pénitence n’est pas une fin en soi, mais la recherche d’une plus grande disponibilité intérieure. Le partage peut prendre différentes formes, notamment celle du don.

Le jeûne a pour but de donner soif et faim de Dieu et de sa parole. Il n’est pas seulement un geste de pénitence, mais aussi un geste de solidarité avec les pauvres et une invitation au partage et à l’aumône.

Jeûner c’est se priver momentanément de quelque chose qui nous est nécessaire ou très agréable pour se donner le temps de retrouver l’essentiel.

Dans l’exemple du jeûne alimentaire, l’homme a besoin de nourriture sous peine de mourir de faim. Mais il peut choisir de ne pas se nourrir tout de suite. Avant que le manque de nourriture ne devienne une trop grande gêne, il a le temps de se rappeler que le repas nourrit son corps, comble son ventre, mais qu’il a d’autres besoins à combler. Jésus pendant ses 40 jours de jeûne au désert dit : « Il est écrit que l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui vient de la bouche de Dieu. »

Erquinghem-Lys (59) : Messe de rite byzantin le 18 février à l’église Saint-Martin

La messe sera célébrée par le Père Patrick Delécluse, délégué diocésain de l’Œuvre d’Orient, selon le rite byzantin de Saint Jean Chrysostome.


DATE : Dimanche 18 février à 18h

LIEU : Église Saint-Martin d’Erquinghem sur la Lys, Place de l’Église, 59193 Erquinghem-Lys

CONTACT : L’Œuvre d’Orient — 01 45 48 95 00 — www.oeuvre-orient.fr

La première Bible en langue arabe imprimée en Europe, restaurée pour l’exposition !

Source : site de l’IMA

 

Initié par la Bibliothèque nationale de France (BnF), le portail des Bibliothèques d’Orient est le résultat d’une vaste entreprise de numérisation: celle de centaines de manuscrits provenant du Liban, d’Egypte, de Tunisie, consultables en ligne à partir de septembre 2017. Ce portail sera accessible depuis deux bornes installées dans les salles de l’exposition « Chrétiens d’Orient ».

L’un des objectifs de l’exposition « Chrétiens d’Orient » était de mettre en valeur le patrimoine des monastères et couvents de l’Orient arabe, dont des manuscrits anciens conservés dans leurs bibliothèques. Des communautés avec lesquelles l’Institut du monde arabe a pu entrer en contact par l’intermédiaire de l’Œuvre d’Orient, partenaire de l’exposition. Le rapprochement avec la BnF a débouché sur la restauration de quatre œuvres montrées dans l’exposition (dont une uniquement au musée des Beaux-Arts de Tourcoing [MUba]): deux conservées dans la bibliothèque du couvent syriaque catholique de Charfet (Daraʿun-Ḥarissa, Liban), deux autres dans la bibliothèque du couvent grec catholique de Saint-Sauveur (Joun, Liban).

Parmi ces œuvres, l’Evangilium arabicum, un évangéliaire conservé par le couvent de Joun, fut imprimé en latin et en arabe en 1590-91 par l’imprimerie des Médicis à Rome ; la Bnf en possède également un exemplaire. Première bible imprimée en langue arabe en Europe, c’est un témoignage précieux de l’ouverture des cours européennes à l’Empire ottoman : à partir du XVIe siècle, on fait venir des chrétiens pour enseigner l’arabe. C’est aussi le temps des missions envoyées par Rome – d’où la nécessité d’imprimer sur place des ouvrages destinés à l’Orient. L’ouvrage éclaire par ailleurs un pan méconnu de l’histoire de l’art : les gravures dont il est orné, reproduisant des scènes des quatre Evangiles, voyagèrent dans toute l’Europe, et furent utilisées comme « support iconographique » par bien des peintres.

