TROYES – Conférence de Mgr Gollnisch « Chrétiens d’Orient, résister sur notre terre »

Le mercredi 30 novembre, Monseigneur Pascal Gollnisch donnera une conférence sur le même thème que son ouvrage qu’il dédicacera à l’issu de son intervention « Chrétiens d’Orient, résister sur notre terre ». Rendez-vous à 20h00 à la salle Val de l’Isle pour en apprendre davantage sur nos frères chrétiens d’Orient.

Mgr. Gollnisch prône dans sa conférence la mobilisation pour les chrétiens d’Orient, citoyens arabe, syrien, irakien, libanais, égyptien, iranien victimes de la guerre et bouleversés par la barbarie d’un prétendu État islamique. Il propose une laïcité à l’orientale, réaffirme le droit à la citoyenneté pour tous et se bat pour le retour chez elles des populations chrétiennes. Autant de motifs d’espérance pour ces résistants et victimes sans lesquels l’histoire ne pourra continuer de s’écrire

Directeur général de l’Œuvre d’Orient depuis 2010 Mgr Pascal Gollnisch est aussi le vicaire général de l’ordinariat des catholiques orientaux en France, chorévèque de l’Eglise syriaque catholique et archimandrite de l’Église grecque-catholique melkite.


CONFERENCE

Mgr Pascal Gollnisch : « Chrétiens d’Orient, résister sur notre terre »

Date : Mercredi 30 novembre, 20h00 – entrée libre

Lieu : Salle « Val de l’Isle », 10 rue Val de l’Isle, 10000 Troyes

« Chrétiens d’Orient : on ne peut pas se résigner ! »

Communiqué de presse

Paris, le 3 novembre 2016

Chrétiens d’Orient : on ne peut pas se résigner !

Alors que les crimes perpétués par Daech à l’encontre des chrétiens d’Orient et des populations civiles se multiplient, M. Bruno Retailleau, Président du groupe de liaison, de réflexion, de vigilance et de solidarité avec les chrétiens d’Orient du Sénat et M. Claude Goasguen, co-Président du groupe d’études pour les chrétiens d’Orient de l’Assemblée nationale réaffirment leur soutien aux chrétiens et aux minorités au Moyen-Orient.

Le groupe de liaison des chrétiens d’Orient du Sénat déposera un projet de résolution reconnaissant les crimes de génocide, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre commis par Daech. L’Etat islamique organise la destruction d’un groupe humain au nom de leur appartenance ethnique et religieuse. Nous ne pouvons rester indifférents face à cette situation intolérable. Il faut que ces crimes puissent être poursuivis devant la Cour pénale internationale comme devant les juridictions nationales, afin que la justice soit rendue ! Elle est la condition fondamentale de la réconciliation.

Les groupes du Sénat et de l’Assemblée nationale entendent par ailleurs travailler au retour et à la réinstallation de ces communautés dans les pays détruits. Leur présence est un élément fondamental de la reconstruction. Leur disparition conduirait à une mono ou une bi-couleur du Moyen-Orient perdant ainsi son rôle de berceau des peuples et de creuset de spiritualité. Outre l’aide directe et immédiate, il faut aussi préparer les générations à prendre en main leur destin et à être des acteurs de la reconstruction de leur pays.

La conférence de presse qui s’est tenue le 2 novembre au Sénat fut aussi l’occasion pour MM. Bruno Retailleau, Claude Goasguen et Elie Aboud, d’apporter leur soutien au concert organisé par « Pueri Cantores » au profit de l’OEuvre d’Orient qui se déroulera le 12 novembre prochain en l’église de la Madeleine, à Paris.

« Pour ce premier numéro, je vous propose de revenir sur les raisons qui me poussent à partir pendant une année »

Édito

Chers amis, chère famille,

Vous avez appris il y a quelques temps que j’allais partir une année à l’étranger. Certains se sont dit : « Encore ! Mais la dernière fois c’était… il y a à peine un an ! ». D’autres : « Tu as raison, c’est lorsqu’on est jeune qu’il faut en profiter ». J’avoue que j’ai un petit faible pour la deuxième réaction. Dans tous les cas, vous étiez tous d’accord pour dire qu’un tel projet allait être riche en découvertes, en rencontres et certainement en surprises.

