En Irak, le Carême sera dédié à la paix « entre les peuples »

Source La Croix

Dans un pays en proie aux violences et aux divisions ethniques et confessionnelles, le patriarche des chaldéens ne cesse d’appeler à la paix. « Dédions nos prières et notre jeûne à la paix », lance-t-il dans un message publié à la veille du Carême, temps de préparation à la grande fête de Pâques que l’Église chaldéenne célèbre à partir de dimanche 26 février.

Après avoir consacré début janvier l’année 2017 à la paix, Sa Béatitude Louis Raphaël Sako invite toutes les filles et tous les fils de l’Église chaldéenne de profiter du Carême pour aider « l’Irak et les Irakiens à vivre dans une paix juste et durable ».

Concrètement, le patriarche recommande « aux prêtres, en coordination avec leurs évêques » à prendre des initiatives en ce sens : « tenue de prières communes », organisation d’un « chemin de croix spécial », de rencontres ou d’ateliers sur le dialogue « afin de promouvoir une culture de paix et d’établir les valeurs de la coexistence, principalement dans nos cœurs, afin que nous puissions le partager avec d’autres ».

Lancer des initiatives courageuses

« Puisque toutes les nations aspirent à la paix, il appartient à tout le monde, et particulièrement aux clercs, de donner à la paix la priorité dans leur mission », écrit-il dans ce message de Carême, en rappelant combien celle-ci dépend des citoyens autant que des politiciens, qui doivent donc « lancer des initiatives courageuses et prendre des décisions responsables ».

« En ce moment, nous traversons un tunnel. Nous devons travailler dur et prier sans relâche ni découragement pour la paix dans notre pays et dans la région ; pour le retour en toute sécurité dans leurs maisons et leurs propriétés des personnes qui en ont été déplacées de force », plaide Louis Sako.

Alors qu’une partie de la plaine de Ninive a été militairement regagnée aux troupes de Daech, ces familles déplacées, qui ont vécu « l’épreuve des camps », ont besoin de « joindre leurs efforts, de coopérer entre eux afin de construire leurs villes natales spirituellement, intellectuellement, socialement et physiquement ».« Ceci est la meilleure solution pour parvenir à une véritable citoyenneté et à une pleine égalité entre les peuples d’un même pays », conclut le patriarche de Babylone des chaldéens.

Anne-Bénédicte Hoffner

L’Îsle Adam: Conférence par le Pr. Lochon sur les chrétiens d’Orient, vendredi 3 mars 2017

Pr. Christian Lochon donnera une Conférence sur les chrétiens d’Orient à l’Îsle Adam, vendredi 3 mars 2017 à 20h30. Cette conférence sera donnée dans le cadre du projet de soutien aux étudiants de Kirkouk en Irak.

Christian Lochon, de formation littéraire française et arabisant, a servi durant 25 ans dans sept  pays d’Orient, soit comme lecteur, soit comme attaché culturel. Actuellement, il enseigne à l’Institut Ghazali de Formation des Imams et à Paris II dans le cadre du mastère Droit des Affaires arabes.

Il a été conseiller du Président de l’Institut du Monde arabe, directeur des études du Centre des Hautes Etudes Afro-asiatiques modernes et chargé de cours à l’Institut Catholique de Lille et à Paris IV.


DATE: Vendredi 3 mars 2017

  • Vêpres à 19h30, suivie d’une soupe
  • Conférence à 20h30

LIEU: Salle Saint Charles,  21  Rue du Dr Fritz, 95290 L’Isle Adam

CONTACT: Père Parfait Abbey, parfabb@yahoo.fr (07 64 13 79 01)

Méru-Chambly: Conférence de Mgr Pascal Gollnisch « Chrétiens d’Orient, résister sur notre terre », jeudi 20 avril 2017

Mgr Pascal Gollnisch, président de l’Œuvre d’Orient, donnera une conférence autour du thème « Chrétiens d’Orient, résister sur notre terre », au Rotary Club de Méru-Chambly (Oise), jeudi 20 avril 2017. Cette conférence est proposée dans le cadre de la recherche d’un éclairage vrai et juste de la situation des chrétiens en Orient.


