Quatrième semaine de Carême : prières pour tous les jours

Dimanche 28 Février :

« Prier avec le Psaume 102 »

Dieu est amour, Dieu est miséricorde. Ce psaume nous redit qui est Dieu depuis toujours et pour toujours. A nous d’entrer dans le mouvement de son amour pour en vivre, et de lui confier nos faiblesses pour qu’il les efface et nous relève.

Lundi 29 Février :

« Prière d’un chrétien syrien : « Seigneur reste avec nous » »

Seigneur Jésus, tu nous as demandé de croire en Toi, nous te prions et te supplions : renforce notre Foi en Ta toute puissance, nous Te le demandons comme l’avait fait ce pauvre père, qui Te suppliait de libérer son fils du malin qui le harcelait dans son existence et lui faisait mal à mourir. (MC 9 :24)

Un chrétien de Syrie

Mardi 1 Mars :

« Irak : le Bien est vainqueur »

J’ai cette grande espérance qu’à la fin la résurrection viendra. Nous sommes dans un tunnel, long, étroit et sombre. Mais au bout, il y a la lumière. Le mal fait beaucoup de dégâts, beaucoup de bruit, il tue ! Mais n’a pas d’avenir. Alors que le bien est lent, laborieux, mais il dure. Il est stable. Il est vainqueur.

Louis Raphael I Sako, patriarche des chaldéens, Bagdad

Mercredi 2 Mars :

Prions ensemble pour la Syrie, pour toutes les familles de Syrie: catholiques, orthodoxes, protestantes, et aussi les familles musulmanes.

Père Z. Hilal, s.j., Homs

Jeudi 3 Mars :

C’est la patience qui peut conduire nos pas vers la consolation. Seule la patience nous permet de supporter la souffrance et de garder courage, optimisme et sagesse, tout en éloignant les angoisses.

Père F. Van der Lugt, s.j., assassiné à Homs le 7 avril 2014

Vendredi 4 Mars :

« Se tenir ensemble même dans la violence »

La violence monte dans la région. Lors d’une fête pour des enfants handica­pés, leurs familles étaient là. Des chrétiens, des alaouites, des sunnites. Une femme s’est mise à pleurer : “Ce n’est pas si difficile d’être ensemble. Pourquoi les politiciens nous entrainent-ils dans la guerre ?”

Père Ziad Hilal, jésuite, centre St Sauveur

Samedi 5 Mars :

Seigneur, aide les jeunes qui sont loi de leurs parties. Donne l’espoir aux familles des disparus. Deviens l’ami et l’espérance des kidnappés: protège-les dans leur prison. Rassemble à nouveau le peuple syrien pour qu’il puisse vivre en paix. Malgré notre faiblesse et nos doutes, nous resterons les témoins de la paix.

Jeunes arméniens catholiques de Kameshli, Syrie


Retrouvez tous nos projets de Carême:

Careme 2016

Livre: « La terre en Palestine / Israël, Une vérité à deux visages » de Patrice Sabater

Une étude de Patrice Sabater, aussi passionnante que rigoureuse, publiée par Domuni-Press et les Presses universitaires de l’Institut catholique de Toulouse le 24 juin 2015.

La diversité et la complexité des situations au Proche-Orient, et tout particulièrement en « Terre Sainte » ramènent sans cesse à la question de « la terre », lieu, somme et produit d’un conflit des imaginaires entre les trois religions dites monothéistes. L’auteur explore sans peur et sans préjugé cet espace sacré et analyse tour à tour, ses représentations culturelles, théologiques et sociologiques. Il fait part égale au peuple d’Israël et au peuple de Palestine, interroge, confronte, analyse, sans jamais blesser. Ouvrage aussi troublant que passionnant, le livre de Patrice Sabater plonge dans le passé, plus encore dans l’humain, pour rendre compte du présent et penser l’avenir. Un véritable plaidoyer à l’altérité à mettre entre toutes les mains

Livre: « La France et les Chrétiens des territoires de l’Est de l’empire Ottoman » de Ohvanesse G. EKINDJIAN

Après l’effondrement de l’Empire ottoman, la France, qui s’était engagée antérieurement à obtenir pour les chrétiens un statut d’indépendance, se voit le droit d’occuper les territoires de l’Est (Sivas, Kharberd, Diyarbakir) et les régions de l’ancien comté d’Edesse. Mais les nationalistes rassemblés autour de Mustafa Kemal chassent les Européens d’Anatolie. L’abandon de ces territoires par les gouvernements français est analysé ici avec, comme point de départ, les massacres hamidiens de 1894-1896, et comme conséquence pour les chrétiens, Arméniens et Assyro-chaldéens, un exode sans retour.