Lors de mon séjour en Argentine, vous étiez beaucoup à me suivre grâce à mon blog. Partant cette fois en Israël, j’ai décidé qu’un lien s’établirait par le biais d’un petit bulletin d’informations, une sorte de newsletter mensuelle. Vous recevrez donc chaque mois un
mail de ma part dans lequel vous trouverez un document comme celui-ci. J’y mettrai des photos et des récits, des articles et des explications. Tout ce qui me paraîtra intéressant à partager sur le mois écoulé. Je suis sûr que chacun d’entre vous pourra y trouver quelque chose d’utile. Le travail que je fais n’est ni celui d’un journaliste, ni celui d’un écrivain. Aussi je vous demande de m’excuser pour les fautes de grammaire, de syntaxe ou de
conjugaison. Également, les articles d’une newsletter sont souvent écrits par plusieurs personnes. Ainsi, en plus de ce que j’écrirai, je mettrai des articles ou textes tirés de livres,
revues, ou même du web. Chaque fois, je citerai bien entendu la source et l’auteur.

J’imagine que ce sera pour vous l’occasion de découvrir de nouvelles choses, d’apercevoir un nouvel horizon. Pour ce premier numéro, je vous propose de revenir sur les raisons qui me poussent à partir pendant une année, de présenter le lieu qui m’accueille ou encore l’association qui m’envoie. Pour ceux qui savent déjà tout cela ce sera un rappel utile, pour les autres, une manière de découvrir ce nouveau projet.

N’hésitez pas à m’écrire et à me poser des questions. Je prendrai toujours le temps de vous
répondre. Bonne lecture à tous !

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Mgr Jean-Clément Jeanbart « Lettre de l’Evêque d’Alep à ses fidèles » (traduite de l’arabe), Syrie

NOS DEUX PRINTEMPS

Nous nous étions imaginés au début de l’an 2011, que le mouvement populaire, que nous avions vu sur les places publiques de notre ville, allait nous conduire vers l’éclosion d’une  ère nouvelle dans le pays, couronnée par un printemps de liberté, marqué par le bourgeonnement de pousses de liberté, de démocratie, de pluralisme, et par l’éclosion d’un esprit d’amitié allant en grandissant dans  le cœur des citoyens.  Nous nous sommes attendus au meilleur à la vue de ce qui s’était passé les premiers mois du soulèvement mais l’image n’a pas tardé à se clarifier, et très vite,  il nous est apparu, qu’en réalité, nous étions en proie à  un mouvement biaisé et un prétendu ‘’ printemps arabe’’ qui n’avait point de roses pour décorer notre quotidien, ni de fleurs pour embellir nos sentiers.  Tout ce que ce printemps de malheur nous a apporté, c’est la douleur, la misère et la destruction.  Destruction qui a démoli nos maisons, nos institutions, et nos sources de revenu. Il a privé notre peuple  de ses moyens et de son gagne-pain.  Il a endeuillé et fait saigner de tristesse et de douleur le cœur d’un nombre considérable de mamans, de veuves et d’orphelins.  Douleur, que chacun d’entre nous a ressenti à la vue des  événements effroyables qui nous entourent et qui ont poussé au déplacement et à l’émigration un grand  nombre des nôtres en recherche d’un peu de sécurité et de tranquillité.

Malheureusement, jour après jour, nous avons constaté que c’était bel et bien une conspiration vile et méprisable, une guerre contre notre pays pour le détruire, et tous les moyens étaient bons pour le faire saigner et le priver de ses ressources humaines et matérielles pour l’appauvrir en lui enlevant tous les éléments indispensables à une vie digne et respectable, et finir par l’aliéner sans espoir de retour.

Ce qui s’est passé nous a terrorisés et nous a conduits au bord du gouffre, ce qui a poussé beaucoup d’entre nous au désespoir et les a incités à s’en aller malgré eux, la mort dans l’âme, avec comme seul bagage le regret et la tristesse d’être loin de leur chère patrie, terre de leurs aïeux, et lieu de naissance de leurs enfants.  Ceci est une perte considérable pour eux et pour tous les citoyens de cette terre si bonne, perte indicible pour la nation qui les a vus grandir et qui a grand besoin d’eux pour se relever et rebâtir avec eux, de nouveau, ce pays, et lui rendre son lustre et toute sa splendeur.