DATE : Jeudi 20 avril 2017 à 21h

LIEU : Ferme du Roy , 4 Grande Rue, 60540 Anserville

CONTACT : L’Œuvre d’Orient — 01 45 48 95 00 — www.oeuvre-orient.fr

Paris : Soirée artistique pour les chrétiens de Syrie avec Mgr Dominique Rey le 2 mars

« La beauté sauvera le monde » Dostoïevski – GRANDE SOIREE ARTISTIQUE ! HelP’UP!

« De nombreux artistes vous invitent à les rejoindre dans un rassemblement unique et inédit, pour goûter à la beauté que détruisent ceux qui oppriment et persécutent avec violence, les chrétiens d’Orient.

Comédiens, musiciens, choristes, chanteurs, peintres, sculpteurs se mobilisent bénévolement pour témoigner par leur art, de leur solidarité.

Droits d’entrée, produits des ventes des œuvres et dons spontanés seront mis en commun, acheminés en Syrie et remis dans leur intégralité à l’archevêque de Homs, Mgr Jean-Abdo Arbach pour contribuer à la reconstruction de son diocèse.

Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon participera à cette soirée exceptionnelle et se rendra prochainement en Syrie pour remettre lui-même les fonds récoltés.

Nous comptons sur votre présence !

La Team HelP’UP: Dominique Le Romain, Samuel Reslinger, Stéphane Bazin, Thomas Chatillon, Clément Bazin, Jonathan Langlois, Luc de Moustier, Alix BaboinJaubert, Claire de Laage, Danielle de Montarnal.

Cette soirée artistiqueest apolitique et nullement associée à une quelconque association et/ou engagement politique, tant pour les intervenants et les participants, que pour les organisateursde celle-ci. Il s’agit avant tout d’une démarche solidaire et bénévole pour la paix en Syrie et le bien commun.


DATE : Jeudi 2 mars 2017 à partir de 20h15

LIEU : Crypte de l’église Saint Honoré d’Eylau, 64 bis avenue Raymond-Poincaré, Paris 16ème

Lille : Messe pour les étudiants à la Cathédrale le 8 mars 2017  

« Laissez-vous réconcilier avec Dieu »2 Co 5, 20

Programme :

19h – Messe à la cathédrale ND de la Treille, animée par les étudiants

20h – Adoration et sacrement de réconciliation

 

Dans le cadre des 50 ans de la DCC


DATE : Mercredi 8 mars 2017, 19h

LIEU : Cathédrale Notre Dame de la Treille, 59000 Lille

Paris : Journée d’études à l’ICP « La prise en compte pastorale des chrétiens d’Orient en terre latine » le 29 mars 2017

Programme : 

9h30 : Propos liminaires en guise d’introduction : le pape François et les chrétiens d’Orient.
Abbé Ludovic Danto, Doyen de la Faculté de Droit canonique de l’ICP

9h45 – 10h30 : La ratio legis de De concordia inter codices et la prise en compte de la situation des chrétiens orientaux en diaspora.
Mgr Pascal Gollnisch, Vicaire général de l’Ordinariat des catholiques orientaux en France, Directeur de l’Œuvre d’Orient

10h35-11h10 : Le code des canons des Églises orientales est-il le premier interprète du
code latin ?
Abbé Christian Crisan, Docteur en droit canonique oriental (Institut Pontifical de Rome), Curé de la paroisse grécocatholique roumaine de Paris

11h10 – 11h30 : pause

11h30-12h00 : Temps de questions

12h00 – 13h30 : pause déjeuner

13h30-14h10 : Appartenir à une Église orientale sui uris : les avancées de De concordia inter codices
R.P. Bruno Gonçalves c.o., Maître de conférences à la Faculté de Droit canonique de l’ICP

14h15-15h00 : La place du ministre ordonné latin ou oriental par rapport au mariage des
catholiques orientaux
Astrid Kaptijn, Vice-Recteur de l’Université de Fribourg

15h00-15h15 : pause

15h15- 15h55 : De concordia inter codices, un texte qui fait grandir le dialogue œcuménique ?
Son Éminence, l’archevêque Job de Telmessos, représentant permanent du Patriarcat oecuménique de Constantinople auprès du Conseil œcuménique des Églises

16h00-16h45 : Table ronde avec tous les intervenants : De concordia inter codices un texte essentiel ?

