Le pape François rencontrera la communauté assyro-chaldéenne de Géorgie

Source La Croix

Le premier jour de son voyage en Géorgie et en Azerbaidjan (du vendredi 30 septembre au dimanche 2 octobre), le pape François doit rencontrer la communauté locale assyro-chaldéenne à Tbilisi, capitale de la Géorgie, en son église Mar Shimoun (saint Simon) Bar Sabba’e (328-341), laquelle porte le nom d’un ancien Catholicos-Patriarche de l’Église d’Orient « nestorienne ».

Une communauté méconnue

Mais qui sait qu’il existe au Caucase des Assyro-Chaldéens ? Qui sait que ces Assyro-Chaldéens, des chrétiens, adeptes naguère de l’Église d’Orient, dite nestorienne, connus par les Russes et les populations locales sous le nom commun de Aïssor ou Assori (Assyriens), parlent encore aujourd’hui l’araméen (ou syriaque), la langue du Christ, dans ces régions caucasiennes si attractives ? D’habitude, quand on parle des Assyro-Chaldéens, on pense tout naturellement à l’Irak, à la Turquie, à l’Iran, à la Syrie, au Liban et à la diaspora. Mais leur trajectoire russe et caucasienne (Géorgie, Arménie, Azerbaïdjan, Caucase du Nord) est largement méconnue et leurs liens avec les Églises russe, géorgienne et arménienne encore moins. Le voyage du pape François dans cette région permettra de les sortir de l’oubli et d’attirer l’attention sur leur sort.

Cette communauté est arrivée en plusieurs vagues. Les premières migrations datent de 1770, d’autres de 1828 ; lors du génocide de 1915, ils furent nombreux à fuir les persécutions des troupes ottomanes, venant du nord-ouest de l’Iran et du sud-est de la Turquie. Leur établissement au Caucase fut tributaire de l’expansion et des conquêtes territoriales russes dès le XVIIIe siècle et des troubles frontaliers russo-turco-persans qui s’en suivirent. Cette histoire fut constamment rythmée de privations, de souffrances et d’exode de la Turquie ottomane et de l’Azerbaïdjan persan. D’ailleurs, ces douloureux événements sont fortement présents dans leur mémoire.

Une histoire mouvementée

Les Assyro-Chaldéens ont connu successivement la Russie tsariste, un Caucase sous domination russe, l’Union Soviétique et les indépendances caucasiennes depuis 1990.

À partir de 1921, avec le bolchevisme, les églises sont progressivement fermées et les libertés réprimées. Durant la terreur stalinienne, ils subissent une répression féroce et un certain nombre d’entre eux sont déportés en Sibérie et au Kazakhstan.

Aujourd’hui, avec les indépendances caucasiennes et la nouvelle Russie, ils sont heureux de retrouver la liberté, renouent les contacts avec leurs compatriotes en diaspora et apprennent à espérer.

Estimés à 7000 membres, ils sont présents principalement à Tbilisi, à Gardabani et Dzeveli Kanda, partagés entre l’Église chaldéenne catholique et l’Église assyrienne d’Orient. Dzveli Kanda, possède trois petites églises construites au fur et à mesure de leur arrivée. À Gardabani, adeptes de l’Église assyrienne, ils ont réussi à transmettre leur langue à leurs enfants. Une ancienne petite chapelle, Mar Oraham, témoigne de leur foi.

Après des décennies de rupture (1920-1980), abandonnés et sans pasteurs, les contacts se sont progressivement renoués avec l’Église d’Orient dans ses branches assyrienne et chaldéenne, à partir de 1982.

