Marseille : exposition La grande aventure des chrétiens d’Orient jusqu’au 31 août 2016

L’exposition La grande aventure des chrétiens d’Orient sera visible en l’abbaye Saint-Victor du 1er juillet au 31 août 2016.

L’Œuvre d’Orient présente un parcours didactique, largement illustré pour découvrir la richesse et la diversité des Églises et des Chrétiens d’Orient :

— Histoire : de la naissance de l’Église à Jérusalem aux séparations et réconciliations avec l’Église de Rome.

— Traditions et  rites : maronite, chaldéen, copte, melkite, syriaque, arménien, gréco-catholique, malabar…

Une invitation à mieux connaître l’Œuvre d’Orient et ses missions aux côtés des évêques, des prêtres et des communautés religieuses, du Moyen-Orient jusqu’en Inde, d’Ukraine en Éthiopie.


EXPOSITION La grande aventure des chrétiens d’Orient

Date : du 1er juillet au 31 août 2016, de 9h à 19h

Lieu : Abbaye Saint-Victor, Place Saint-Victor, 13007 Marseille

Contact : L’Œuvre d’Orient – 01 45 48 54 46 – www.oeuvre-orient.fr

Lourdes : exposition « La grande aventure des chrétiens d’Orient » jusqu’au 31 août 2016

Dans le cadre d’un partenariat avec les Œuvres Pontificales Missionnaires, l’exposition La grande aventure des chrétiens d’Orient sera visible en l’Espace Mission à Lourdes du 1er juillet au 31 août 2016.

L’Œuvre d’Orient présente un parcours didactique, largement illustré pour découvrir la richesse et la diversité des Églises et des Chrétiens d’Orient :

— Histoire : de la naissance de l’Église à Jérusalem aux séparations et réconciliations avec l’Église de Rome.

— Traditions et  rites : maronite, chaldéen, copte, melkite, syriaque, arménien, gréco-catholique, malabar…

Une invitation à mieux connaître l’Œuvre d’Orient et ses missions aux côtés des évêques, des prêtres et des communautés religieuses, du Moyen-Orient jusqu’en Inde, d’Ukraine en Éthiopie.


EXPOSITION La grande aventure des chrétiens d’Orient

Date : du 1er juillet au 31 août 2016, de 9h à 19h

Lieu : Espace Mission, 93 boulevard Rémi Sempé, 65100 Lourdes

Contact : L’Œuvre d’Orient – 01 45 48 54 46 – www.oeuvre-orient.fr

Bayonne : exposition « Le Mystère Copte » du 1er juillet au 31 août 2016

La cathédrale Sainte-Marie de Bayonne accueillera l’exposition « Le Mystère Copte » du 1er juillet au 31 août 2016.

Le  mot «copte » est à la fois familier et mystérieux. Il évoque l’Égypte chrétienne. Mais qui sont les Coptes ?

Les chrétiens du Nil aiment à se présenter comme les héritiers des pharaons et  insistent volontiers sur le fait que l’Égypte a été terre d’accueil de grandes figures bibliques.

Ce parcours didactique et largement illustré invite à la découverte d’une culture originale toujours bien vivante : histoire, langue, arts et littérature, liturgie,  traditions…

Près de 10 millions de coptes, majoritairement orthodoxes, mais aussi catholiques font encore rayonner le christianisme en terre d’Islam.

Cette exposition constitue aussi à mieux connaître l’Œuvre d’Orient et ses missions, aux côtés des évêques, des prêtres et des communautés religieuses d’Égypte depuis 160 ans.


EXPOSITION Le mystère Copte

Date : du 1er juillet au 31 août 2016, du lundi au samedi de 7h30 à 19h, dimanche et jours fériés de 7h30 à 13h et de 16h à 20h

Lieu : Cathédrale Sainte Marie, 15 rue des Prébendes, 64100 Bayonne

Contact : L’Œuvre d’Orient – 01 45 48 54 46 – www.oeuvre-orient.fr

L’Œuvre d’Orient avec vous tout l’été !