Pour acheter ce livre: Procure

Livre : « Oubliés de tous » de Claire et Joseph Yacoub

 1915, Alors qu’en Anatolie se déroule le génocide des Arméniens et des Assyro-Chaldéens-Syriaques, la tragédie se poursuit au Caucase.

Un siècle plus tard, alors que les chrétiens d’Orient sont entrés à nouveau en agonie, Joseph et Claire Yacoub achèvent ici, un ouvrage, le premier du genre, qui décrit l’aventure ignorée dans sa continuité des Assyro-Chaldéens du Caucase.
Cette fresque brosse les manoeuvres diplomatiques et militaires du Grand Jeu, la percée des tsars dans les empires ottoman et perse, la révolution bolchévique, l’avènement de l’URSS, la terreur stalinienne, l’invasion nazie.
Dans le même temps, elle ressuscite, au sein de ce tourbillon, les manipulations et les exodes, les asservissements et les déportations qu’ont fait subir toutes les puissances d’alors, sans exception, au dernier des peuples de la Bible à parler la langue du Christ.
Aujourd’hui, avec les indépendances caucasiennes et la nouvelle Russie, ils retrouvent leur liberté, renouent les contacts avec leurs compatriotes en diaspora et apprennent à espérer.
Un document pour l’histoire, un témoignage pour le présent.
Professeur honoraire de l’université catholique de Lyon, spécialiste des chrétiens d’Orient, Joseph Yacoub a consacré sa vie à son peuple. Il est l’auteur, entre autres, au Cerf, de : Qui s’en souviendra ? 1915 : Le génocide Assyro-Chaldéo-Syriaque. Son épouse Claire Yacoub, également très engagée, a publié au Cerf : Le rêve brisé des Assyro-Chaldéens.

Pour acheter ce livre: Procure

Livre: « AU CŒUR DU CHAOS, La résistance d’un chrétien en Orient » de Patriarche Bechara RAÏ

Capture d’écran 2016-02-15 à 12.27.21

Patriarche maronite d’Antioche et de tout l’Orient depuis 2011,cardinal en 2012, Bechara
Raï est une figure majeure des chrétiens d’Orient, qu’il soutient spirituellement et qu’il défend sans relâche en ces temps de chaos. Il répond ici aux questions d’Isabelle Dillmann
sur leur situation tragique actuelle, mais aussi sur leur histoire bimillénaire, leur enracinement dans les terres du Proche et du Moyen-Orient, leurs rapports historiques avec l’islam… Il aborde aussi la situation de son propre pays, le Liban, rappelle son histoire intercommunautaire et les déchirures de la guerre civile, et pointe l’urgence des dangers qui le menacent.
Cette forte personnalité, qui parle sept langues, s’exprime aussi avec courage sur la
géopolitique de la région, Daech, le jeu des puissances étrangères, Israël… Sans jamais
tomber dans la rhétorique diplomatique, il adresse au monde une parole engagée de résistance spirituelle, avec une force intérieure extraordinaire.

Bechara Raï est depuis 2011 le patriarche maronite d’Antioche et de tout l’Orient : il préside la communauté maronite, et a primauté sur tous les patriarches des autres communautés chrétiennes d’Orient reliées à Rome (arménienne-catholique, chaldéenne, melkite, copte-catholique, etc.), qui s’étendent dans toute la région mais aussi dans les lointaines diasporas. Nommé cardinal en 2012, il a participé à ce titre au dernier conclave de 2013.

Grand reporter, Isabelle Dillmann a interviewé de grandes personnalités comme Mère Teresa, Fidel Castro, Jean-Paul II, le Dalaï Lama, l’Aga Khan, le Commandant Massoud, Rafic Hariri… Elle a publié en 2010 chez Albin Michel « Les politiques ont-ils une âme ? »

Paris, Théâtre Saint Léon : représentation de La Puce à l’Oreille de Feydeau, le samedi 12 mars 2016

Chez les Chandebise, tout le monde, des domestiques aux maîtres, se soupçonne d’adultère. Un sosie et une série de malentendus brouillent les cartes lorsque les investigations se poursuivent à l’hôtel du Minet Galant…

Si vous désirez assister à ce spectacle, au profit de L’Œuvre d’Orient, il vous suffit d’envoyer le bon ci-dessous ainsi que votre règlement par chèque à l’ordre du Poulailler, à : Le Poulailler, 26 rue des Fossés Saint Bernard, 75005 Paris.