A noter enfin la présence, dans l’exposition, des poinçons originels qui servirent à l’impression de ces Evangiles. Rachetés par la cour de France à l’imprimerie des Médicis, ils sont aujourd’hui conservés par l’Imprimerie nationale. D’autres poinçons seront également exposés : arabes, coptes, syriaques, certains datant du XVIIe siècle, tous illustrant le développement de l’imprimerie en langue arabe en Europe, en France en particulier.

Rencontre avec Fady Noun, journaliste à l’Orient-Le Jour

Source : Blog de Luc Balbont

Voilà longtemps que je voulais rencontrer Fady Noun, le responsable de la rubrique religieuse à L’Orient- Le Jour, le quotidien francophone libanais. Un parcours d’homme singulier, marqué par la fidélité. Fidélité à un Journal, où il est entré en 1974, à 28 ans, après des études en sociologie à la Sorbonne, à Paris. Fidélité aussi au christianisme, et à l’Eglise maronite qui fait de lui un journaliste engagé, mais libre de paroles. « Un véritable maronite, ce n’est rien d’autre qu’un bon chrétien » assure-t-il, ajoutant qu’en suivant le Christ, « l’homme accomplit toute justice, puisque la justice n’est rien d’autre que l’amour agissant ». Une corrélation fondamentale, qui le pousse à dénoncer parfois, avec François, le carriérisme qui menace l’Eglise institutionnelle.

A bientôt 72 ans (il est né en 1946 à Beyrouth) Fady Noun entame sa quarante-quatrième année de journalisme, et a vécu les quinze années de guerre civile traversée par son pays natal (1975-1990), à l’Orient-le-Jour. « J’ai survécu à la guerre, témoigne-t-il, zigzaguant entre obus, balles et enlèvements, protégé par la main de Dieu, en homme de foi. Jeune reporter, j’ai été envoyé par mon chef de service  sur le terrain, le 13 avril 1975, jour fatidique qui marque le début de la guerre multiforme, qui a dévasté le Liban. »

Ces longues années de guerre ont marqué Fady Noun, qui aujourd’hui se bat pour inciter les autorités du pays à repenser l’histoire de cette tragédie, et à la transmettre aux jeunes générations, pour ne plus qu’elles retombent  dans les mêmes erreurs.

« Beaucoup de mes articles sont hantés -et moi aussi, reconnait-il – par le devoir de mémoire inaccompli, après les horreurs de la guerre. »

Père de cinq enfants, dont une petite trisomique, qui appartient, dit-il,  à « la tribu des verbes de Dieu », c’est avec elle qu’il est descendu, main dans la main en 2005, dans les rues de Beyrouth, pour se fondre dans l’immense foule de manifestants, qui réclamaient pacifiquement le départ des troupes syriennes, et le retour de la démocratie au Liban.

Journaliste, mais aussi essayiste et poète, cette autre manière de prier, Fady Noun a publié plusieurs plaquettes de poésie. En ce domaine ses goûts vont des chrétiens tels Marie-Noëlle ou Jean-Pierre Lemaire, à des auteurs apparemment étrangers à la foi, comme Georges Schéhadé, Marwan Hoss, Jacques Réda ou Mahmoud Darwish, le Palestinien.

Chrétien converti à l’âge adulte par sa rencontre en 1977 avec une communauté de prière issue du Renouveau charismatique, Fady Noun confie que « sa vie a changé une fois pour toutes à ce moment-là », sans pour autant l’entraîner vers des croyances  exaltées. On le sent extrêmement méfiant à l’égard « de ces utopies meurtrières pour lesquelles des générations entières se sont sacrifiées, et dont le XXe siècle a donné d’éclatants exemples, que ce soit  sous la forme du nazisme ou du communisme », ou encore à l’égard du millénarisme venu d’Outre-Atlantique.

Fady Noun a appris par son métier, qui le met face aux réalités du globe et aux détresses humaines, que la foi chrétienne se heurte parfois à des mystères dont elle doit se faire une raison. Le « silence de Dieu » dans les guerres actuelles en Syrie voisine, au Yémen ou en Irak, peut conduire l’esprit au seuil de l’incompréhensible.