La renaissance de l’Église chaldéenne catholique

Pour ce qui est de l’Église chaldéenne catholique, son retour au Caucase a débuté en 1996 avec l’envoi à Tbilisi d’un jeune prêtre originaire d’Ourmiah (au nord-ouest de l’Iran), ordonné aux États-Unis en septembre 1994. Dès son arrivée, le P. Benyamin Bet Yadegar s’est consacré à servir la communauté sans distinction entre catholiques et non catholiques. Et le 17 octobre 2009, le patriarche de l’Église chaldéenne, le cardinal Emmanuel III Delly venu spécialement de Bagdad, a consacré la nouvelle église dont l’architecture babylonienne rappelle le pays, la Mésopotamie.

Le lendemain de la consécration, le P. Bet Yadegar, a été promu Chorévêque de l’Eglise assyro-chaldéenne de Géorgie. On assista le jour même au premier baptême et à la première communion de 22 garçons et filles. Depuis, grâce au dynamisme du P. Bet Yadegar, l’église est une réelle fourmilière. Il a travaillé à la publication en trois langues (araméen, géorgien et russe) du Missel chaldéen (1998) qui contient l’Anaphore de Mar Addaï et Mari, ainsi que de différents manuels d’enseignement pour débutants en langue araméenne.

L’ardeur que le voyage du pape insufflera, aidera cette communauté à retrouver de la vigueur et à se maintenir sur des terres où elle est ancrée depuis 250 ans, en conservant sa langue maternelle, sa foi et sa liturgie, malgré les difficultés.

L’Orient et l’Occident réunis autour de Saint-Charbel

Ce dimanche 18 septembre, la communauté maronite de Laon et les libanais de l’Aisne avaient invité Mgr Gemayel, évêque des maronites, en France, a venir bénir la statue de Saint Charbel qui sera installée dans une chapelle de la cathédrale de Laon. A cette occasion, la messe dominicale a été célébrée selon le rite maronite en présence de Mgr de Dinechin, évêque du diocèse de Soisson et du Père Bousquet, curé de la paroisse.

Dans son homélie, Mgr Gemayel a évoqué l’histoire du Patriarcat d’Antioche et a rappelé qu’avant la terrible guerre du Liban qui a duré 20 ans, « le pays du cèdre » était un modèle du « vivre ensemble » pour les multiples communautés qui le composent. Il a invité les fidèles occidentaux et orientaux à unir leurs prières pour le retour de ce temps béni et pour que les « chrétiens arabes » restent en orient la « passerelle » entre les différentes communautés. Une belle cérémonie où les voûtes de la cathédrale ont résonné au son des cantiques orientaux, interprétés par la chorale de la congrégation de Notre Dame du bon service et des prières en arabe et en araméen, ce dialecte très proche de la langue du Christ.

La communauté maronite de Laon regroupe 50 personnes soit 15 familles, installées depuis une cinquantaine d’année.

J-L F

Le Synode de l’Église chaldéenne s’ouvre aujourd’hui à Erbil, en Irak

Source Fides

Erbil (Agence Fides) – La béatification des martyrs chaldéens, les interventions pastorales et caritatives en faveur des évacués, le phénomène de l’émigration des chrétiens et le choix du nouvel Evêque chaldéen du Diocèse de Saint Pierre Apôtre à San Diego (Etats-Unis) sont quelques-uns des thèmes à l’ordre du jour de l’imminent Synode de l’Eglise chaldéenne, qui aura lieu à Erbil, chef-lieu de la Région autonome du Kurdistan irakien, du 21 au 28 septembre. Le Patriarcat chaldéen a diffusé à cet égard un communiqué par lequel il demande aux fidèles du monde entier de prier afin que le Seigneur « illumine les Pères synodaux » et les aide à effectuer un travail fructueux.