16h45 : fin de la journée

Message du pape François pour le Carême

La Parole est un don. L’autre est un don.

Chers Frères et Sœurs,

Le Carême est un nouveau commencement, un chemin qui conduit à une destination sûre: la Pâques de la Résurrection, la victoire du Christ sur la mort. Et ce temps nous adresse toujours un appel pressant à la conversion: le chrétien est appelé à revenir à Dieu «de tout son cœur» (Jl 2,12) pour ne pas se contenter d’une vie médiocre, mais grandir dans l’amitié avec le Seigneur. Jésus est l’ami fidèle qui ne nous abandonne jamais, car même lorsque nous péchons, il attend patiemment notre retour à Lui et, par cette attente, il manifeste sa volonté de pardon (cf. Homélie du 8 janvier 2016).

Le Carême est le moment favorable pour intensifier la vie de l’esprit grâce aux moyens sacrés que l’Eglisenous offre: le jeûne, la prière et l’aumône. A la base de tout il y a la Parole de Dieu, que nous sommes invités à écouter et à méditer avec davantage d’assiduité en cette période. Je voudrais ici m’arrêter en particulier sur la parabole de l’homme riche et du pauvre Lazare (cf. Lc 16,19-31). Laissons-nous inspirer par ce récit si important qui, en nous exhortant à une conversion sincère, nous offre la clé pour comprendre comment agir afin d’atteindre le vrai bonheur et la vie éternelle.

L’autre est un don

La parabole commence avec la présentation des deux personnages principaux; cependant le pauvre y est décrit de façon plus détaillée: il se trouve dans une situation désespérée et n’a pas la force de se relever, il gît devant la porte du riche et mange les miettes qui tombent de sa table, son corps est couvert de plaies que les chiens viennent lécher (cf. vv. 20-21). C’est donc un tableau sombre, et l’homme est avili et humilié.

La scène apparaît encore plus dramatique si l’on considère que le pauvre s’appelle Lazare: un nom chargé de promesses, qui signifie littéralement«Dieu vient en aide». Ainsi ce personnage ne reste pas anonyme mais il possède des traits bien précis; il se présente comme un individu avec son histoire personnelle. Bien qu’il soit comme invisible aux yeux du riche, il nous apparaît connu et presque familier, il devient un visage; et, comme tel, un don, une richesse inestimable, un être voulu, aimé, dont Dieu se souvient, même si sa condition concrète est celle d’un déchet humain (cf. Homélie du 8 janvier 2016).

Lazare nous apprend que l’autre est un don. La relation juste envers les personnes consiste à reconnaître avec gratitude leur valeur. Ainsi le pauvre devant la porte du riche ne représente pas un obstacle gênant mais un appel à nous convertir et à changer de vie. La première invitation que nous adresse cette parabole est celle d’ouvrir la porte de notre cœur à l’autre car toute personne est un don, autant notre voisin que le pauvre que nous ne connaissons pas. Le Carême est un temps propice pour ouvrir la porte à ceux qui sont dans le besoin et reconnaître en eux le visage du Christ. Chacun de nous en croise sur son propre chemin. Toute vie qui vient à notre rencontre est un don et mérite accueil, respect, amour. La Parole de Dieu nous aide à ouvrir les yeux pour accueillir la vie et l’aimer, surtout lorsqu’elle est faible. Mais pour pouvoir le faire il est nécessaire de prendre au sérieux également ce que nous révèle l’Évangile au sujet de l’homme riche.