« Dieu, écrit-il dans l’un de ses articles, est une réalité inaccessible à la raison. Ou plutôt, inaccessible et accessible à la fois, puisque Dieu s’est fait homme et, comme tel, il ne peut être incompréhensible. Déroutant, mais pas incompréhensible. Il est possible de le lui dire : Je ne  comprends pas, ou encore je ne comprends pas la mort, le cancer, la prière sans écho. Mais on les lui dit comme un être humain dirait à un autre : Explique-toi ! Explique-moi ! ». Et de se demander, poétiquement, en s’inclinant devant le mystère : « pourquoi Dieu parle-t-il à certains en clair, et à d’autres en songe? »

Depuis l’élection de Béchara Raï à la tête de l’Eglise maronite en 2011, Fady Noun voyage. Il accompagne le Patriarche dans ses déplacements. Rome et l’Europe, les Etats-Unis, le Canada, l’Afrique du Sud, l’Australie. Excepté en Terre Sainte, où le citoyen lambda se voit interdit par les autorités libanaises, pour raison de guerre, de poser le pied, il est allé partout. Il ne s’en plaint pas. Fasciné par la théologie de l’histoire, à 72 ans, il pense avoir encore beaucoup à comprendre et à dire.

Mgr Zerey, la prière est nécessaire à la vitalité du diocèse

Source : Terra Sancta

Le 5 février devrait se tenir au Liban le synode qui verra l’élection du nouveau vicaire patriarcal grec-catholique pour le diocèse de Jérusalem. Mgr Joseph-Jules Zerey, atteint par la limite d’âge depuis deux ans, pourrait – à l’arrivée de son remplaçant dans quelques semaines ou mois – faire valoir son droit à la retraite. Dix ans après son arrivée, il fait pour Terre Sainte Magazine un bilan sans angélisme de son expérience et de la situation des chrétiens de Terre Sainte.

Qu’avez-vous découvert comme évêque de Jérusalem ?

J’ai d’abord redécouvert, plus que jamais, ce qu’est le cœur de la vie d’un évêque et d’un prêtre : la joie d’un temps de prière intense. C’est essentiel. Si nous n’avons pas cet échange d’amour, tout le reste laisse à désirer. Ensuite, j’ai appris que si l’évêque n’était pas en communion avec ses prêtres et ses diacres pour le service d’un diocèse, c’en est fini du diocèse. Enfin, j’ai senti la souffrance d’un peuple et rencontré des difficultés diverses. Les soucis des paroisses, des pauvres, nos écoles, surtout celle de Beit Sahour (champs des bergers), pour laquelle j’ai dû frapper à gauche et à droite en vue de combler le déficit. Il a fallu aussi faire face à des malentendus et procès. C’est usant, je préfère annoncer Jésus-Christ.

Avez-vous réussi à obtenir cette communion avec vos prêtres ?

J’aurais voulu faire davantage. Mais à cause de mes limites et de mon manque d’humilité, je ne suis pas encore arrivé à ce que j’espérais.

Vous avez dit que la prière était le cœur et que, sans cela, tout le reste laissait à désirer. Mais qu’est-ce que  »le reste » pour un évêque de Jérusalem ?

Le reste, c’est d’être au service des paroisses, des pauvres, des mouvements apostoliques et des écoles. Mais en Terre Sainte, l’évêque a un rôle prépondérant dans la collecte de fonds. La première et quasi unique source de revenus de notre diocèse était, à mon arrivée, notre foyer pour pèlerins de la Vielle Ville de Jérusalem. Si bien qu’à chaque fois que des événements surviennent dans le pays qui entrainent la diminution des pèlerinages, nos finances sont fragilisées. Or, c’est avec ces revenus que nous payons nos prêtres, que nous couvrons les déficits de nos paroisses et de nos écoles. Celle de Beit Sahour avait fini par avoir un déficit de 200 000 dollars chaque année. Nous avons des prêtres célibataires et des prêtres mariés, donc certains ont une famille. Un prêtre est payé 1 000 dollars par mois (800 euros). A mon arrivée, ils ne touchaient que 800 dollars, je les ai augmentés deux fois mais je ne peux pas faire davantage dans la situation actuelle de nos finances.