« Les béatifications dont nous avons commencé à parler – indique à l’Agence Fides S.B. Louis Raphaël I Sako, Patriarche de Babylone des Chaldéens – sont celles des martyrs du Génocide assyro chaldéen, intervenu voici un siècle sur les territoires de l’actuelle Turquie, parmi lesquels figurent notamment trois Évêques. Mais doivent également être pris en considération les martyrs plus récents, tels le Père Ragheed Aziz Ganni, Sœur Cecilia Moshi Hanna et S.Exc. Mgr Paulos Faraj Rahho, qui gouvernait l’Archi-éparchie de Mossoul. Nous parlerons également d’autres questions, telles que le renouvellement liturgique et l’avenir de la plaine de Ninive ».
Le 25 septembre, toujours à Erbil, s’ouvrira également une importante conférence programmatique de la Ligue chaldéenne, l’organisation fondée en juillet 2015 et fortement voulue par S.B. Louis Raphaël I Sako en tant qu’instrument visant à protéger « les droits sociaux, politiques et culturels » de la communauté chaldéenne, sans que la revendication de tels droits devienne apanage exclusif de partis gérés par des activistes chrétiens. Les modifications apportées aux projets de statut de la Ligue chaldéenne avant son inauguration officielle en avaient accentué les caractéristiques identitaires et nationalistes. Le communiqué diffusé par le Patriarcat chaldéen et parvenu à l’Agence Fides réaffirme que la Ligue chaldéenne « constitue un organisme autonome, n’étant affilié à aucun parti politique ni à aucun groupe financier ». (GV) (Agence Fides 02/09/2016)

Lettre des maristes bleus d’Alep, Syrie

Lettre d’Alep No 27 (le 17 septembre 2016)

 

Révolte et Compassion

 

  • La trêve négociée entre les russes et les américains est entrée en vigueur il y a maintenant 5 jours. Jusqu’à présent, elle est plutôt respectée. Les Alépins de confession musulmane ont pu fêter le Eid al Adha (la fête du sacrifice) dans les rues et les jardins publics sans avoir peur des mortiers et des bonbonnes de gaz pleines de clous et d’explosifs que les rebelles lançaient sur Alep depuis maintenant 4 ans et 2 mois faisant tous les jours de multiples victimes. Jusqu’à présent, il n’y a pas eu de carnage comme, il y a 70 jours, lors de la fête du Fitr, quand les mortiers lancés sur les quartiers civils, sur des rues pleines de familles en fête, ont fait des dizaines de mort, surtout des enfants. Mais les Alépins sont sur leurs gardes, ils sont sceptiques quant au respect prolongé de la trêve puisque celle-ci ne concerne pas les deux groupes reconnus comme terroristes par la communauté internationale, Daech et Al Nosra.

 

  • La situation est récemment devenue très compliquée. Il y a maintenant une internationalisation du conflit sur le terrain. D’une part, la Turquie, qui, pendant des années, a soutenu les terroristes en les laissant transiter par ses frontières et en les armant, est devenue un acteur direct sur le terrain. En effet, son armée est entrée en Syrie (sans l’accord de la Syrie, qui est un état souverain, membre fondateur de l’ONU) pour soi-disant combattre Daech mais c’est surtout pour combattre les milices Kurdes qui contrôlent plusieurs villes et villages de la bande frontalière, du côté syrien, du sud de la Turquie. Or, ces milices sont soutenues, conseillées et armées par les américains qui sont, en principe, les alliés de la Turquie. Quel imbroglio. D’autre part, les américains ont admis qu’ils avaient une base en Syrie avec des membres des forces spéciales du côté de Hassaké, à l’Est de la Syrie. Enfin, on n’évoque plus la reprise des négociations et les positions restent figées.