Le péché nous rend aveugles

La parabole met cruellement en évidence les contradictions où se trouve le riche (cf. v. 19). Ce personnage, contrairement au pauvre Lazare, ne possède pas de nom, il est seulement qualifié de “riche”. Son opulence se manifeste dans son habillement qui est exagérément luxueux. La pourpre en effet était très précieuse, plus que l’argent ou l’or, c’est pourquoi elle était réservée aux divinités (cf. Jr 10,9) et aux rois (cf. Jg 8,26). La toile de lin fin contribuait à donner à l’allure un caractère quasi sacré. Bref la richesse de cet homme est excessive d’autant plus qu’elle est exhibée tous les jours, de façon habituelle: «Il faisait chaque jour brillante chère» (v.19). On aperçoit en lui, de manière dramatique, la corruption du péché qui se manifeste en trois moments successifs: l’amour de l’argent, la vanité et l’orgueil (cf. Homélie du 20 septembre 2013).

Selon l’apôtre Paul,«la racine de tous les maux c’est l’amour de l’argent» (1 Tm 6,10). Il est la cause principale de la corruption et la source de jalousies, litiges et soupçons. L’argent peut réussir à nous dominer et devenir ainsi une idole tyrannique (cf. Exhort. ap. Evangelii Gaudium, n. 55). Au lieu d’être un instrument à notre service pour réaliser le bien et exercer la solidarité envers les autres, l’argent peut nous rendre esclaves, ainsi que le monde entier, d’une logique égoïste qui ne laisse aucune place à l’amour et fait obstacle à la paix.

La parabole nous montre ensuite que la cupidité rend le riche vaniteux. Sa personnalité se réalise dans les apparences, dans le fait de montrer aux autres ce que lui peut se permettre. Mais l’apparence masque le vide intérieur. Sa vie reste prisonnière de l’extériorité, de la dimension la plus superficielle et éphémère de l’existence (cf. ibid., n. 62).

Le niveau le plus bas de cette déchéance morale est l’orgueil. L’homme riche s’habille comme un roi, il singe l’allure d’un dieu, oubliant d’être simplement un mortel. Pour l’homme corrompu par l’amour des richesses, il n’existe que le propre moi et c’est la raison pour laquelle les personnes qui l’entourent ne sont pas l’objet de son regard. Le fruit de l’attachement à l’argent est donc une sorte de cécité: le riche ne voit pas le pauvre qui est affamé, couvert de plaies et prostré dans son humiliation.

En regardant ce personnage, on comprend pourquoi l’Évangile est aussi ferme dans sa condamnation de l’amour de l’argent:«Nul ne peut servir deux maîtres: ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent» (Mt 6,24).

La Parole est un don

L’évangile du riche et du pauvre Lazare nous aide à bien nous préparer à Pâques qui s’approche. La liturgie du Mercredi des Cendres nous invite à vivre une expérience semblable à celle que fait le riche d’une façon extrêmement dramatique. Le prêtre, en imposant les cendres sur la tête, répète ces paroles: «Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière». Le riche et le pauvre, en effet, meurent tous les deux et la partie la plus longue du récit de la parabole se passe dans l’au-delà. Les deux personnages découvrent subitement que «nous n’avons rien apporté dans ce monde, et nous n’en pourrons rien emporter» (1 Tm 6,7).

Notre regard aussi se tourne vers l’au-delà, où le riche dialogue avec Abraham qu’il appelle «Père» (Lc 16, 24; 27) montrant qu’il fait partie du peuple de Dieu. Ce détail rend sa vie encore plus contradictoire car, jusqu’à présent, rien n’avait été dit sur sa relation à Dieu. En effet dans sa vie, il n’y avait pas de place pour Dieu, puisqu’il était lui-même son propre dieu.

Ce n’est que dans les tourments de l’au-delà que le riche reconnaît Lazare et il voudrait bien que le pauvre allège ses souffrances avec un peu d’eau. Les gestes demandés à Lazare sont semblables à ceux que le riche aurait pu accomplir et qu’il n’a jamais réalisés. Abraham néanmoins lui explique que «tu as reçu tes biens pendant ta vie et Lazare pareillement ses maux; maintenant ici il est consolé et toi tu es tourmenté» (v.25). L’au-delà rétablit une certaine équité et les maux de la vie sont compensés par le bien.