S’il est vrai que le ressources matérielles de la patrie peuvent être reconstituées, il faut admettre qu’il est aussi vrai de dire que les ressources humaines perdues sont d’une valeur inestimable  et bien difficiles à remplacer.

Il est vrai que l’armée avance sensiblement sur tous les fronts, et que le terrorisme est en train d’être repoussé, il est de même vrai que le danger d’un effondrement de la nation, Dieu merci, n’existe plus, et que nous entrevoyons actuellement les indices d’une paix prochaine et percevons ses premiers signes pointer à l’horizon. Nous entendons parler ces derniers temps  de grands projets de construction et d’investissements considérables, qui peut-être, nous donnent des raisons de croire à une reconstruction possible dans de brefs délais. Mais ce qui nous inquiète, et nous préoccupe, c’est de voir les ennemis de notre pays manigancer pour lui enlever ses ressources humaines qui risquent d’être irrécupérables.

La pression continuelle sur les habitants d’Alep, et la terreur qu’on leur fait subir sans arrêt, accompagnées en même temps des facilités qu’on leur offre pour trouver une accommodation confortable dans certains des pays occidentaux, semblent être un plan bien monté ayant pour but de vider la Syrie de ce qu’elle a de plus précieux, i.e. ses braves citoyens, dont l’habilité artisanale et professionnelle bien connue, reste indispensable à leur pays éprouvé qui a grand besoin de leur apport pour se refaire.  Leurs valeurs humaines, leur savoir-faire, leur application au travail et leur persévérance peuvent faire une grande différence dans la reconstruction d’une communauté nationale, saine et prospère, à laquelle nous aspirons tous avec anxiété.

La guerre que nous livrent nos ennemis est inouïe, elle semble avoir pour but la destruction de la pierre et l’annihilation de l’élément  humain ; notre bataille fait face actuellement à l’oppresseur sur deux fronts : le premier a lieu sur le champ de bataille pour arrêter sa violente agression contre les citoyens innocents et leurs biens ainsi que sur les institutions. Le second, se situe en plein milieu de la population. Ce dernier a pour but de résister aux campagnes qui tendent à pousser notre jeunesse à s’éloigner du pays pour le priver de ses forces vives et de ses ressources humaines actives.  Nous avons besoin de combattants pour lutter sur deux fronts : des  soldats sur les champs de bataille, et nous autres pasteurs avec tous les citoyens de bonne volonté qui aiment leur pays, sur le front de l’action sociale et humanitaire

Le front social sur lequel nous sommes appelés à agir est vaste et semé d’embûches, il a besoin dans ses batailles de notre participation à tous: individus et institutions, il exige de chacun d’entre  nous : foi, détermination et engagement.  Notre ennemi serait chaque individu qui agit pour prolonger la durée de la guerre avec  ses conséquences tragiques, matériellement et humainement, notre ennemi serait aussi bien celui qui fait la promotion programmée des projets douteux, établis à différentes enseignes humanitaires et soi-disant caritatives, visant en fin de compte à déstabiliser notre société et à la vider de ses forces vives. Dans cette campagne, nous devons compter sur  :

1.- L’aide du Seigneur et son pouvoir illimité.

2.- La vigilance de nos jeunes et leur compréhension de ce qui se trame autour d’eux, leur sentiment d’appartenance à cette terre et leur amour de la patrie.

3.- La disposition des autorités civiles à faire des efforts pour redonner une vie normale à la ville d’Alep, et leur détermination à faciliter les entreprises et les besognes des citoyens et à soutenir leur résistance en les encourageant par tous les moyens possibles.

4.- La solidarité et l’entre-aide entre tous ceux qui croient en la nécessité de rester dans ce pays si  cher, et à l’importance d’y persévérer, et ils sont, Dieu soit loué, assez nombreux.

5.- Un travail collectif de groupe pour propager une pensée positive dans les esprits et chercher à déceler les signes prometteurs d’un avenir meilleur, encourageant,  pour aller de l’avant dans le travail et la construction.

6.- L’engagement de l’Eglise et de ses institutions chargées de travailler avec ceux qui ont choisi de rester dans ce cher pays, concrétisé par une disponibilité assidue, à s’élancer avec eux, main dans la main, dans des projets d’habitat et de développement qui puissent leur offrir les conditions nécessaires pour pouvoir vivre dignement dans leur pays.