Exposition La grande aventure des chrétiens d’Orient

Marennes (17320) – Eglise Saint-Pierre de Sales, 28 rue François Fresneau

Exposition du 2 juillet au 16 octobre, de 9h30 à 18h30 et messe de clôture célébrée selon le rite grec melkite catholique par Mgr Georges Colomb et Mgr Charbel Maalouf – dimanche 16 octobre à 10h30

Saint Maixent (79400) – Eglise abbatiale, rue de l’abbaye – Exposition du 1er au 15 juillet, de 9h à 19h

Niort (79000) – Eglise Saint-Hilaire, rue du 14 juillet – Exposition du 15 au 31 juillet, de 9h à 19h

Pornic (44210) – Eglise Saint Gilles, 2 rue Saint-Gilles –

Exposition du 12 juillet au 30 août, de 9h à 19h et conférence de M. Christian Lochon : « Héritage et espérance des chrétiens d’Orient » lundi 18 juillet à 21h

Saint-Jacut-de-la-Mer (22750) – Abbaye Saint-Jacut-de-la-Mer, 3 rue de l’abbaye –

Exposition du 25 juillet au 11 août, de 14h à 19h et conférence de M. Christian Lochon : « Gloire et malheurs des chrétiens d’Orient » mercredi 27 juillet à 20h45

La Roche des Arnauds (05400) – Eglise Saint-Pierre, 05400 La Roche des Arnauds –

Exposition du 2 juillet au 28 août, de 9h30 à 17h30 (sauf offices) et conférence de M. Christian Lochon « Héritage et espérance des chrétiens d’Orient » lundi 4 juillet à 20h

Centre diocésain Pape François, 1 Cours Ladoucette, 05000 Gap conférence de M. Christian Lochon « Héritage et espérance des chrétiens d’Orient » mardi 5 juillet à 16h

Lourdes (65100) – Espace Mission, 93 boulevard Rémi Sempé – Exposition du 1er juillet au 31 août, de 9h30 à 12h (sauf le dimanche)

Marseille (13007) – Abbaye Saint-Victor, Place Saint-Victor – Exposition du 1er juillet au 31 août, de 9h à 19h

Saintes (17100) – Eglise abbatiale de l’abbaye aux Dames, 11 place de l’abbaye – Exposition du 1er août au 31 octobre, de 10h à 20h

Exposition Le Mystère Copte

Bayonne (64100) – Cathédrale Sainte Marie, 15 rue des Prébendes – Exposition du 1er juillet au 31 août 2016, du lundi au samedi de 7h30 à 19h, dimanche et jours fériés de 7h30 à 13h et de 16h à 20h

JMJ

Cracovie intervention de M. Vincent Gélot, en présence de M. Olivier Roy et Mgr de Dinechin, dans le cadre des cafés-débats du festival de la jeunesse sur le thème des chrétiens d’Orient – Collegium Ignatianum, Rue Kopernika – mercredi 27 juillet, à 15h

Des nouvelles des Maristes bleus d’Alep, Syrie

La guerre nous envahit…

Elle vient s’installer à notre table, dans nos cœurs et nos esprits… Elle s’invite à notre quotidien et le transforme… La guerre est là… Elle vient nous annoncer la souffrance et la mort… Elle vient nous annoncer qu’il faut haïr… qu’il faut détruire les ponts et les relations… La guerre est là… Ses machines fonctionnent à plein… Ses tambours battent fortement…. Elle vient transformer nos nuits en un éclair et la chaleur de nos jours en une fournaise… La guerre est là… Elle salit nos mains… Elle oblige tant d’innocents à tenir les armes… à tirer… à bombarder… à tuer et surtout à supprimer l’autre, tout l’autre… La guerre est là… Elle s’est installée dans des machines infernales… Elle voyage vers des destinations de mort… Elle ne s’arrête pas… Elle vomit la mort et continue son chemin en vociférant.

La guerre est là… Elle ramasse les enfants dans des camionnettes comme des boîtes de sardines… entassés… brûlés par la seule envie de tuer… Ni les larmes des mamans, ni les cris des autres enfants n’auront d’écho.. Ils vont jouer aux héros… Certains feront la fête dans les ambulances… D’autres, la feront, couchés sur des ruines du non vie… La guerre est là… Elle vient nous dire : « Je ne vous quitte pas… Je vous aime tant… Je vous veux… j’ai envie de vous… Je vous chéris… Je vous invite à mon banquet … ne ratez pas le rendez-vous… » Voilà l’adresse… Alep, rue de la honte, immeuble de la misère, étage de la souffrance…

La guerre est notre quotidien.