La parabole acquiert une dimension plus large et délivre ainsi un message pour tous les chrétiens. En effet le riche, qui a des frères encore en vie, demande à Abraham d’envoyer Lazare les avertir; mais Abraham répond:«ils ont Moïse et les Prophètes; qu’ils les écoutent» (v. 29). Et devant l’objection formulée par le riche, il ajoute: «Du moment qu’ils n’écoutent pas Moïse et les Prophètes, même si quelqu’un ressuscite d’entre les morts, ils ne seront pas convaincus» (v.31).

Ainsi se manifeste le vrai problème du riche: la racine de ses maux réside dans le fait de ne pas écouter la Parole de Dieu; ceci l’a amené à ne plus aimer Dieu et donc à mépriser le prochain. La Parole de Dieu est une force vivante, capable de susciter la conversion dans le cœur des hommes et d’orienter à nouveau la personne vers Dieu. Fermer son cœur au don de Dieu qui nous parle a pour conséquence la fermeture de notre cœur au don du frère.

Chers frères et sœurs, le Carême est un temps favorable pour nous renouveler dans la rencontre avec le Christ vivant dans sa Parole, dans ses Sacrements et dans le prochain. Le Seigneur qui – au cours des quarante jours passés dans le désert a vaincu les pièges du Tentateur – nous montre le chemin à suivre. Que l’Esprit Saint nous aide à accomplir un vrai chemin de conversion pour redécouvrir le don de la Parole de Dieu, être purifiés du péché qui nous aveugle et servir le Christ présent dans nos frères dans le besoin. J’encourage tous les fidèles à manifester ce renouvellement spirituel en participant également aux campagnes de Carême promues par de nombreux organismes ecclésiaux visant à faire grandir la culture de la rencontre au sein de l’unique famille humaine. Prions les uns pour les autres afin que participant à la victoire du Christ nous sachions ouvrir nos portes aux faibles et aux pauvres. Ainsi nous pourrons vivre et témoigner en plénitude de la joie pascale.

Du Vatican, le 18 octobre 2016, fête de Saint Luc, évangéliste
FRANÇOIS

Source : Site de la mission chaldéenne en France

Syrie : l’aide de l’Œuvre d’Orient aux maristes bleus

Le 2 janvier 2017, les Maristes Bleus d’Alep ont célébré, en communion avec les Maristes du monde entier, le bicentenaire de la fondation de la congrégation des Frères Maristes par Marcellin Champagnat.

 

Les frères maristes en Syrie

Trois frères français sont arrivés à Alep en 1904 à la demande de l’évêque arménien catholique pour diriger l’école du diocèse. De 1904 à 1932, ils ont enseigné et dirigé plusieurs écoles en collaboration avec les arméniens catholiques, les melkites et les jésuites. En 1932, les Frères Maristes ont fondé leur propre école à Alep, le Collège Champagnat, qui a fonctionné jusqu’en 1967 date de la saisie de toutes les écoles catholiques et privées de Syrie par le gouvernement. Le collège Champagnat était le meilleur en Syrie, toute l’élite chrétienne et musulmane de l’époque y a fait ses études. Les riches et les pauvres se côtoyaient, les derniers étaient acceptés même quand leurs parents ne pouvaient pas payer les frais de scolarité. Les meilleurs professeurs enseignaient là et les frères avaient pour mission de former « de bons chrétiens et de vertueux citoyens ».

Après Vatican II, les mentalités avaient changé. Les frères Maristes étaient des pionniers dans la collaboration avec les laïcs. Ils ont partagé avec eux le trésor de leur spiritualité pour en faire des partenaires dans la mission. Celle-ci se poursuivait à Alep dans un cadre non-scolaire. L’éducation des jeunes se faisait désormais dans les groupes scouts, groupes de jeunes, retraite et catéchèse. Dans les années 80 du siècle dernier, leurs chapitres généraux fixaient aux frères de nouveaux horizons : aller vers les frontières, les exclus, les marginalisés et les plus défavorisés. C’est ainsi que des laïcs maristes et les Frères ont commencé une mission de solidarité avec les plus pauvres de la ville dans le cadre de « L’Oreille de Dieu » leur association nouvellement créée. De 1986 à 2012, l’Oreille de Dieu, frères, laïcs et des dizaines de jeunes bénévoles, s’est consacrée au secours des plus pauvres chrétiens d’Alep et à l’éducation de leurs enfants.