Enfin, nous voulons dire à nos fidèles et à tous les amis qui veulent nous entendre que nous nous sommes décidés fermement à nous engager et à participer à cette campagne décisive, nous dédiant sans réserve et mettant en œuvre toutes nos capacités pour soutenir nos jeunes dans leur marche et leurs efforts en vue de s’enraciner toujours davantage dans notre terre bien-aimée.  Ensemble, nous voulons bâtir notre avenir, ensemble,  nous voulons continuer à vivre d’une façon digne et honorable tant que le Seigneur le voudra, dans notre ville chérie, Alep.

Alep, le 23.10.2016

Métropolite J.C. JEANBART

Terre-Sainte : « Une terre de défis pour les chrétiens » – Mgr Shomali évêque auxiliaire du patriarcat latin de Jérusalem

Quels sont les défis du christianisme en Terre-Sainte ?

Le premier défi est démographique. Après 2000 ans, il reste encore des chrétiens à Jérusalem. Malgré leur diminution très importante, les chrétiens comptent pour 2%, en Jordanie, en Israël et Palestine. Ces 2% représente 400 000 personnes, dont la majeure partie sont arabes, la communauté de langue hébraïque étant réduite. Il y a aussi environ 200 000 travailleurs étrangers chrétiens, dont on s’occupe, soit en Israël, soit en Jordanie. Certes le pourcentage de chrétiens se réduit, mais je ne suis pas pessimiste pour l’avenir. C’est le Christ qui doit s’occuper de son église. Cela dépend de lui qu’elle fleurisse et qu’elle continue à faire sa mission.

Le deuxième défi est œcuménique. Nous sommes peu mais divisés en trois églises différentes, familles catholique, orthodoxe et protestante. Ce sont surtout les catholiques et les orthodoxes qui sont majoritaires en Terre Sainte. Dans le passé, les relations œcuméniques étaient tendues surtout à cause des lieux saints. Les Turcs ottomans ont créé un statut quo pour empêcher les disputes entre les diverses confessions chrétiennes à l’intérieur des lieux saints. Ce régime de statut quo continue à fonctionner malgré toutes ses limites objectives et malgré le fait qu’il ne correspond pas au besoin actuel. Au Saint-Sépulcre par exemple on ne peut pas utiliser un microphone car quand les turcs ont imposé le régime du statut quo en 1952, il n’y avait pas de microphone ! Les relations sont cependant meilleures aujourd’hui et se sont traduites avec la restauration de l’église de la Nativité à Bethléem et la restauration commune de l’édicule (le petit édifice au-dessus du tombeau du Christ). Pour l’avenir nous attendons encore d’autres pas ! Par exemple l’unification du calendrier de Pâques, et de Noël. Nous rêvons d’une amélioration dans les relations bilatérales avec les orthodoxes.

Le troisième défi est de nature interreligieuse. Jérusalem est sainte pour les trois religions. Parfois deux ou trois religions se disputent à cause d’un lieu saint. Le mont du Temple par exemple, qui est sacré pour les juifs s’appelle aussi al-Aqsa chez les musulmans qui y commémorent l’ascension mystique de leur prophète au ciel. Ces derniers ont la possession du lieu actuellement malgré les revendications des juifs qui veulent y entrer et prier. Cela crée une tension très grave au mont du Temple. En outre ce lieu est aussi sacré pour nous puisque Jésus a visité le Temple. Il a prié, fait des miracles, a prêché. Il en a chassé les vendeurs et avait promis de le reconstruire en trois jours. C’est pour cela que tous les Papes venus en visite ont fait un pèlerinage dans ce lieu. Un autre endroit revendiqué par les trois religions est le Cénacle. Il est le deuxième lieu le plus saint de la chrétienté. Il est plus important que Rome, Lourdes, ou Fatima car Jésus y a institué l’Eucharistie, et l’Esprit Saint y est descendu sur les apôtres. Au 10ème siècle les croisés l’ont transformé en chapelle, puis les musulmans l’ont occupé au 15ème siècle car il se trouve au-dessus du tombeau de David. En 1948 enfin, les juifs ont repris le lieu car la famille à qui il appartenait était absente donc l’état israélien l’a récupéré (pour les Israéliens c’est également un lieu important car il est au-dessus du tombeau de David). Dans les accords entre le Saint-Siège et l’État israélien (qui n’ont pas encore été signés) les Israéliens permettraient aux chrétiens catholiques d’utiliser ces lieux de 6 heures du matin à 8 heures pour des prières et des messes. Mais les juifs orthodoxes et les musulmans ne veulent pas entendre cela… La tension pourrait davantage augmenter si cet accord était ratifié.

