Après la Révolution russe de 1917, de nombreux catholiques immigrent en France. Une mission catholique russe s’implante d’abord en 1927, place d’Italie puis s’installe en 1934 dans le 16e arrondissement, rue François Gérard. En 1950, est créée la paroisse russe de la Trinité. L’église actuelle se situe au sous-sol de l’immeuble. Son iconostase a été réalisée par le Père jésuite Egon Sendler. Elle comporte une Trinité façon Roublev, à côté de très nombreuses icônes de saints : la Mère de Dieu, Saint-Jean-Baptiste, les Apôtres, Séraphin de Sarov, etc.
39 rue François-Gérard. Paris 16e – Métro 10 Eglise d’Auteuil.
Le saviez-vous ?
Bien que le schisme de 1054 n’ait pas formé de rupture immédiate et formelle avec Rome, la Russie s’éloigne du Saint-Siège après le concile de Florence, en 1439. L’Eglise catholique byzantine est alors malmenée par le pouvoir tsariste jusqu’à être interdite. En 1905, un édit de tolérance autorise la création de petites communautés catholiques de rite byzantin. Elles sont supprimées par les bolcheviks, d’où l’immigration de certains fidèles à Paris.
L’Eglise Saint-Julien est l’une des plus anciennes du vieux Paris. Elle est mentionnée dès le VIe siècle par Grégoire de Tours. Détruite au IXe siècle par les Normands, la basilique Saint-Julien-Martyr est finalement reconstruite en 1165. L’édifice roman et gothique, est celui que nous voyons aujourd’hui. En 1660, il devient la chapelle de l’Hôtel-Dieu. Devenue monument historique, elle est cédée en 1889 aux catholiques grecs-melkites de Paris. En 1891, le célèbre ébéniste de Damas, M. Georges Bitar, réalise l’iconostase, et vient à Paris l’installer de ses propres mains.
1 rue Saint-Julien-Le-Pauvre. Paris 5e. métro 10 Cluny-la-Sorbonne
Le saviez-vous ?
Les Grecs-melkites catholiques se trouvent à l’origine, dans les trois grands patriarcats orientaux d’Antoche, d’Alexandrie et de Jérusalem. Leur histoire remonte au concile de Chalcédoine (451). Le nom « melkite » vient du syriaque « malko » et signifie « royal » ou « impérial ». C’est un surnom donné par les monophysites aux orthodoxes ayant suivi le concile de Chalcédoine. Les Melkites catholiques sont des chrétiens de rite byzantin ayant rejoint l’Eglise catholique en 1724. Aujourd’hui, ils sont tous de langue arabe.
Historique
Après l’échec de la tentative d’union au concile de Florence en 1439, deux tendances se font jour : soit en faveur de Constantinople, soit en faveur Rome. En 1724, à la mort du patriarche Athanasios III Dabbas, une double lignée de patriarches va s’instaurer, l’une orthodoxe, l’autre catholique. En 1729, Rome reconnaît Cyrille VI Tanas comme patriarche de l’Église grecque melkite catholique. En 1848, le patriarche Maximos III Mazloum (1833-1855) obtient de la Sublime Porte la reconnaissance complète de son Église. Le chef de cette Église catholique porte le titre de patriarche d’Antioche et de tout l’Orient, d’Alexandrie et de Jérusalem. Il réside à Damas et répond d’environ 2 millions de fidèles en comptant la diaspora.
Le patriarche grec orthodoxe d’Antioche est aussi appelé patriarche œcuménique. Il compte environ 14 millions de fidèles.
Trois autres patriarcats grecs orthodoxes existent en Orient : Alexandrie, Constantinople et Jérusalem.
L’église actuelle a été construite en 1733. Elle s’élève à l’emplacement du « Collège des Lombards » fondé en 1334, et devenu en 1667 le « Collège des Irlandais ». Ici, des jeunes irlandais sont formés à la prêtrise puis missionnés en Irlande et en Angleterre pour lutter contre l’anglicanisme. En 1872, Albert de Mun, défenseur d’un catholicisme social, crée dans cette église les premiers cercles Ouvriers. Au début du XXe siècle, l’édifice est acheté par la mairie de Paris puis affecté en 1925 à la Mission Syriaque catholique. A l’intérieur, le chœur est séparé de la nef par un chancel en bois sculpté, fermé par un rideau blanc. Dans le chœur, deux fresques contemporaines représentent Saint-Ephrem et Saint-Ignace d’Antioche. De chaque côté de la nef, des icônes présentent les principaux saints de l’Eglise Syriaque des premiers siècles.
17 rue des Carmes. Paris 5e – Métro 10 Maubert-Mutualité
Le saviez-vous ?
L’Eglise syriaque est l’Eglise d’Antioche, établie par Saint-Pierre. L’Eglise syriaque catholique est issue de la division avec les orthodoxes au XVIIe siècle. La liturgie est célébrée dans le rite syriaque occidental d’Antioche, en araméen-syriaque, en arabe et en français.