En juillet 2012, la guerre qui sévissait en Syrie depuis mars 2011, a atteint Alep quand les rebelles ont pris le contrôle de certains quartiers de la ville et poussant des centaines de milliers de personnes à quitter leur domicile et à se réfugier dans les zones gouvernementales. L’économie s’est effondrée, le chômage a atteint des sommets et la pauvreté a touché la plupart des familles.

L’Oreille de Dieu est devenue « les Maristes Bleus » : deux frères et 7 laïcs la dirigent et avec environ 70 bénévoles ; ils ont créé, en 4 ans et demi, cinq programmes d’aide et de secours et six programmes pédagogiques : Loger, nourrir, soigner et accompagner les familles déplacées et les plus démunies d’une part, éduquer, instruire, offrir un support psychologique aux petits, aux adolescents et aux jeunes adultes d’autre part. Des milliers de personnes ont bénéficié, et bénéficient encore, de l’aide des Maristes Bleus. Leur devise est « vivre la solidarité avec les plus démunis pour soulager les souffrances, développer l’Homme et semer l’Espérance ». Ils se préparent à l’après-guerre, à la réconciliation, à la reconstruction, non pas tant des bâtiments et de l’infrastructure, ce qui n’est pas de leur domaine, mais la reconstruction de l’Homme, des jeunes, des petits, de toutes ces générations traumatisées par la guerre et privée d’instruction, d’éducation et de support psychologique. Les Maristes Bleus veulent aider les chrétiens de Syrie et d’Alep, les premiers chrétiens du monde, à vouloir et à pouvoir continuer à vivre dans leur pays, la Syrie, berceau du Christianisme.

 

Marcellin Champagnat est la source de l’éducation mariste. Les temps ont changé, mais sa vision et son esprit ne cessent de nous animer. Dieu l’a choisi pour porter le message d’amour et d’espérance de Jésus aux jeunes de la France de son temps. Dieu nous inspire à faire de même aujourd’hui dans nos pays respectifs.

Nabil Antaki

 

Depuis de nombreuses années, l’Œuvre d’Orient vient en aide aux Maristes bleus d’Alep par des aides régulières annuelles. L’année dernière, nous leur avons ainsi versé 8000 euros de dons (4000 euros pour la communauté et 4000 euros pour des projets sociaux).

En outre, nous avons versé 80 000 euros en 2016 pour un projet de relogement de 300 familles chrétiennes déplacées du quartier de Djabal Al Saydé (qui a été envahi par les bandes armées en mars 2013).

 

 

Emission sur France 2 « « Vivre le Carême dans les Traditions Orientales » le 12 mars 2017

« Vivre le Carême dans les Traditions Orientales  »

Les Eglises Orientales sont entrées dans le « Grand Carême » depuis le lundi 27 février. C’est un véritable temps de préparation à célébration de la semaine Sainte et de la fête de Pâques.

Plusieurs axes sont proposés aux fidèles pour leur conversion : la prière, le jeûne, la pénitence et l’aumône.

Pourquoi réaliser ces « efforts » ? Quel est le jugement de Dieu vis-à-vis de nos actes  Quelle espérance pour les chrétiens ?

Table ronde avec : Mgr Antoine Forget, archimandrite, curé de la paroisse Melkite Saint Nicolas de Myre à Marseille, et Mgr Jean-Maroun Kouaik, Procureur patriarcal et Curé de la paroisse Maronite Notre Dame du Liban à Marseille.

Reportages dans la paroisse Syriaque Orthodoxe de Montfermeil (93) et sur le Jugement dernier dans l’Apocalypse (avec Madame Christine Pellistrandi).

Emission présentée par Thomas Wallut