Il y a malgré tout une certaine forme de dialogue interreligieux à Jérusalem, mais il prend la forme d’un dialogue bilatéral entre chrétiens et juifs d’une part, et entre chrétiens et musulmans d’autres part. Il n’y a pas un dialogue tripartite, excepté de façade. À cause de la tension au Mont du temple, les musulmans évitent de trop dialoguer avec les israéliens. À l’avenir on espère que le dialogue interreligieux pourra être plus profond, plus fructueux. C’est facile d’organiser des rencontres interreligieuses sur l’écologie ou le climat, mais il faut parler des problèmes essentiels, la violence, la paix.

Le quatrième défi est l’absence de la paix. C’est un défi politique. En 80 ans, il y a eu dix guerres entre la Palestine et Israël, et comme les mêmes causes produisent les mêmes effets, il faut s’attendre à d’autres guerres si on ne trouve pas de solutions au problème. La difficulté, c’est que derrière les revendications de chacun se trouve une idéologie avec un arrière front religieux. Les Israéliens acceptent les deux états, mais pas selon la frontière de 1948. Pour eux toute la Palestine devrait être juive par promesse divine… Quand les Palestiniens vont au conseil de sécurité pour demander la reconnaissance de l’état palestinien, il y a un véto américain. Mais au bout de vingt négociations avec l’Etat israélien, on en est toujours au même point, et les colonies continuent à se construire malgré une résolution des Nations-Unies…

Nous sommes dans un Moyen-Orient qui bouillonne, il y a le problème syrien, irakien, libyen, yéménite etc… qui ont rangé la question israélo-palestinienne au second plan. Mais nous comme chrétiens nous savons qu’il y a une solution. Elle vient de Dieu, grâce à la prière. L’Irlande du nord, l’Irlande du sud, les murs de Berlin tombés, le communisme qui s’est retiré de l’Europe nous montre que des changements sont possibles. Il faut continuer à prier et travailler pour la paix. Il faut aussi faire l’éloge de l’initiative française, qui a présenté le projet d’une paix intégrale entre tous les pays arabes et Israël, sur la base de la frontière de 1948. Israël gagnerait la reconnaissance du monde arabe, gagnerait la paix et les Palestiniens auraient leur état. Nous espérons que cette proposition aboutisse.

Le dernier défi c’est la radicalisation de l’Islam politique. Il y a un Islam avec lequel on peut vivre, travailler, dialoguer, mais il y a un Islam politique qui veut imposer ses valeurs, ses mécanismes et qui peut s’infiltrer très rapidement à travers les pays à travers les moyens de communication sociale, les médias. Je pense que cette radicalisation est une réaction de l’intrusion de l’Occident dans les affaires de l’Orient. L’invasion américaine en Irak en 2003 a causé une réaction islamiste radicale. C’est vrai qu’al-Qaïda existait avant, mais le groupe Daesh est bien plus dur. J’ai une prière à faire, c’est que l’Occident ne se mêle pas des affaires de l’Orient.

Nous vivons ainsi en Terre sainte avec beaucoup de défis. Certains défis dépendent de nous, d’autres non, mais de l’Occident, ou de l’Islam lui-même ou de l’État d’Israël. Comme chrétiens nous devons faire notre part, vivre la charité entre nous, vivre l’œcuménisme, éviter la mentalité du ghetto. Nous attendons aussi que l’Islam évolue et qu’il soit plus accueillant avec les non-musulmans.

Vue sur la ville de Jérusalem

Quelles sont les difficultés concrètes pour les chrétiens de Terre Sainte ?

Il y en a surtout pour les chrétiens de Palestine. 30% des jeunes sont sans travail à Beethléem, Ramallah…. Et même lorsqu’ils touchent un salaire, cela ne leur permet pas de vivre en dignité. Il y a des restrictions dans la circulation, ils n’ont pas leur monnaie ; ils n’ont pas d’état au sens propre. Les conséquences sont que beaucoup de jeunes quittent le pays pour un avenir meilleur.

