IRAK – « de Qaraqosh au camp de Nishtiman a Erbil, témoignage d’humanité »

« On m’appelle Docteur Rabia du fait de mon diplôme de vétérinaire, j’ai une famille aimante et était un Irakien comme tant d’autres jusqu’en août 2014. Ma vie a basculé avec l’arrivée de l’Etat islamique dans la plaine de Ninive, pour le meilleur et pour le pire. Propriétaire d’une belle maison, je me suis retrouvé sans rien excepté ma voiture, avec des enfants à charge.

Dr Rabia, ses trois collègues de Nishtiman et l’architecte Monzer, tout proche de leur village d’origine de Qaraqosh

L’humiliation d’être un déplacé, la vue des familles dormant dans les jardins publics d’Erbil m’était insupportable. Ayant appris qu’un grand nombre d’appartements de l’immeuble Nishtiman, dans le centre-ville, étaient vides, j’ai négocié avec son propriétaire pour y établir des déplacés en quelques jours. Réalisant que le bâtiment Jihan Center, situé en face et appartenant au même propriétaire, était vide également, j’ai obtenu que nous nous y installions moyennant la rénovation du lieu. L’Œuvre d’Orient et le Centre de Crise du Ministère des Affaires Etrangères français ont fourni les finances et nous le savoir-faire technique et les bras disponibles : nous étions tous sans emploi ! Je me suis retrouvé chef de chantier improvisé durant les deux mois suivants et m’occupe actuellement d’assurer le bien-être de 400 familles en exil, soit quelque 2000 personnes.

Quand je réalise le chemin parcouru, à titre individuel et collectivement, je suis fier de ce que nous avons accompli. Ces épreuves m’ont fait réaliser la fragilité de mes richesses matérielles et l’importance d’être solidaires et dignes. Je n’ai rien fait de remarquable : tout cela est arrivé et j’ai réagi du mieux que je pouvais. La foi m’a aidé à garder confiance dans les moments de doute et à communiquer mon enthousiasme aux autres. Etre résilient fut et est toujours une nécessité et une évidence. Je porte d’ailleurs une croix toute simple, sans image de Jésus crucifié, afin de mettre en valeur l’espoir et la promesse de résurrection ».

 

Propos recueillis par MG

Paris 15ème : Soirée prière avec SANT’EGIDIO autour des témoins de la foi des XXe et XXIe siècles, le 10 avril 2017

« Chers amis,

Nous vous invitons le lundi saint, 10 avril 2017, à participer à la veillée de prière au cours de laquelle nous ferons mémoire des chrétiens de toutes confessions, morts pour leur foi aux XXe et XXIe siècles.

Présidée par Mgr Pascal Delannoy, vice-président de la Conférence des évêques de France.
En présence du pasteur François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France et de nombreux représentants oecuméniques.


DATE : Lundi 10 avril 2017 à 20h

LIEU : Chapelle Saint-Bernard de Montparnasse, 34, place Raoul-Dautry 75015 Paris (métro Montparnasse- Bienvenüe, lignes 4, 6, 12 et 13)

Une PME de la Drôme fabrique des « maisons en kit » pour les chrétiens d’Irak

Source La Croix

Depuis plusieurs mois, d’intrigants blocs préfabriqués trônent dans le quartier chrétien d’Ainkawa, dans la périphérie d’Erbil, au cœur du Kurdistan irakien. Agencées les unes à côté des autres, ces structures – qui forment en tout 40 appartements et 29 maisons individuelles – dessinent les contours du premier « village pilote » exporté, à la demande de l’Œuvre d’Orient, par l’entreprise française Logelis.

Spécialisée dans le logement social et la construction de maisons à bas coût, cette PME installée à Romans-sur-Isère, dans la Drôme, a achevé en janvier la construction d’un premier complexe d’habitations modulables pour les familles chrétiennes chassées par Daech, dans une région qui a vu affluer, en moins de deux ans, près de 1,5 million de réfugiés. Cette solution d’hébergement inédite, – qui nécessite environ trois mois de chantier des fondations aux finitions –, pourrait, à terme, se multiplier dans plusieurs autres villes sinistrées du pays.

Un « bras armé » pour la reconstruction

« Quand nous avons été sollicités par l’Œuvre d’Orient pour intervenir en Irak, nous avons eu la conviction que ce projet avait un sens profond pour notre entreprise », explique Renaud Sassi, le fondateur et actuel président de Logelis. « Nous avons compris que nouspouvions être un “bras armé” de construction et de reconstruction dans le pays, et un vecteur d’espérance », poursuit-il. En février 2016, un premier voyage d’étude en Irak, organisé par l’Œuvre d’Orient, confirmera cette intuition.