Réservation

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Billetterie en ligne : https://www.lepotcommun.fr/billet/1bwsronv

à la réservation : 16€ – sur place : 18€

soutien : à partir de 20€ – Enfants et étudiants : 11€


SPECTACLE :

Date : samedi 12 mars 2016, à 19h45

Lieu : Théâtre Saint Léon, 11 Place du Cardinal Amette, 75015 Paris

Contact : www.oeuvre-orient.fr – L’Œuvre d’Orient – 01 45 48 54 46

 

Gregorios III : La colère du patriarche grec-catholique, par Luc Balbont

Ses 83 ans, qu’il a fêté le 13 décembre 2015, ne semblent pas peser sur sa personne. A la résidence de Raboué au Liban, qu’il partage avec son patriarcat à Damas, Grégorios III, Patriarche de l’Église Grecque-catholique (melkite) depuis le 29 novembre 2000, épuise ses collaborateurs. “ Il a trois idées à la minute, et j’ai du mal à le suivre dans les escaliers”, prévient un prêtre de son entourage, dans le salon d’attente.

Sa Béatitude apparaît enfin au bout d’un long couloir. Le pas est vif, la poignée de main ferme: “Je vous ai fait attendre. Excusez-moi, mais je devais recevoir une délégation de fidèles. “ Nous entrons dans son bureau. Il prend place. Derrière lui, une photo géante de Jérusalem, où il résida durant de nombreuses années. Une première question sur sa Syrie natale, et le Patriarche embraye. Il ne s’arrêtera plus. Sur un ton enflammé, il évoque le martyr de ce pays, où il a vu le jour dans la banlieue de Damas, en 1933. Un flot de paroles ininterrompues, qui expriment la compassion pour ce peuple victime et la colère envers les grandes puissances, qui refusent, selon lui, «  de combattre L’État islamique avec les moyens qu’il faut, renvoyant dos à dos le régime en place et les combattants jihadistes. » …  “On m’accuse en Occident de soutenir Bachar al Assad, poursuit-il, mais que les donneurs de leçons viennent sur place, pour se rendre compte de la terreur que nous impose les islamistes.

“ Tout le monde nous bombarde ”

SB Gregorios à son bureauJe ne m’angoisse pas seulement pour les chrétiens, mais pour toute la population syrienne. Les bombes tombent de partout. Les Américains, les Russes, les Anglais, les Français, les Turcs, et même Israël nous bombardent, comme ce fut le cas en décembre dernier pour éliminer un membre du Hezbollah, présent à Damas. Tout cela, disent-ils, pour nous débarrasser de Daech, et nous apporter la paix. Mais en attendant cette paix qui ne vient pas, ce sont des civils syriens qui sont tués. Des hommes, des femmes, des enfants qui meurent chaque jour par dizaines …

“Je ne défends que la Syrie et les Syriens”

Les grandes puissances nous reprochent de soutenir une dictature, mais ce n’est pas Bachar Al Assad l’ennemi, c’est Daech… Daech et ses légions d’étrangers, des Tchétchènes, des Jordaniens, des Tunisiens, des Saoudiens, et même des Européens qui viennent occuper nos terres. C’est d’eux qu’il faut nous débarrasser.

Le peuple syrien souffre le martyr. Bientôt cinq ans de guerre (*1), et le bilan est lourd : entre 250 000 et 300 000 morts, des milliers de blessés, de déplacés, d’orphelins, et l’Occident discute encore et toujours du départ d’Assad. Mais jamais de celui des terroristes. Ce sont pourtant eux qui chassent les chrétiens de leurs maisons, eux qui égorgent tous les Syriens qui osent les affronter. Combien de temps encore allons-nous devoir vivre sous le joug de ces sanguinaires ?” […]


Blog Luc Balbont

Pour lire la suite de cet article, cliquez  ici sur le blog « rencontres orientales ».
Du Liban où il réside, Luc Balbont nous emmène à la découverte du vivre ensemble oriental qui dépasse les clivages religieux : joie, espérance, difficulté, http://blog.balbont.oeuvre-orient.fr/ — A découvrir !