 

  • Alep, notre ville, souffre toujours. Les médias occidentaux en ont fait la vitrine médiatique du conflit. Les Alépins se seraient passés de cette renommée. Ils souffrent depuis plus de 4 ans et ont hâte que ce cauchemar cesse. Ils sont révoltés quand les médias ne parlent que des souffrances des civils des quelques quartiers de l’Est d’Alep contrôlés par les rebelles et les terroristes et qui comptent 250,000 habitants. Les souffrances du million et demi d’Alépins d’Alep Ouest sont passées sous silence. Ils sont révoltés par les dizaines d’obus de mortiers, de fusées ou de bonbonnes de gaz qui tombent chaque jour sur les quartiers civils d’Alep sans que personne ne proteste. Ils sont révoltés par la coupure totale de l’électricité depuis longtemps, les centrales électriques se trouvant du côté rebelle. Ils sont révoltés par la coupure totale de l’eau pendant la canicule de l’été (40 degré à l’ombre), obligés d’utiliser l’eau des 300 puits forés en pleine ville ces 2 dernières années. Ils sont révoltés par le blocus qu’ils subissent chaque quelque temps et la pénurie qui s’en suit. Ils sont révoltés de voir, à chaque fois que l’armée syrienne avance un peu ou gagne une bataille pour desserrer l’étau que les terroristes ont imposé à Alep, les gouvernements et les médias crier au crime contre l’humanité et demander une trêve pour arrêter la progression de l’armée syrienne.

 

  • Les drames, que nous vivons ou observons, sont tellement nombreux que nous sommes sans cesse révoltés. En voici quelques exemples :

 

  • Mahmoud, un garçon de 6 ans, orphelin de père, est né sans bras. Il vivait avec sa maman, sa soeur et son oncle dans une petite ville du gouvernorat d’Alep sous le contrôle de Daech. Ce groupe ne laisse pas les habitants des villes qu’il contrôle quitter, il les garde comme boucliers humains. La famille, comme tant d’autres, a décidé de quitter la ville la nuit pour venir à Alep. Mahmoud était porté par son oncle quand une mine, posée par Daech, a explosé tuant l’oncle et abimant les jambes et les pieds de Mahmoud. On a dû l’amputer. Et voilà Mahmoud sans bras ni jambes. Révolte et Compassion.

 

  • Le projet immobilier 1070 est constitué de dizaines d’immeubles inachevés à cause de la guerre, sans murs, sans sanitaires, juste le sol et le toit. Ils étaient occupés par des centaines de familles déplacées. Elles avaient quitté leurs appartements en juillet 2012 quand les rebelles ont envahi leurs quartiers et se ont réfugiées à Alep sous contrôle de l’état syrien. Elles avaient d’abord logé dans des écoles publiques puis on les a transférées à « 1070 » où elles se sont installées avec des bâches comme murs, des bidons pour l’eau et des sceaux pour les sanitaires. Il y a un mois, 1070 a été la cible, plusieurs jours consécutifs, de tirs de mortiers et de fusées lancés par les terroristes de Al Nosra avant qu’ils n’envahissent le coin. Ces déplacés, pour la 3ème fois, ont abandonné leurs morts et blessés et le peu qu’ils avaient acquis en 4 ans de misère pour aller vivre sous des tentes plantées sur le terre-plein central en plein milieu du périphérique. Révolte et Compassion.

 

  • L’exode des habitants d’Alep, surtout des chrétiens, continue. Après l’Europe, puis le Canada, c’est le tour de l’Australie maintenant de délivrer des visas aux réfugiés syriens. Les chrétiens d’Alep ne sont plus que le quart de leur nombre d’avant la guerre.

 

  • Entre révolte et compassion, nous, les Maristes Bleus, continuons nos programmes en faveur des familles déplacées et des plus démunies.

 

  • Le programme « Les Maristes Bleus pour les déplacés » continue à distribuer des paniers alimentaires et sanitaires mensuelles à 850 familles. Nous les aidons aussi à payer le prix de l’abonnement de « 1 Ampère » aux générateurs privés pour allumer quelques ampoules le soir. Nous leur donnons une fois par mois de la viande ou du poulet. Nous leur louons des petits appartements pour se loger. Cette année encore, pour la rentrée scolaire, nous avons donné des fournitures scolaires à tous les enfants qui vont à l’école en plus de notre aide pour payer les frais de scolarité.

