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Chrétiens d’Orient au Liban et en Syrie : acteurs de paix face aux crises du Moyen-Orient
Chrétiens d’Orient au Liban et en Syrie : bâtir la paix au cœur des crises du Moyen-Orient
Depuis le 28 février 2026, le Moyen-Orient traverse une nouvelle phase d’escalade militaire d’une ampleur sans précédent. L’extension rapide des conflits à plusieurs pays de la région, notamment au Liban, fait craindre une régionalisation durable de la guerre dans un espace déjà fragilisé par des décennies d’instabilité politique, économique et sociale.
En Syrie, une transition incertaine pour les minorités religieuses
La chute du régime de Bachar al-Assad en décembre 2024 a ouvert une période de profondes transformations en Syrie. Pour les chrétiens d’Orient, cette nouvelle étape suscite à la fois espoir et inquiétude.
Si certains signes positifs émergent de la part des nouvelles autorités à Damas, de nombreuses interrogations demeurent quant à l’avenir du pluralisme religieux et à la place des minorités dans la société syrienne. L’influence croissante de groupes islamistes, les violences ciblées, les enlèvements et les représailles contre certaines communautés, notamment alaouites et druzes, alimentent un climat d’insécurité persistant.
Liban et Syrie : des populations confrontées à une crise humanitaire majeure
Au Liban comme en Syrie, les nouveaux épisodes de violence aggravent des situations déjà marquées par l’effondrement des services publics, l’appauvrissement des populations et la fragilité des institutions.
Les conséquences humanitaires sont considérables : déplacements forcés de familles, destruction d’infrastructures essentielles, saturation des structures d’accueil, augmentation du nombre de blessés et aggravation de la précarité pour des millions de personnes.
Face à ces défis, les acteurs de terrain poursuivent leurs efforts pour répondre aux besoins les plus urgents et préserver le tissu social.
Les chrétiens d’Orient, des acteurs essentiels de solidarité et de stabilité
Présentes depuis les origines du christianisme au Moyen-Orient, les communautés chrétiennes d’Orient sont directement touchées par les conflits qui secouent la région. Malgré leur vulnérabilité, elles demeurent des acteurs incontournables de solidarité, de dialogue et de cohésion sociale.
À travers leurs églises, leurs écoles, leurs hôpitaux, leurs centres sociaux et leurs œuvres caritatives, elles poursuivent leur mission au service de toute la population, sans distinction d’origine, de religion ou d’appartenance sociale.
Dans des contextes où les institutions publiques peinent à répondre aux besoins fondamentaux, leur présence constitue un soutien essentiel pour les populations et un facteur de stabilité pour les sociétés locales.
Une conférence pour comprendre les enjeux et construire l’avenir
Cette conférence propose d’explorer le rôle des chrétiens d’Orient dans la promotion de la paix, du dialogue et de la fraternité au Liban et en Syrie, malgré les fractures provoquées par les conflits.
Des intervenants libanais et syriens partageront leur analyse des défis actuels ainsi que les actions concrètes mises en œuvre pour maintenir le dialogue entre les communautés, renforcer la cohésion nationale et promouvoir une citoyenneté pleine et entière pour tous.
À travers leurs témoignages et leurs expériences de terrain, ils mettront en lumière les initiatives qui contribuent à préserver la coexistence, soutenir les populations vulnérables et construire les conditions d’une paix durable au Moyen-Orient.
Découvrez la vidéo de la conférence ici :
Retrouvez la synthèse de cette conférence ci-dessous :
Conférence : Chrétiens d’Orient, acteurs de paix en temps de guerre
Parlement européen, Salle EP SPINELLI 3E2, Bruxelles
Mardi 12 mai 2026
Intervenants : François-Xavier Bellamy (député européen PPE, France), Commissaire chargé de la Méditerranée Dubravka Šuica (en vidéo), Monseigneur Hanna Jallouf, Monseigneur Jacques Mourad, Père Youssef Nasr, Myriam Shwayri Tassabehji, Monseigneur Hugues de Woillemont, Vincent Gelot.

Dans le cadre de la célébration des 170 ans de l’Œuvre d’Orient, s’est tenue une conférence parrainée par l’eurodéputé François-Xavier Bellamy au Parlement européen de Bruxelles le mardi 12 mai 2026, intitulée « Chrétiens d’Orient, acteurs de paix en temps de guerre ». La conférence a réuni plusieurs responsables religieux et la société civile qui œuvrent pour la paix en Syrie et au Liban, dans un contexte de guerre au Moyen-Orient.
La conférence a mis en lumière le rôle central des communautés chrétiennes d’Orient comme acteurs de stabilité et de dialogue de paix dans un contexte régional marqué par les conflits, les déplacements forcés et les crises humanitaires.