Les chrétiens en Terre Sainte n’ont pas l’habitude de donner pour leur Eglise. J’ai essayé d’encourager à la générosité pour aider les étudiants qui ne peuvent pas payer leurs frais de scolarité, mais la réponse a été… timide. Il faut éduquer nos fidèles à être plus généreux, ne serait-ce que de cinq, dix shekels (1-2 euros). Dieu bénit au centuple dès que l’on commence à se détacher de l’argent. Aussi ai-je dû aller frapper aux portes. Mais c’est fatiguant de mendier tout le temps. Je le dis avec un peu d’emportement parce que je suis saturé de cela.

Avez-vous trouvé d’autres sources de revenus que le Foyer ?

Le diocèse a monté un projet à Ramallah. Nous avions un terrain près de la paroisse. Avec le père Joseph Saghbini, alors économe général, nous avons fait bâtir un immeuble de rapport. Nous avons construit un bâtiment de bureaux de six étages, avec huit magasins en bas. Nous avons contracté un emprunt de plus d’un million et demi de dollars. Nous louons déjà sept magasins sur huit, et il reste quelques bureaux libres. Nous avons encore 640 000 dollars de crédit à la banque sur ce projet.

D’autre part, le père Elie Nammour, économe général et curé de la paroisse de Jérusalem a beaucoup travaillé sur la question du déficit de l’école de Beit Sahour. Nous ne nous sommes pas contentés de chercher seulement des donateurs, beaucoup de dépenses superflues ont été supprimées.

Selon vous, de quoi vos fidèles ont-ils le plus besoin ?

Cela dépend des régions. Jérusalem est très ouverte, c’est plus facile. Les gens ont moins de problèmes. En Palestine, il y a deux situations : la région de Bethléem et Beit Sahour et la région de Ramallah. Ramallah, économiquement parlant, est mieux lotie que Beit Sahour et Bethléem. A Bethléem, beaucoup de gens ont un travail lié au tourisme. Donc les pèlerinages sont vitaux, les gens ne vivent que de ça. Toute attaque, toute agression dans les rues de Jérusalem paralyse tout le pays. A cause de la situation politique, économique et sociale, certaines régions manquent de protection sociale pour les retraités, pour les malades, de services de santé… Je souffre de voir des gens qui quittent le travail à l’âge de la retraite avec un petit pécule qui ne leur servira à vivre que quelques années parce qu’il n’y a pas de pensions mensuelles comme en Europe.

L’autre problème est ce grand mur de séparation. La circulation est difficile quotidiennement pour les travailleurs. Notre problème, en Terre Sainte, c’est qu’il y a environ onze millions de personnes et malheureusement, ce pour quoi Jésus est venu n’existe pas : il n’y a pas d’amour entre nous. Nous sommes tout le temps à nous entretuer, nous juger. Que cette belle ville de Jérusalem soit la capitale de tout le monde ! C’est immense ! Mais les cœurs ne sont pas prêts à cela.

Le 5 février prochain aura lieu le Synode qui élira votre successeur. Allez-vous conseiller ce Synode?

Je prie beaucoup pour mon successeur. Durant le synode, je répondrai aux questions qui me seront posées éventuellement.

Sur quels critères l’élection se fera-t-elle ?

Je ne sais pas. J’espère en tous les cas que le nouvel évêque sera plus jeune. J’avais déjà soixante-huit ans quand je suis arrivé ici, et du fait de soucis de santé, j’ai manqué de dynamisme. Mais il y a aussi des difficultés qui m’ont fait beaucoup de peine, des malentendus avec des proches, la peur…

La peur de quoi ?