 

  • Le projet « Civils Blessés de Guerre » continue à soigner, gratuitement, les civils, de toutes confessions, blessés par des balles ou des éclats d’obus, à l’hôpital St Louis tenu par les Soeurs de St Joseph de l’Apparition.
  • Le « Projet Médical des Maristes Bleus » finance plus de 100 actes médicaux par mois pour aider les malades qui n’ont pas les moyens de payer le coût d’une opération chirurgicale, d’une hospitalisation, d’un scanner ou parfois même d’une consultation ou d’examens de labo.
  • Le projet « J’ai Soif » continue à distribuer l’eau, gratuitement, aux familles dont nous avons la charge. Nos 4 camionnettes, équipées de réservoirs, font la navette du matin au soir entre les puits et les appartements.
  • Le projet « Goutte de Lait » distribue chaque mois à presque 3000 enfants âgés de quelques jours à 10 ans des quantités de lait suffisantes pour un mois.
  • Au début de l’été, nous avons aménagé une partie de notre cour pour en faire un jardin avec des balançoires, des toboggans etc… Nous avons ainsi inauguré notre Espace-Eté de loisirs où nos familles viennent passer 5 après-midi par semaine dans un endroit plus sûr que leurs quartiers. Les enfants jouent sous la surveillance des monitrices et les adultes passent un moment de loisirs à jouer aux cartes, au tric trac ou tout simplement se détendent en sirotant un café, un thé ou un soda et en épluchant des graines. Nos 2 bus font la navette aller-retour entre notre local et les quartiers. Cette initiative a fait la joie de tout le monde et a constitué une bonne thérapie anti-stress.
  • Notre équipe de visite des déplacés s’est étoffée de plusieurs bénévoles, anciens maristes de la famille Champagnat. Elle rend régulièrement visite aux familles, chez elles, même quand elles habitent les quartiers périphériques les plus dangereux comme « 1070 », pour nouer des liens de solidarité, s’enquérir de leurs besoins et essayer d’y remédier.
  • Nos projets pédagogiques vont bon train. Les éducateurs (éducatrices) des 2 projets « Apprendre A Grandir » et « Je veux Apprendre » se réunissent, depuis début septembre, tous les matins pour des sessions de formation et d’apprentissage des programmes en attendant la rentrée scolaire. Celle-ci sera difficile vu le nombre record de demandes d’admission et de demandes acceptées malgré l’exiguïté des lieux. Tous les enfants de « Je veux Apprendre » et qui n’allaient pas à l’école pour diverses raisons ont réussi cet été aux tests de niveau du ministère de l’éducation nationale et vont rejoindre le cursus scolaire sans commencer de zéro. C’est un sujet de fierté pour les enfants, leurs parents et pour nous.
  • « Skill School » continue à réunir les adolescents (tes). Leur nombre a atteint les 75, ce qui constitue le maximum de notre capacité.
  • Notre centre de formation des adultes, « le M.I.T. », en plus des sessions de 3 jours organisées depuis 3 ans plusieurs fois par mois, va inaugurer dans quelques jours une nouvelle formule. Une session de 100 heures étalée sur 8 semaines, 3 après-midi par semaine, pour permettre aux personnes qui travaillent d’y participer. Le thème est : « Comment entreprendre son propre projet ? ». Nous avons engagé les meilleurs experts d’Alep pour aider les jeunes adultes à entreprendre et réaliser un projet et gagner leur vie. Nous enseignerons, d’une façon pratique, aux participants comment trouver l’idée d’un projet, comment le réaliser, comment évaluer le coût du produit, comment faire un budget, comment établir un plan d’action, comment obtenir le financement, comment faire le marketing et la vente. A la fin de la session, les participants présenteront leurs projets au jury composé des experts et nous aiderons à financer les meilleurs projets réalisables.
  • Notre projet d’« Eradication de l’Analphabétisme » a terminé sa 1ère session de 40 participants. Tous ont présenté l’examen du ministère de la culture et ont reçu un certificat attestant qu’ils sont du niveau de la 4ème année élémentaire. Il faut voir le bonheur de ces grands adultes recevant leurs certificats et tous fiers de savoir lire et écrire.