Lors de son séjour dans le pays, Renaud Sassi constate en effet que les techniques de production et de montage de ses panneaux correspondent aux attentes locales. « Notre concept nous permet d’avoir des habitations très bien isolées, écologiques, dans un pays où l’amplitude thermique peut varier de – 10 °C à 50 °C », précise le gérant de l’entreprise drômoise.

D’une surface de 35, 40 ou 65 mètres carrés, – et pour un coût moyen de production, relativement faible, d’environ 350 € du mètre carré –, « elles sont très faciles et rapides à monter », témoigne Munthir Jaboory, un ingénieur mécanique irakien, aujourd’hui l’un des principaux relais irakiens de Logelis dans le pays.

L’implication des réfugiés dans le projet

« L’entreprise a eu une approche originale dans le pays », note, de son côté, Vincent Gelot, responsable des projets de L’Œuvre d’Orient en Irak, en Syrie et au Liban. « Plutôt que d’imposer une vision architecturale, elle a sondé les réfugiés irakiens pour mieux connaître leurs attentes, et proposer des schémas de maisons correspondant aux besoins des futurs utilisateurs ». Dans les camps de réfugiés, l’initiative a du succès. Les femmes, particulièrement, se mobilisent pour répondre.

Inauguré le 22 janvier par Mgr Pascal Gollnisch, le directeur de l’Œuvre d’Orient, et en présence des archevêques syriaque catholique et chaldéen, et du consul de France, le complexe attend désormais l’arrivée de ses premiers propriétaires. « Les procédures d’affectation aux familles sont lancées, et devraient s’achever, au plus tard, d’ici une quinzaine de jours », témoigne l’un des responsables du chantier, qui travaille sur place, à Ainkawa.

De nombreux autres projets

Outre ce village pilote, Logelis a développé, dans la région, un certain nombre d’autres projets d’infrastructures. Une église modulable a ainsi vu le jour, en juillet 2016, dans le quartier chrétien d’Ainkawa. « Nous avons eu alors une petite semaine de retard sur l’achèvement des travaux », sourit encore ce responsable de chantier, « parce que les réfugiés ne cessaient d’y organiser des messes, ce qui nous empêchait de terminer les finitions ! ».

Et le partenariat noué entre Logelis et l’Œuvre d’Orient prévoit même d’aller plus loin. Un centre pour personnes handicapées devrait voir le jour à Dohuk, dans le nord du pays, dans le courant de l’année 2017. « Nous avons aussi des projets de construction d’écoles, au Kurdistan irakien », renchérit Renaud Sassi.

Naissance d’une société irakienne

De ce projet est même née une société irakienne. Entièrement dépendante de Logelis, la « Quick Wall Company » recrute, dans les camps, des réfugiés kurdes. « Plutôt que de faire construire nos fenêtres ou nos portes en Turquie ou en Chine, nous embauchons des ouvriers locaux, pour que ces derniers aient une perspective professionnelle », ajoute son président.

« Nous étions ainsi en moyenne, jusqu’ici, une quarantaine de travailleurs »,souligne Munthir Jaboory. À terme, Logelis espère même créer une coopérative ouvrière pour produire, directement en Irak, ses panneaux composites. Une démarche qui créerait de l’emploi, en limitant les coûts et les délais de transport des matériaux.

Malo Tresca

Joyeuse fête de l’Annonciation !

L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. »A cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus.
Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ;
il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. »

Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge ? »

L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, et il sera appelé Fils de Dieu.
Et voici qu’Élisabeth, ta cousine, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse et elle en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait : ‘la femme stérile’.
Car rien n’est impossible à Dieu. »

Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole. » Alors l’ange la quitta.

 

L’Annonciation (Lc 1, 26-38)

Lille : Conférence du Professeur Antoine Fleyfel « Les chrétiens au Liban », mardi 4 avril 2017

Né à Beyrouth en 1977, Antoine Fleyfel est un théologien et philosophe franco-libanais résidant en France. Il est professeur titulaire et directeur de l’Institut de théologie pratique et du fait religieux à l’Université Catholique de Lille. Antoine Fleyfel est également responsable des relations académiques à l’Œuvre d’Orient.