En Israël et Palestine, l’Église catholique influence beaucoup la vie sociale. Il y a un an par exemple nous avons terminé un projet de logement pour quatre-vingts familles chrétiennes de Jérusalem. Nous avons cent écoles catholiques dans le pays, douze petits hôpitaux, deux Caritas, des universités catholiques, une à Bethléem, l’autre à Madaba en Jordanie, des ONG chrétiennes qui aident beaucoup dans le secteur humanitaire, et beaucoup de cliniques…

 

Propos recueillis par ASSM

Visite du patriarche Louis Sako dans les villes chrétiennes libérées de Qaraqosh, Bartella et Qaramless, Irak

Sa Béatitude Louis Raphael Sako ainsi que l’évêque auxiliaire Basileo Yado, accompagnés de prêtres et fidèles ont visité les villages chrétiens libérés de la plaine de Ninive. Ils sont allés dans les villages de Bartella, Karmles, Qaraqosh, Teskof, Baqofa et Btnaya. Les habitants de ces villages entièrement chrétiens avaient été chassé par Daesh en 2014, et ils vivent actuellement dans des camps au Kurdistan.

Sa Béatitude a rencontré les généraux des troupes en armes et de la police fédérale et les Peshmergas. Il les a remercié pour leurs combats victorieux contre Daesh, et a souhaité la poursuite de ces victoires ainsi que la libération de Mossoul et des autres régions d’Irak. De leurs côtés, cette visite du patriarche leur a redonnée espoir.

Durant sa visite, Mgr Sako a pu constater l’état de destruction de ces villes par les djihadistes de Daesh, qui ont brûlé et profané les églises, cassant les croix, les statues, inscrivant des phrases appelants à la haine. Ils ont aussi découvert la présence de longs tunnels à l’intérieur des églises, creusés par les djihadistes islamistes.

Il est encore impossible de pénétrer dans certaines villes à cause des mines et sa Béatitude appelle au déminage pour permettre aux habitants de rentrer et voir l’état de leurs maisons.

Durant sa visite, Mgr Sako a voulu envoyer ce message à chacun ; que ces villes sont chrétiennes et resteraient chrétiennes et que les chrétiens ne doivent pas émigrer et sont déterminés à rentrer. C’est notre Terre Sainte. Il souhaite que les Chrétiens gardent espoir et confiance dans le futur.

Dans chaque église, Mgr Louis Raphael Sako a prié pour la sûreté des combattants et le retour à la paix et la stabilité dans ces régions. Il espère que les évêques de ces villes visiteront leurs villes natales pour montrer leur existence et leur présence.

Pour cela, il a déclaré l’année 2017 en Irak année de la paix, dans lequel « nous organiserons des prières et des dialogues œcuméniques, des travaux et des activités afin de promouvoir une culture de paix et une coexistence harmonieuse ».

Libération de Qaraqosh : le message de paix, de joie et d’espérance de Mgr Casmoussa, archevêque syrien-catholique émerite de Mossoul

Enfin, Qaraqosh libérée!

Alléluia!

Cri de joie, de paix et d’espérance à ses enfants, et à tous ses amis dans le monde,

Et message d’action de grâce à Dieu

Et de gratitude aux hommes courageux des forces armées irakiennes, venus des quatre coins de l’Irak, musulmans et chrétiens, arabes, kurdes, chiites, sunnites…ensemble.

Qui, à l’aube du samedi 22 Octobre 2016, ont pénétré, avec leur drapeau irakien, dans la ville désertée de ses enfants depuis deux ans et trois mois.

L’image de ce soldat vaillant, fils de Qaraqosh, pris d’émotion en foulant le sol de sa ville silencieuse, après une si dure absence, s’aspergeant le front et la tête de sa poussière, comme d’un baume odorant,

Ou de cet autre, son arme sur l’épaule, embrassant la porte d’entrée de l’église de son enfance,

Ou de ce groupe d’officiers et de soldats, se tenant devant le maître autel meurtri par Daech de la grande église de la Vierge, récitant le “je vous salue Marie-Shlama ellakh Maryam” en leur langue maternelle, le soureth, dialecte araméen du temps du Christ,

Ou de ce jeune prêtre sonnant la cloche de l’église de Bartella, autre cité chrétienne libérée de la Plaine de Ninive, la veille ..

Ces images resteront à jamais gravées dans la mémoire collective.