(*) En Syrie la révolution a commencé le 15 septembre 2011, à Deraa, au sud, et a peu à peu gagné l’ensemble du pays.

Luc Balbont

Coublevie : les chrétiens d’Orient à l’honneur du 27 février au 12 mars 2016

L’exposition « La grande aventure des chrétiens d’Orient » sera visible les 27 février et 12 mars en l’église de Coublevie, et du 29 février au 10 mars en l’église de Charavines.

L’Œuvre d’Orient présente un parcours didactique, largement illustré pour découvrir la richesse et la diversité des Églises et des Chrétiens d’Orient :

— Histoire : de la naissance de l’Église à Jérusalem aux séparations et réconciliations avec l’Église de Rome.

— Traditions et  rites : maronite, chaldéen, copte, melkite, syriaque, arménien, gréco-catholique, malabar…

Une invitation à mieux connaître l’Œuvre d’Orient et ses missions aux côtés des évêques, des prêtres et des communautés religieuses, du Moyen-Orient jusqu’en Inde, d’Ukraine en Éthiopie.

L’exposition sera également accompagnée par une conférence le samedi 27 février en l’église de Coublevie, par Salim Dermarkar, sur le thème suivant : Une introduction à la connaissance des chrétiens d’Orient.

Salim Dermarkar, ingénieur de formation, a étudié la théologie à Lyon. Doctorant en histoire, il présentera lors de sa conférence, les origines des chrétiens d’Orient à nos jours.

La conférence sera suivie d’une messe, célébrée par le Père Jacques Suaudeau, à 18h30, en l’église de Coublevie.


EXPOSITION

Date : Les 27 février et 12 mars, de 17h à 19h30

Lieu : église de Coublevie, Place Ernest Brochier, 38500 Coublevie

Date : du 29 février au 10 mars, de 10h à 17h

Lieu : église de Charavines, place de l’église, 38850 Charavines

CONFÉRENCE Une introduction à la connaissance des chrétiens d’Orient

Date : samedi 27 février, à 17h

Lieu : église de Coublevie, Place Ernest Brochier, 38500 Coublevie

MESSE

Date : samedi 27 février, à 18h30

Lieu : église de Coublevie, Place Ernest Brochier, 38500 Coublevie

Contact : L’Œuvre d’Orient – 01 45 48 54 46 – www.oeuvre-orient.fr

Chrétiens d’Orient : après la Russie, la France doit agir

Source Le Figaro Vox

Tandis qu’un nouveau ministre des Affaires étrangères prend ses fonctions, on est tenté d’évaluer à nouveaux frais la situation de la diplomatie française. Si la situation syrienne fait l’objet de nombreux commentaires, le contexte irakien retient moins l’attention des spécialistes. La France, on s’en souvient, s’était opposée à l’invasion de l’Irak, consciente que cette opération allait conduire ce pays à la destruction, rendant par ce fait l’intervention américaine illégale car non validée par le conseil de sécurité. La France avait alors fait l’objet de sanctions économiques de la part des États-Unis.

Le gouvernement irakien de Monsieur Maléki se situait davantage comme un gouvernement de revanche contre les sunnites que comme un gouvernement d’unité nationale. Ses relations avec le gouvernement français étaient détestables. Le nouveau gouvernement de Bagdad a permis de nouer des rapports plus fructueux.

Quelques jours après la tragique prise de Mossoul et de la plaine de Ninive, le ministre Fabius est venu au Kurdistan rencontrer les autorités régionales kurdes et les réfugiés, puis quelques semaines plus tard est revenu en accompagnant le Président de la République, Monsieur Hollande. Tandis que la France présidait le Conseil de sécurité en mars 2015, Paris a demandé l’inscription de la question des chrétiens d’Orient à l’ordre du jour du Conseil, la première fois depuis la création de l’ONU. Monsieur Fabius rappelait alors que «l’amitié avec les chrétiens d’Orient faisait partie de l’identité de la France».

Le 8 septembre 2015 une réunion inter-gouvernementale pour les minorités d’Orient s’est réunie à Paris, co-présidée par la France et par la Jordanie. L’Œuvre d’Orient y était associée à titre d’observateur.