Nous continuons à accompagner les familles, à être à leur écoute, à leur fournir un appui psychologique, à comprendre leurs besoins, à leur rendre leur dignité souvent bafouée, à leur donner un peu d’espoir et à leur faire sentir que nous sommes solidaires d’elles.

Révoltés par tout ce que nous subissons, voyons, entendons et sentons, oui, nous, les Maristes Bleus, sommes révoltés. Nous ne pouvons pas accepter l’inacceptable.

La compassion est une de nos valeurs. Nous partageons la souffrance de nos frères et soeurs, leur détresse, leur désespoir et leurs drames.

La Solidarité est notre façon de vivre la charité et l’amour avec eux et pour eux.

 

Alep le 17 septembre 2016

Nabil Antaki
Pour les Maristes Bleus

Les rites latin et orientaux s’harmonisent

Source Aleteia

Le casse-tête que pose l’administration des sacrements entre les différents rites chrétiens concernant notamment le baptême et le mariage, apparu avec la forte poussée de l’émigration en Europe, devrait finir avec la toute nouvelle décision du pape François d’harmoniser les normes du droit canonique entre l’Église latine et les Églises orientales. Les normes modifiées sont toutes issues du Code de droit canon latin. Rien n’a été changé dans celui des Églises orientales, qui avaient été plus « prévoyantes », selon le Conseil pontifical chargé des textes législatifs au Vatican.

Facteur principal : l’émigration galopante

Dans son Motu proprio, De concordia inter Codices, daté du 31 mai dernier mais diffusé ce 15 septembre, le Saint-Père explique la raison principale de cette harmonisation : « Faciliter le travail pastoral dans les pays de rite latin où ont émigré de nombreux chrétiens orientaux ». Une émigration dont on connaît aujourd’hui l’ampleur et qui posait jusqu’à aujourd’hui de réels problèmes d’équilibre entre le devoir de « protéger les droits de la minorité orientale »  et « respecter la tradition canonique de la majorité latine », pouvant créer des « interférences indues et des conflits ».

Les latins moins prévoyants que les orientaux

Selon Mgr Juan Ignacio Arrieta, secrétaire du Conseil pontifical pour les textes législatifs, après la promulgation du Code de droit canon (1983) puis du Code des canons des Églises orientales (1990), « des divergences, voire des contradictions, entre les différents canons, sont apparues », rapporte l’agence I-Media. Celui des Églises orientales, promulgué sept ans après, s’est révélé « beaucoup plus abouti sur certains aspects, que le Code latin, concernant notamment les rapports inter-rituels », a-t-il reconnu, faisant alors ressortir « un manque évident » de « prévisions spécifiques » quant à la coexistence de rites catholiques différents sur un même territoire.

Cette réforme était en préparation depuis le pontificat de Benoît XVI (2005-2013). Aux débuts des années 1980, « on n’entrevoyait pas encore la forte accélération que le processus migratoire allait subir dans les décennies successives, notamment dans de nombreux pays de tradition canonique latine », explique le secrétaire du dicastère chargé de tous les textes de loi au Vatican. Il reconnaît que l’émigration de ces dernières années a fait apparaitre « des problèmes de disparité disciplinaire » entre les deux codes, et la nécessité « pressante » de les harmoniser, « pour simplifier l’activité des pasteurs ».

Les nouvelles dispositions

Le Code des canons des Églises orientales constitue, avec le Code de droit canonique de l’Église latine et la Constitution apostolique Pastor Bonus de juin 1988 qui réforma la Curie romaine, un unique Corps du droit de l’Église romaine (CEF).