Nous refusons de participer à son banquet… Nous choisissons la vie… Nous choisissons l’autre… dans sa misère et sa volonté de vivre et de survivre. Pour eux, pour tout enfant, pour tout homme et toute femme, pour tous ceux qui souffrent de cette guerre, nous choisissons de tendre une main… de construire un pont, d’abattre un mur de honte et d’exclusion… Nous choisissons de donner, de nous donner… Nous choisissons d’être l’instrument du don de Dieu…Nous choisissons le sentier qui conduit à la vie…

Mohamad est un enfant du projet « Je veux apprendre ». Depuis la fin de l’année scolaire, il travaille. Comme tous les jours, il vient de m’appeler pour demander de nos nouvelles.

Le mercredi 1 juin 2016 (journée mondiale de prière pour les enfants de Syrie), je lui ai écrit le message suivant :

« Tu viens nous rafraîchir à la source de la paix !

« Allo, bonjour, je veux parler avec Frère Georges ! »

Je n’oublierai jamais ta voix…. Tu m’appelais pour demander de mes nouvelles. Tu voulais savoir si nous étions bien. Et pourtant, celui qui devait le faire, c’était moi : t’appeler et savoir de toi comment vous avez passé la nuit ? Avez-vous été à la cave ? Un mortier serait-il tombé près de chez vous ? Comment vont Omar et Doha ? Ont-ils dormi ? Et toi, mon cher ami, mon petit de 10 ans, comment vas-tu ? As-tu pu déjeuner ? Es-tu allé chercher de l’eau pour vous laver et pour nettoyer la maison ? Combien de bidons as-tu porté ? Et le pain, qui est allé le chercher ? Comment avez-vous fait pour vous approvisionner en gaz ? Avez-vous installé l’ampère ?

Je sais que tu es au travail ! Je n’en suis pas scandalisé. Je sais qu’en travaillant, toi et ton frère, vous soutenez votre maman. Vous travaillez dur. Plus de 10 heures par jour.

Depuis que le projet éducatif est terminé, tu es au travail… Je n’ose rien dire… Pour subvenir au minimum de besoins de votre famille, vous avez besoin de travailler. J’en suis conscient. Où sont vos droits ? Comment vous vivez cette injustice ?

Ton sourire ne te quitte pas. Tu viens illuminer notre vie. Tu viens nous dire tout le bonheur du monde. Tu viens nous rafraichir à la source de la paix.

« Allo, bonjour Mohamad, je veux t’annoncer une bonne nouvelle :

Aujourd’hui, tu es présent dans la prière de tant d’amis… Non, pas toi tout seul mais tous les enfants de Syrie… Je pense à Georges, le petit qui vient d’être baptisé, à Elias qui a été tué par un mortier, à Hussein qui est parti loin de l’enfer d’Alep. Je pense à Israa qui est tombée malade d’avoir quitté la maternelle des Maristes. Je pense aux enfants qui viennent tous les jours prendre le repas chaud, je pense à Moufid dont la maman m’a annoncé qu’il avait une phobie qui le paralyse, je pense à l’un ou l’autre enfant épileptique et à tant d’autres dont les parents viennent demander des couches….

Mohamad, toi et tant d’autres, vous êtes le centre du monde. Beaucoup de personnes dans le grand monde prient en ce moment pour vous.

Et nous les Maristes qui rêvons avec toi d’un monde de paix et de justice, nous voulons te le dire : Pour toi, nous continuerons le chemin de la solidarité, nous bâtirons pour toi un monde sans guerre, nous ferons tout notre possible pour que ta vie soit un chant à la paix ! »

Pour lui, pour ses parents et pour tant de familles, ces choix se traduisent dans nos différents projets.

Les paniers alimentaires sont distribués régulièrement. Chaque famille reçoit aussi un panier sanitaire et 4000 livres syriennes représentant l’abonnement d’un mois au générateur électrique. En ce début de l’été, chaque membre de nos familles a reçu une paire de chaussures neuves. Le projet « civils blessés de guerre » a pu sauver ce mois plusieurs personnes touchées par les obus de mortier qui sont tombés en abondance.