Mon message est aussi un message de gratitude au Kurdistan qui nous a accueilli quand nous étions déplacés, et à tous ceux qui sont venus à notre secours du monde entier, par toutes les voies de coalition et de soutien… pour la libération totale de Mossoul, de Bartella, Mar Behnam, Karamless, Telkeif, Batnaya, Bashiqa, telleskof, Bakofa… et toute la Plaine de Ninive…

Message de gratitude et de reconnaissance à tous nos amis, hommes et femmes inconnues du monde entier, qui nous ont soutenu par leur solidarité, depuis le premier jour de notre grand exode jusqu’à aujourd’hui, de différentes manières : aide humanitaire de tout genre, de construction d’écoles, d’églises, d’habitations, de centres médicaux, de visites répétées pour les réfugiés de personnages éminents ou d’organisations humanitaires et ecclésiales, d’Europe, d’Amérique, d’Australie…

Amis, comme des soldats inconnus, mais non moins efficaces, vous nous avez fait sentir que nous ne sommes pas oubliés, que nous ne sommes pas tout seuls, que nous sommes aimés et reconnus.

Que dire, le Pape Francois, notre Saint-Père si humain et si spirituel, n’est-il pas le premier bon Samaritain de cette attention !

Vous avez tous plaidé notre cause dans les instances internationales et ecclésiales. Et vous voila qui préparez déjà de nouveaux  projets pour nous soutenir dans les efforts de reconstruction après le retour.  Soyez-en remerciés et accompagnés de notre reconnaissance et de notre prière.

Pour entamer le chapitre de la reconstruction.

Reconstruction du vivre ensemble en harmonie et solidarité: chrétiens de différentes dénominations, avec voisins musulmans, sunnites, chiites, kurdes, arabes, chabaks, yezidis, kakais, mandais …

Dans le respect mutuel et la reconnaissance de la diversité et des droits.

Citoyens tous, au même stade, aux mêmes droits, aux mêmes devoirs.

Alléluia !

 

+ Basilios Georges CASMOUSSA

  Auxiliaire Patriarcal

 Archeveque emerite de Mossoul

23.10.2016

Le Patriarcat latin condamne un acte de vandalisme à la Basilique de la Transfiguration

Source Site du Patriarcat latin de Jérusalem

Lundi 24 Octobre 2016, la basilique de la Transfiguration sur le Mont Thabor (Galilée) a été cambriolée par des individus dont on ignore l’origine. Les intrus ont profané les très saintes hosties, présence substantielle du Christ. Le ciboire a été volé après avoir été vidé des saintes hosties qui ont été jetées sur le sol. Certaines statues dans l’Église ont été vandalisées et le contenu du tronc destiné aux dons a été également volé.

Le Patriarcat latin de Jérusalem condamne ces actes odieux qui sont une profanation de lieux saints.  Nous demandons également à la police de mener une enquête rigoureuse  afin de procéder à l’arrestation des auteurs de ces actions scandaleuses.

L’archevêque de Kirkouk espère le retour de la paix en Irak

Sur le terrain, l’armée irakienne poursuit sa progression. Plusieurs villages chrétiens ont été libérés, notamment celui de Bartella, où les cloches des églises ont sonné à nouveau pour la première fois depuis deux ans. Comme un écho d’espoir sur la plaine de Ninive. C’est pourtant un spectacle terrible qui s’offre aux yeux des soldats irakiens qui ont pu pénétrer dans le village déserté. Les églises ont été ravagées, pillées, incendiées, les icônes détruites, les bibles déchirées et jetées au sol.

La conquête de ces villages permet à l’armée irakienne de se rapprocher de Mossoul. Cette ville d’1,5 millions d’habitants est tenue par environ 5 000 jihadistes. Acculés dans ce bastion par les assauts des forces irakiennes, des combattants de Daech ont choisi de faire diversion en menant plusieurs attaques sur la ville de Kirkouk, vendredi 21 octobre. L’armée affirme avoir repris le contrôle de la ville, mais plusieurs poches tenues par les jihadistes résistent.

Ayant appris la nouvelle à Venise où il se trouvait pour une conférence, Mgr Yousif Thomas Mirkis, archevêque chaldéen de Kirkouk et Souleymanieh, a choisi de rentrer dans son diocèse, malgré le danger, pour être avec ses fidèles. Hélène Destombes l’a joint par téléphone, alors qu’il venait de pénétrer dans la ville.