Par ce nouveau motu proprio, le Pape précise que, dans le cas d’un mariage où l’un des époux est de rite oriental, seul un prêtre peut recevoir le consentement des époux, contrairement au temps jadis où les diacres pouvaient aussi faire office de témoins pour valider un mariage, tandis que dans la discipline orientale, seul le prêtre avait cette prérogative.

Concernant la participation des ministres latins à l’administration des sacrements aux fidèles orthodoxes, dans les baptêmes comme dans mariages, il est maintenant permis aux prêtres de rite latin, sous certaines conditions, de baptiser ou de marier des orthodoxes qui en font la demande, dans des pays de rite latin (comme l’Italie, l’Espagne, ou la France), si ces derniers ne disposent pas d’un membre de leur clergé. Mais il leur est demandé de veiller à ce que leur Église d’origine soit informée.

Concernant les baptêmes, le critère d’appartenance de l’enfant à l’Église orientale est réaffirmé. En outre, il sera désormais obligatoire d’indiquer l’Église d’appartenance dans le registre paroissial des baptêmes.

Et une précision sur l’accès au sacrement de l’ordre

Ce 15 septembre, le Bureau de presse du Saint-Siège a aussi publié un texte sur le régime des « irrégularités » pour la réception du sacrement de l’ordre (diaconal, sacerdotal ou épiscopal), précisant que cette mesure s’applique aussi à ceux qui auraient commis des délits avant de devenir catholiques comme : tuer ou mutiler quelqu’un, avoir procuré un avortement ou tenté de se suicider. Comme le prévoit le canon 1041 du Code de droit canonique, qui oblige ces personnes à demander une dispense avant d’être ordonné.

Interview du frère Youssef Majid, dominicain à Bagdad

Je suis le frère Youssef Majid, un frère dominicain. Depuis 2001, j’ai fait ma profession dans l’Ordre des prêcheurs. Je suis né à Bagdad, dans une famille catholique très pratiquante. C’est une joie pour moi d’avoir reçu ce don de la foi depuis la naissance, c’est une grâce. J’ai poursuivi mes études en Irak, puis j’ai effectué le service militaire et j’ai travaillé un peu. Ce n’est que plus tard que j’ai fréquenté le couvent des Dominicains à Bagdad. Ensuite, j’ai suivi des études théologiques à Lille et je suis allé au Canada pour réaliser ma maîtrise de théologie. J’ai été ordonné prêtre en France à la cathédrale de Strasbourg. Depuis 2010, le Provincial m’a envoyé à Bagdad pour être au couvent avec les frères et surtout pour prêcher.

Quelle était votre mission à Bagdad ?

Ma mission était de travailler et d’être avec les frères (ndlr. Ils sont 4 frères à Bagdad). Nous avons une revue qui existe depuis plus de 50 ans – la « pensée chrétienne » – ; j’y travaillais à la rédaction des articles.

Quand je suis arrivé à Bagdad, j’ai été nommé Vicaire épiscopal général pour la mission jeunesse et pour l’éducation de la foi. J’étais aussi membre d’une communauté œcuménique pour refaire le livre de catéchèse pour les icônes de l’État. Nous avons travaillé sur ce projet pendant plus de trois ans. Nous avons élaboré plus de douze livres pour l’école primaire et le secondaire. C’était un travail extraordinaire que je considère comme un miracle pour l’Église en Irak, car nous sommes attaqués par la « maladie du confessionnalisme ». Le fait de travailler avec les frères des autres confessions comme orthodoxes, assyriens… et être d’accord pour faire un livre n’était pas une chose facile mais nous avons tout de même réussi.

En quoi va consister votre nouvelle mission ?

Je commence une nouvelle mission à Ankawa dans la périphérie d’Erbil. Ankawa est une ville où se trouve de nombreux chrétiens, et il est probable que je sois aussi auprès des réfugiés. Par ailleurs j’enseigne à la faculté de théologie de la ville. Nous allons fonder une nouvelle communauté pour prêcher, être avec les familles, les pauvres ; pour manifester la tendresse et la miséricorde de Dieu.