L’inquiétude, la peur, l’angoisse devant les besoins et mes responsabilités. J’aurais dû avoir plus confiance en Dieu. Dieu ne répond pas en 24 heures. Il ne répond peut-être qu’après un ou deux ans… Peut-être même après dix ans.

Que conseillerez-vous à votre successeur ?

La première chose est d’être un homme de prière, toujours en conversion et de découvrir l’amour infini de Jésus, et l’aimer tellement que tout le reste n’est plus important. Le Seigneur est là. Après m’avoir laissé au milieu de la tempête, il me dit  »homme de peu de foi ».

Il y a deux ans, les écoliers d’une de nos écoles étaient en excursion. Une petite fille est tombée et suite à sa blessure, est handicapée pour la vie. C’est une chose dont j’ai beaucoup souffert. A un ami prêtre que je rencontrai providentiellement, j’ai fait part de ma souffrance. Il m’a répondu du tac au tac : « Pourquoi vous souciez-vous mon père ? Le Saint-Esprit s’occupera d’elle comme il l’a fait pour Marie, vous ne savez pas ce qui va advenir pour elle. » Ça a modifié toute ma vie spirituelle. J’ai découvert plus que jamais que le Saint-Esprit accomplit des missions impossibles.

Originaire d’Egypte, pensez-vous qu’il y ait encore de la place pour un vivre ensemble entre musulmans et chrétiens au Proche-Orient ?

Ce qui arrive, ce n’est pas l’Islam modéré que nous connaissons. Les personnes égorgées en Syrie et en Irak, cela dépasse ma compréhension. Qu’est ce qui arrive ? Je ne sais pas. Y a-t-il des pressions étrangères? Je ne sais pas. J’ai toujours aimé mes amis musulmans et mes élèves musulmans quand j’étais recteur de collège au Caire. Ce n’est pas l’Islam que je connais et que je respecte. On fait dire ce que l’on veut à un texte. Même dans les textes bibliques, on peut toujours trouver un fanatisme. Il y a de la violence dans l’Ancien Testament. Jésus nous dit dans le Sermon sur la Montagne d’aimer nos ennemis, et de les aimer malgré tout. Pourtant des gens, très proches, consacrés, me répondent : « Mais Jésus a également pris le fouet ! » Quand on veut justifier la violence, on peut la trouver partout.

Pourquoi les chrétiens d’Orient devraient-ils rester ?

Le chrétien, s’il n’a pas compris qu’il doit être apôtre là où il est, quitte à donner sa vie, n’a pas encore compris ce que la foi suppose. De par le sacrement de Confirmation, nous sommes envoyés, malgré la souffrance, malgré la pauvreté. A-t-on compris ce que signifie être chrétien ?

  L’étonnante prière de Mgr Zerey   

Mgr Zerey accorde une grande place à la prière. Chaque matin, durant 35 minutes, il prie 7 pages qu’il a écrites.

Après Marie qu’il invoque sous divers vocables, l’évêque s’adresse à la Trinité,  »pour dire’Je t’aime »’. Commence alors une litanie, d’Abraham aux prophètes. Suivent les saints du Nouveau Testament, les Pères de l’Eglise, les saints pour qui il a une amitié particulière, comme st Jean-Baptiste, st Joseph, st Jean-Baptiste de la Salle,  »parce que j’ai toujours été éducateur ». Suivent les grands saints, les saints Papes, jusqu’aux saints de nos jours.

Cette prière se poursuit pour ses proches morts, amis chrétiens et musulmans, clercs. Il confie alors à Dieu les vivants, à commencer par l’ensemble du clergé, le personnel et les partenaires du patriarcat, comme ses ingénieurs et avocats. La prière se poursuit pour ses parents, amis et les bienfaiteurs, les fidèles, les habitants de Jérusalem, puis, plus étonnant, les gouvernements d’Israël et de Palestine, la police, pour la paix en Terre Sainte et au Proche-Orient.