Malgré la difficulté d’approvisionnement en lait surtout celui des enfants de moins de 1 an, nous avons réussi à l’assurer régulièrement à tous les enfants qui profitent du programme « Goutte de lait ».

Beaucoup de familles viennent nous demander de les soutenir pour louer une maison. Certaines familles sont obligées de quitter leur quartier devenu tout d’un coup à haut risque.

La ville a subi plusieurs coupures d’eau. Nos 4 camionnettes sillonnent les quartiers pour distribuer 500 litres par appartement.

Après un temps d’arrêt pour le mois de Ramadan, le projet « MIT » lance un nouveau programme de formation pour les mois de juillet et d’août.

Les enfants de « Je veux apprendre » ont passé une semaine de colonie de vacances avec pour thème « Tinker bell ». Les plus âgés parmi eux ont passé deux nuitées. C’était la première fois qu’ils vivaient cette expérience.

Les jeunes adolescents ont repris leurs activités dans le cadre du projet « Skill School ». Ils vont « rêver et être créatifs ».

Le 6 juin, nous avons inauguré notre nouvel Espace-Eté où toutes les après-midis, une centaine de familles viennent, chez nous, passer un temps de loisir… Les enfants profitent du terrain de jeux que nous avons récemment aménagé et les parents se retrouvent pour respirer un peu d’air frais, prendre un café et surtout se retrouver dans un lieu sûr.

Je termine avec les mots du Fr. Emili, notre supérieur général, s’adressant aux jeunes de « Skill School » à l’occasion du lancement de leur thème d’activités de l’été :

« Vous les jeunes, vous êtes appelés à écouter vos cœurs pour découvrir quel est votre rêve… Vous avez besoin de moments de silence… Ne laissez pas les Seigneurs de la guerre vous voler vos rêves… »

 

Alep le 27 juin 2016

Fr. Georges SABE

Pour les Maristes Bleus

L’Œuvre d’Orient au côté des chrétiens arméniens

En 1856, l’Œuvre d’Orient donnait déjà 4000 francs au patriarche arménien pour les pauvres de sa nation… Fin 1895, le Père Charmetant, son directeur, dénonçait le massacre des chrétiens arméniens et alertait l’opinion publique. Depuis elle entretient des relations privilégiées avec le peuple arménien.

Une relation historique avec les Arméniens en exil

En 1895, l’Arménie est noyée dans le sang. Le Père Charmetant s’indigne devant une véritable conspiration du silence et réussit à alerter l’opinion publique. Il convainc les donateurs de l’Œuvre qu’il est urgent d’aider les réfugiés dans tout le Moyen-Orient. Ce soutien se poursuit encore aujourd’hui au Liban, en Syrie, en Égypte, en Irak et en Iran.

Les Sœurs arméniennes de l’Immaculée Conception et les Pères mekhitaristes animent écoles, orphelinats et dispensaires.

En Arménie, priorité aux jeunes

Depuis la fin de l’ex-URSS, l’Œuvre d’Orient accompagne la renaissance de l’Église arménienne catholique, en Arménie et en Géorgie.

Dans ces pays parmi les plus pauvres d’Europe orientale, prêtres et religieuses se mobilisent pour encourager la jeunesse à rester. Les instruire, leur donner un métier, les ouvrir au monde, les faire grandir sur le plan spirituel, moral et culturel, telles sont les missions qu’ils se sont fixées.

« Nous sommes là pour les plus pauvres. Pas question de laisser un enfant dehors parce que les parents ne peuvent payer » Sr Yolande, école Notre Dame du Lys, Alep

Vera Baboun, femme de paix, à la tête de la ville palestinienne de Bethléem

Nichée sur la place de la Mangeoire, derrière son large bureau en noyer, Vera Baboun vous donne tout de suite un sentiment de force tranquille. Assise entre deux gigantesques portraits de Yasser Arafat, héros national et Mahmoud Abbas, président de l’autorité palestinienne, elle occupe la fonction de maire de Bethléem depuis octobre 2012 après une campagne électorale “qui n’a pas été facile”.