- Dès l’ouverture, le Député européen François-Xavier Bellamy a salué le travail de l’Œuvre d’Orient. Il a rappelé que les relations entretenues entre l’association et les institutions européennes permettent d’apporter aux décideurs européens un « éclairage précieux » sur les réalités vécues en Terre Sainte et au Moyen-Orient. Selon lui, les chrétiens d’Orient demeurent des acteurs indispensables pour l’équilibre, l’identité et la paix dans la région.
- Mgr de Woillemont, Directeur de l’Œuvre d’Orient a ensuite présenté l’ampleur de leur action dans 23 pays, à travers plus de 1 200 projets dans les domaines de l’éducation, la santé, et du patrimoine ; soutenue par plus de 70 000 donateurs et plusieurs partenaires publics et privés qui agissent auprès des communautés locales, sans discrimination d’origine ou de croyances.
- Dans une intervention vidéo, la Commissaire de la Méditerranée Dubravka Šuica a remercié le PPE et l’Œuvre d’Orient pour leur engagement auprès des populations touchées par les conflits. Elle dénonce les atteintes aux valeurs chrétiennes et aux libertés fondamentales observées dans la région. Elle évoque les ambitions du Pacte pour la Méditerranée et la nécessité de protéger les populations civiles affectées par les conflits.
Les témoignages venus de Syrie et du Liban ont constitué un moment fort de la conférence :
- Mgr Hanna Jallouf (Evêque latin d’Alep) a décrit les difficultés rencontrées par les écoles chrétiennes en Syrie depuis des années de guerre et de bouleversements politiques. Malgré la fermeture de certains établissements et la suppression de disciplines jugées essentielles au développement de la personne, il a affirmé la volonté des communautés chrétiennes de continuer à offrir une éducation ouverte à tous, indépendamment des appartenances religieuses.
- De son coté, Mgr Jacques Mourad (Archevêque catholique syriaque de Homs) a lancé un appel fort face à la situation humanitaire en Syrie. Il évoque des violences, déplacements forcés, et la perte de confiance entre le peuple et les autorités. Il insiste parler au nom de tous les Syriens et non seuls les chrétiens, mais alerte sur l’exode massive des communautés chrétiennes.
- Le Liban a également occupé une place centrale dans les échanges. Le Père Youssef Nasr (Secrétaire général des écoles catholiques au Liban) a détaillé les conséquences de la guerre et de la crise économique. Les bombardements d’établissements scolaires dans le sud du Liban, les déplacements massifs de populations, la précarisation des familles et une incapacité croissante à financer les écoles sont des défis auxquelles les institutions chrétiennes tentent de répondre. Il a rappelé que plus de 30% des élèves d’écoles catholiques libanaises ne sont pas chrétiens, illustrant le rôle fondamental de ces établissements dans la cohésion nationale.
- Myriam Shwayri, Secrétaire générale de la fondation Al Kafaàt, a quant à elle insisté sur le rôle des organisations chrétiennes dans l’accompagnement des personnes en situation de handicap, dans un contexte ou l’Etat libanais peine à assurer ses missions sociales et de santé essentielles. Elle reconnait le soutien de l’Œuvre d’orient aux missions d’Al Kafaàt dans le soutien aux soins, aux thérapies mais aussi aux formations.
- Enfin, Vincent Gelot, Directeur de L’Oeuvre d’Orient Liban Syrie a rappelé que les ONG, les Eglises locales et les associations assurent aujourd’hui les missions que l’Etat libanais n’est plus en mesure de remplir. Il a souligné l’importance du soutien européen, non seulement financier mais également politique et symbolique, envers ces acteurs de terrain qui œuvrent quotidiennement pour maintenir les conditions de dialogue, de la reconstruction, et de la paix.
Il a rappelé les messages clés des rapports de plaidoyer de L’Oeuvre d’Orient : – Les impayés de l’Etat libanais : une mission de service public en danger : Rapport Liban – Chrétiens de Syrie : entre incertitude et espérance : Rapport Syrie
o En particulier, il a demande à l’Union Européenne que des fléchages financiers devrait être mis en place pour les minorités religieuses, les partenaires sur le terrain, les écoles, pour aider à la reconstruction et la réconciliation.
o Il regrette dans le « Pacte pour la méditerranée », l’absence d’un préalable à la liberté religieuse et au droit des femmes. Et il réitère un appel de ne pas oublier ces acteurs sur le terrain par l’Union Européenne.
Au-delà des constats alarmants, cette conférence a surtout mis en évidence la capacité des chrétiens d’Orient et des organisations qui les accompagnent à agir au service des populations locales. Les échanges ont rappelé que la défense de la liberté religieuse, du pluralisme et de la dignité humaine demeure un enjeu central pour l’avenir de la région.