Frère Youssef Majid, aux JMJ à Cracovie cet été. Il accompagnait un groupe de près de 200 irakiens.
Frère Youssef Majid, aux JMJ à Cracovie cet été. Il accompagnait un groupe de près de 200 irakiens.

Pourquoi vouloir créer une nouvelle mission ?

En Irak, notre présence dans la ville historique de Mossoul existait depuis 1750 avec l’arrivée des frères italiens (puis les frères français sont arrivés en 1855 et la mission a ensuite été poursuivie par les frères irakiens). Mais comme vous le savez, après l’arrivée de Daech en 2014, les chrétiens ont été chassés de Mossoul, donc c’est à ce moment que nous avons perdu notre présence historique dans la ville. Nous avions une petite maison à Qaraqosh mais la plaine de Ninive est également tombée aux mains de Daech, donc il ne nous reste rien. C’est pour cela qu’aujourd’hui nous devons recommencer la mission, avec beaucoup d’enthousiasme.

Nous vivons dans un pays où la situation est difficile ; les températures sont élevées, nous subissons des coupures d’électricité, la situation économique n’est pas bonne, la sécurité n’existe plus… mais Dieu est là pour nous sauver. Il faut vivre et continuer la mission. Pour moi, c’est l’Espérance.

Parlez-nous d’Ankawa…

Nous serons quatre frères. Il y a de nombreuses paroisses dont les Chaldéens, les Syriaques, les Orthodoxes, les Arméniens, les Assyriens etc… Je ne sais pas exactement combien de personnes cela regroupent. Les chrétiens d’Ankawa sont divisés en deux parties ; les habitants et ceux qui sont venus d’autres villes comme Bagdad ou Mossoul pour y trouver la sécurité. Nous nous occuperons de toutes ces personnes.

Les frères sont-ils déjà arrivés ?

Non pas encore, la mission commencera après le 20 septembre. Nous vivrons parmi la population, nous serons là pour enseigner, prêcher, faire des retraites, préparer les fiancés au mariage, assurer la messe quotidienne. L’Église en Irak suit le mouvement international et l’enseignement de Rome. Il y a de belles choses qui se passent malgré la situation. Les Irakiens sont très attachés à leurs paroisses.

Paris 11e : Témoignage de l’archevêque maronite d’Alep le 26 septembre 2016

L’Église Notre-Dame d’Espérance accueille le lundi 26 septembre Mgr Jospeh Tobji, archevêque maronite d’Alep. Venu de Syrie et pour la première fois en France,  Mgr Joseph Tobji nous livrera son témoignage à 20h30.

La conférence sera précédée d’un dîner alépin à 19h. Les bénéfices seront versés aux  Sœurs Missionnaires de la Charité à Alep (sœurs de mère Teresa) qui œuvrent chaque jour à Alep pour aider les plus démunis.
Pour participer au dîner, inscrivez-vous par mail à boldefoul@gmail.com, la participation demandée est de 15€.


Dîner alépin (nombre de place limité, inscription obligatoire à : boldefoul@gmail.com)
Au profit des Soeurs Missionnaires de la Charité à Alep
Date : lundi 26 septembre à 19h
Lieu : Église Notre-Dame d’Espérance, 47 rue de la Roquette, 75011
Métro : station Bastille (lignes 1,5 et 8) ou Voltaire (ligne 9)
Participation : 15€

Témoignage
De Mgr Joseph Tobji, archevêque maronite d’Alep
Date : lundi 26 septembre à 20h30
Lieu : Église Notre-Dame d’Espérance, 47 rue de la Roquette, 75011
Métro : station Bastille (lignes 1,5 et 8) ou Voltaire (ligne 9)