Son anglais parfait lui a valu un master en littérature afro-américaine et un enseignement dans cette matière à l’université de Bethléem.  Sa voix posée et déterminée semble imperturbable. Elle ne s’arrête de parler que pour écouter le muezzin de la mosquée d’Omar située à quelques mètres, ou les cloches de la basilique de la Nativité, celle-là même où Jésus serait né, celle-là aussi qui a accueilli l’enterrement de son mari et sur laquelle les fenêtres de son cabinet offrent une vue plongeante.

La première femme maire de la ville a dû essuyer les regards de travers, les critiques et les coups bas d’une classe politique patriarcale et conservatrice, “mais c’est le jeu en politique” affirme-t-elle en replaçant machinalement ses lunettes sur sa tête pour dégager son visage de son épaisse chevelure. N’empêche, dans son cas à elle le jeu est allé très loin. Des tracts diffamants, aux menaces de mort en passant par l’attaque violente de sa voiture, ses opposants n’ont pas eu de problèmes à s’adonner aux coups en dessous de la ceinture. Une femme, catholique, veuve et indépendante qui remporte la mairie alors que le conseil municipal était auparavant dominé par les islamistes du Hamas, ça a fait grincer des dents. Mais hors de question pour cette mère courage de baisser les bras.

Rancunière Vera Baboun ? Pas pour deux sous. Elle a la trempe de ceux qui savent encaisser les coups, la dignité de ceux à qui la vie n’a pas fait de cadeaux : “Nous les femmes palestiniennes nous devons faire face aux défis de l’occupation israélienne, nous sommes les épouses des prisonniers, ou prisonnières nous-même, nous sommes les mères des martyrs et parfois martyres nous-mêmes”.

L’élue parle en connaissance de cause. Fin des années 1980  pendant la première Intifada son mari a été emprisonné pendant plus de trois ans par Israël. A sa mort, il y a bientôt dix ans, c’est à nouveau seule qu’elle a dû éduquer ses cinq enfants aujourd’hui âgés de 20 à 30 ans. Sans amertume, elle résume simplement d’une phrase sa vie  : “comme beaucoup de Palestiniennes, on peut dire que j’ai accumulé une certaine expérience de la souffrance”.

Administrer Bethléem, une ville étranglée par le conflit

Bethléem a beau être la ville de la paix pour les chrétiens, en se promenant dans ses ruelles pavées on risque fort de s’écraser le nez sur la réalité du conflit israélo-palestinien : un mur de béton de huit mètres de haut. « Notre ville est étranglée par le mur de l’apartheid (barrière érigée par les Israéliens, qui sépare la Cisjordanie d’Israël, jugée illégal au regard du droit international, ndlr), nous sommes totalement coupés de Jérusalem et les colonies nous empêchent de nous développer ”. Peu causante quand on parle d’elle, c’est en évoquant sa ville, où elle est née et a grandi, que ses yeux clairs s’illuminent.

De fait pour Vera Baboun le premier des combats c’est celui pour l’indépendance de son pays car “il n’ y a que quand nous aurons notre liberté que nous pourrons enfin parler d’égalité des genres, d’éducation, de santé, de justice…”. Cela ne veut pas dire que pour ces sujets importants il n’y a rien à faire. Depuis qu’un système de retraite a été mis en place dans les Territoires palestiniens, elle se bat pour que les travailleuses palestiniennes soient mieux couvertes : “beaucoup de femmes qui travaillent dans l’agriculture ou avec leur mari ne sont pas déclarées. En Palestine, seules 17 % d’entre elles le sont ! Le chemin est encore long et nous avons beaucoup, beaucoup de travail”.

Féministe, tendance Shéhérazade

La femme de pouvoir a du mal à se définir elle-même comme féministe même si elle cherche souvent son inspiration du côté des femmes qui ont influencé le monde. De son mémoire sur les femmes dans la littérature, elle retient l’exemple de Shéhérazade “une femme qui a réussi, une experte de la parole qui savait maîtriser ses capacités, a su s’en servir et s’est portée volontaire pour éviter un massacre”. Elle voudrait que “les femmes qui n’ont pas le choix, qui ne peuvent pas vivre selon leurs propres règles” retiennent cette règle-là : « toujours croire en sa propre voix, c’est la meilleure façon pour que d’autres y croient aussi”.