DATE : Mardi 4 avril 2017 à 20h15

LIEU :  Maison de Centrale des Oeuvres, Salle 1, 39 rue de la Monnaie, 59800 Lille

CONTACT : L’Œuvre d’Orient — 01 45 48 95 00 — www.oeuvre-orient.fr

Votre coloriage de chemin de Croix avec les chrétiens d’Orient

« Faire son chemin de croix » signifie marcher à son tour derrière Jésus qui porte sa croix et prendre conscience du don qu’il fait de sa vie par amour pour nous, pour moi. Cette marche symbolique a lieu le Vendredi saint. Elle nous invite aussi à regarder ceux qui sont différents de nous avec bienveillance et solidarité. À notre tour, parcourons ce chemin d’espérance avec nos enfants ou petits-enfants, en union avec nos frères d’orient.

Coloriage chemin de Croix à télécharger puis à imprimer.

Livre : « Je vous écris de la Terre sainte » du Père David NEUHAUS

Il défend l’idée qu’en Terre sainte, si les chrétiens sont peu nombreux, impuissants et pauvres, ils n’en sont que plus libres de vivre l’Évangile. Quant aux chrétiens d’Occident, il les enjoint à utiliser un langage qui décrirait la réalité selon une nouvelle perspective : la Terre sainte est le lieu où Dieu a placé les juifs, les chrétiens et les musulmans, non pour combattre, mais pour se reconnaître comme frères et sœurs.
Un texte très fort, très beau, très clair aussi, qui s’appuie sur de solides arguments théologiques et un langage plein de douceur.

David Neuhaus, 51 ans, est un Jésuite de nationalité israélienne, vicaire du Patriarcat de Jérusalem pour la communauté hébraïque francophone et pour les migrants. Juif converti au christianisme, originaire d’Afrique du Sud où sa famille avait fui l’Allemagne nazie, il est devenu l’une des personnalités les plus importantes de la communauté chrétienne de Terre sainte. Il a publié, avec Alain Marchadour, le livre « La terre, la Bible et l’histoire »(Bayard, 2006).

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Livre : « Pour l’amour de Bethléem : ma ville emmurée » de Vera BABOUN

Elle va alors ériger en règle de vie le fait d’emprunter des chemins nouveaux, de relever trois défis : se battre pour son pays, pour sa ville, pour les femmes. Son héroïne, que lui contait son grand-père, c’est Shéhérazade, qui accomplit son destin grâce au courage, à l’éducation, à la sagesse. Elle veut porter ce combat pour toutes les femmes du monde. En tant que maire de Bethléem, elle sait que les murs qui enferment sa ville risquent d’enfermer les habitants en eux-mêmes, de les transformer en exilés de l’intérieur. Plus on enferme, plus on radicalise. Elle veut elle, briser ces murs. Dans son enfermement, elle arrive à s’adresser à l’humanité entière. Elle se bat pour défendre la vie quotidienne des habitants, négocier sans relâche l’accès à l’eau, à l’électricité, au retraitement des déchets… Si elle reconnaît les points faibles de la société palestinienne, elle est aussi déçue par les grands hommes politiques qui sont venus dans sa ville (Barak Obama, David Cameron…) A l’exception du pape François qui a prononcé des paroles de reconnaissance, celle dont son peuple a besoin.

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Livre : « Pour l’amour de Jérusalem » de Mgr Fouad TWAL

Alors qu’il vit ses derniers mois comme Patriarche latin de Jérusalem, Mgr Fouad Twal livre un regard lucide, malgré tout empreint d’espérance, et en appelle à la responsabilité aussi bien des acteurs locaux, Israéliens et Palestiniens, qu’internationaux. Il évoque sans détour la question israélienne, la cohabitation difficile entre juifs, chrétiens et musulmans, l’instrumentalisation du religieux, la corruption de la classe politique palestinienne, les conflits au Moyen-Orient, l’implication des puissances étrangères, tout en évoquant des voies de dialogue où les chrétiens pourraient avoir un rôle à jouer.

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Livre : « Sur les fleuves de Babylone nous pleurions » de Sébastien de COURTOIS

Sébastien de Courtois est allé à leur rencontre, en Irak, au cœur de la fournaise où il a assisté à l’impensable : des milliers de familles obligées de quitter leurs villages et leurs champs. Ce sont des Araméens, l’un des peuples oubliés par l’histoire, et aussi oubliés par le monde.

De Syrie en Turquie, du Liban en Irak, mais aussi dans nos capitales, Sébastien de Courtois s’est interrogé sur l’origine de pareille tragédie sans préjugés mais aussi sans complaisance.

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