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Regards croisé sur le Prix littéraire : les auteurs répondent à nos questions 2/3

Lire et écrire sur les chrétiens d’Orient, pourquoi ?

A l’occasion du Prix littéraire, nous avons été pousser la porte des auteur plébiscités pour leur poser nos questions.

Jusqu’à la remise du prix, le 12 mai, nous vous dévoilerons chaque semaine leurs réponses. Retrouvez la première série ici.

Aujourd’hui, deuxième série : partez à la découverte de deux communautés chrétiennes orientales à travers des ouvrages de spécialistes. Catherine Mayeur-Jaouen, historienne, nous fait voyager dans la campagne égyptienne aux côtés des coptes catholiques. Youssef Mouawad, avocat et historien libanais, nous plonge dans la riche histoire des maronites.

 

Catherine Mayeur-Jaouen, Voyage en Haute-Égypte. Prêtres, coptes et catholiques

  • – Pourquoi avez-vous décidé d’écrire sur les coptes-catholiques d’Égypte ?

“Je n’ai pas vraiment choisi d’écrire sur les coptes-catholiques d’Égypte, je dirais plutôt que c’est le sujet qui m’a choisie ! Spécialiste de l’histoire religieuse de l’Égypte, celle des coptes comme celle des musulmans, je connaissais des prêtres coptes-catholiques, à titre personnel. En les rejoignant à Rome en 2004, j’ai décidé d’écrire un livre sur eux – et d’écrire, à partir de leur expérience, l’histoire de leur communauté et de leur région d’origine, la Haute-Égypte.”

  • – Votre livre est dans la présélection du prix littéraire pour le regard positif qu’il porte sur les chrétiens d’Orient : pourquoi a-t-il sa place dans le prix ?

“Mon livre n’isole pas les coptes-catholiques de leur société, des paysages dans lesquels ils vivent, de l’Égypte en général. Fondé en grande partie sur des enquêtes de terrain, de type anthropologique, il donne à comprendre la vie au quotidien de ces communautés rurales, entre coptes-orthodoxes et musulmans, sans essentialisme ou insistance excessive sur le confessionnalisme.”

  • – En quoi un lecteur occidental peut-il être touché/intéressé par votre livre ?

Un lecteur occidental peut, en lisant mon livre, découvrir un monde dont il ignore tout – d’autant plus qu’il est très difficile à un touriste occidental d’aller en Haute-Égypte (Louxor et Assouan exceptés). L’épaisseur des vies racontées, sur une longue durée et avec une profondeur historique, le fait participer à ce monde.

Youssef Mouawad, Maronites dans l’histoire. De Rebus Maronitarum

  • – Pourquoi avez-vous décidé d’écrire sur les maronites ?

“J’ai écrit sur les miens. C’est la hantise des origines, à un moment où la présence chrétienne au Moyen-Orient se rétrécit comme peau de chagrin.”

  • – Votre livre est dans la présélection du prix littéraire pour le regard positif qu’il porte sur les chrétiens d’Orient : pourquoi a-t-il sa place dans le prix ?

“Mon livre relève les éléments constitutifs d’une mythologie maronite qui fait de la France (monarchiste et catholique) la protectrice des chrétiens d’Orient. Avec comme leitmotiv : les maronites sont Français depuis des temps immémoriaux.”

  • – En quoi un lecteur occidental peut-il être touché/intéressé par votre livre ?

“Comment toucher les lecteurs occidentaux ? Ils ressemblent à ces Français sous l’occupation, comme les décrit René Tavernier, dans un poème de 1943 :

“Il y en a qui prient, il y en a qui fuient.

Il y en a qui maudissent et d’autres qui réfléchissent.

Courbés sur le silence, pour entendre le vide.

Il y en a qui confient leur panique à l’espoir.

Il y en a qui s’en foutent et s’endorment le soir.

Le sourire aux lèvres.”

 

Rendez-vous la semaine prochaine pour découvrir de nouveaux auteurs !