Trois chapitres ont été abordés :

  • la dimension judiciaire des crimes commis en Orient,
  • la recherche de «politiques inclusives»,
  • et l’organisation de l’aide humanitaire. Cette dernière devait être financée par un fond spécialement dédié. L’Œuvre d’Orient a pu ainsi collaborer avec le centre de crise pour acheminer des fonds afin d’améliorer le logement, encore très précaire, des réfugiés de Mossoul et de la plaine de Ninive ayant fui vers le nord de l’Irak.

Pourtant cette population est aujourd’hui désespérée.

En effet, pas un mètre carré des zones de peuplement chrétien en Irak n’a été libéré. Depuis dix-huit mois que le drame de Mossoul a commencé, l’État islamique s’est considérablement développé, s’emparant de manière inexplicable de Palmyre et de Ramadi. Si cette dernière a été reprise par les forces de Bagdad, si la zone yézedie a été partiellement libérée, il n’en a rien été de la zone de peuplement chrétien, en particulier de la grande ville chrétienne de Qaraqosh. Le motif souvent invoqué est l’impossibilité de sécuriser Qaraqosh sans reprendre avant la grande ville de Mossoul. Nous pensons qu’il n’en est rien. Le Tigre, vaste fleuve difficilement franchissable, représente une frontière naturelle facile à surveiller.

Pascal_Gollnisch_par_Claude_Truong-Ngoc_juin_2015La vérité est que la zone de peuplement chrétien n’est une priorité ni pour Bagdad, soucieuse de sa propre sécurité, ni pour les kurdes soucieux avant tout du territoire autonome kurde.

La responsabilité de la communauté internationale est donc concernée. Sans elle les chrétiens ne pourront rentrer chez eux, ce qui signifierait la victoire de l’EI. L’aide apportée à Bagdad et au Kurdistan doit être liée à la libération prochaine de Qaraqosh dans les semaines qui viennent. En effet, il y a urgence. Les réfugiés sont totalement désespérés. Ils croyaient pouvoir rentrer chez eux rapidement, et ils constatent que rien ne bouge. Sans un signal fort, significatif, sur le terrain, ils voudront tous quitter l’Irak et se lanceront dès le printemps dans la folle aventure de la migration vers l’Europe. Les efforts de la réunion du 8 septembre, qui devait être prolongée par une réunion de suivi en Espagne, de même que la réunion du 23 février à Paris sur l’aide humanitaire risquent de devenir sans objet. Si les minorités quittent l’Irak, en particulier les chrétiens et les yézedis, l‘EI aura triomphé.

Cependant l’action en Irak ne se limite pas au Kurdistan. Les chrétiens subissent encore trop de discriminations dans la législation irakienne. Les efforts du Patriarche Louis Raphaël Sako pour défendre les droits fondamentaux doivent être soutenus par la communauté internationale et par les associations de défense des droits de l’homme. Puisse la prochaine venue en France de cet homme ouvert et courageux y contribuer.

Nombreux sont ceux qui, comme nous, attendent aussi du nouveau ministre Jean-Marc Ayrault de nouvelles initiatives pour la Syrie.

Après l’intervention de la Russie, n’est-il pas temps de revenir au conseil de sécurité pour donner un cadre juridique à l’action internationale contre l’EI ? Cela suppose l’élaboration de véritables propositions politiques à destination des populations sunnites, victimes elles aussi de Daech. Plutôt que de viser d’improbables solutions au plan national, il serait préférable de stabiliser des zones d’influence régionale à l’intérieur de la Syrie. Cela permettrait de faire parvenir l’aide humanitaire à la population sinistrée, et aussi de pouvoir associer les syriens, dramatiquement absents des actuelles négociations, aux décisions qui les concernent. Cela contribuerait à éviter les interventions armées de la Turquie, l’Iran et l’Arabie Saoudite qui représentent un vrai risque de guerre générale.

La priorité demeure toutefois la neutralisation de Daech et d’al Qaïda. Tout retard ne fait que compliquer la solution et renforcer l’inquiétant prestige en Europe de ces organisations. Mais cela ne sera possible qu’en sécurisant la frontière turco-syrienne, objet de tous les trafics.

Les chrétiens de Syrie et d’Irak ont besoin d’actes et non de paroles. La France doit agir. Elle doit exercer sa force de médiation. Sa crédibilité est en jeu.