Historique
À partir du concile de Chalcédoine (451), les grecs d’Antioche adoptent progressivement la christologie de Chalcédoine, alors que les syriaques d’Antioche adoptent la christologie monophysite. Ceci explique la rupture avec Rome et Constantinople. Jacques Baradée institue une hiérarchie monophysite “jacobite” distincte du patriarcat d’Antioche. Au début du VIIIe siècle, les Arabes déferlent sur la Mésopotamie et la Syrie. L’Église syriaque est persécutée par les Byzantins (IXe siècle), les Arabes (Xe siècle), les Mongols (XIIIe siècle) et Tamerlan (XVe siècle). En 1557, le patriarche Ignace Nemetallah se rapproche de Rome. Avec Ignace André Akhidjan, élu patriarche en 1662, l’Église prend le nom d’Église syriaque catholique, mais l’opposition à l’union persiste jusqu’en 1783.
Cette Église, dont le patriarche réside au Liban, est appelée indifféremment syriaque ou syrienne. Elle regroupe environ 175 000 fidèles. L’Église syriaque jacobite a son siège à Damas. Elle compte 750 000 fidèles.
Depuis le 22 janvier 2009, le Patriarcat établi au Liban est gouverné par S.B. Ignace Youssef III Younan.
La cathédrale Saint-Volodymyr-le-Grand est l’ancienne chapelle de l’Hôpital de la Charité, construite au XVIIe siècle l’emplacement d’une église du XIIIe siècle. Une fois achevée, elle est remise aux Frères de Saint-Jean de Dieu. A côté de l’édifice, les frères font construire un hôpital. La chapelle devient, avec la Révolution Française, un service hospitalier. En 1935, l’ancien hospice est détruit pour élever à la place une Faculté de médecine. Seule la chapelle est préservée, sa façade étant classé Monument historique. En 1943, elle devient la cathédrale ukrainienne Saint-Volodymyr-le-Grand, du nom du saint prince qui, en 988, fit baptiser son peuple de la « Rous » de Kiev, dans le Dniepr. L’iconostase actuelle est l’œuvre de l’artiste Omelian Mazuryk. Dans son travail, l’artiste a su en France montrer « l’essence même de la culture ukrainienne ».
186 boulevard Saint-Germain. Paris 6e– Métro 4 – Saint-Germain-des-Prés
Le saviez-vous ?
Malgré le schisme de 1054, l’Église Gréco-catholique d’Ukraine reste un trait d’union entre Constantinople et Rome. Fondée en 1596, elle est unie à Rome. Supprimée par un « concile » convoqué par Staline en 1946, l’Église ne retrouve sa liberté qu’en 191. Sa liturgie est célébrée dans le rite byzantin.
Historique
En 1596, l’acte d’union de Brest-Litovsk établit la communion des diocèses d’Ukraine avec Rome tout en confirmant leur liturgie, leurs rites et leurs coutumes. C’est la fondation officielle de l’Église gréco-catholique d’Ukraine. Le Métropolite de Lviv, Andrey Sheptysky, grand précurseur du mouvement œcuménique, est emprisonné par les Russes de 1914 à 1917. Son successeur, S.B.E. le cardinal Josyf Slipyj et tous les évêques ukrainiens sont arrêtés en 1945.En 1946, un pseudo-synode convoqué par Staline, auquel ne participe aucun évêque catholique, prononce la liquidation de l’Église gréco-catholique. 3000 églises et 150 monastères sont confisqués ; ses évêques, prêtres et fidèles sont condamnés à l’exil ou à la clandestinité. En 1963, l’URSS expulse le cardinal Josyf Slipyj. A partir de 1980, Jean-Paul II réunit à Rome les évêques ukrainiens, orthodoxes et catholiques, malgré la protestation du patriarcat moscovite (l’Ukraine lui fournit 90% de ses séminaristes et la majeure partie de ses revenus). En 1991, S.B. le cardinal Myroslav Lubachivsky, archevêque majeur, rentre en Ukraine. La cathédrale de Lviv est rendue aux gréco-catholiques ainsi que 900 des églises attribuées par Staline aux orthodoxes ou fermées.
Le 21 août 2005, le siège est officiellement transféré de Lviv à Kiev, la capitale.
L’Église compte environ 8 millions de fidèles en Ukraine et en diaspora.
L’Eglise copte catholique de Paris Notre-Dame d’Egypte, est l’ancienne chapelle Notre-Dame des Malades. L’édifice, de style néo-gothique, fut édifié en 1903 par l’architecte G. Leclerc comme chapelle de secours e l’église Saint-Laurent. La communauté catholique copte, un temps hébergée dans plusieurs chapelles latines, se fixe en 1997 dans la chapelle Notre-Dame des Malades. Elle partage alors les lieux avec la paroisse saint-Joseph Artisan. C’est pourquoi, on y trouve une iconostase ainsi qu’une statue e la Vierge : surprenant lorsque l’on sait que la tradition copte n’admet pas de statues à l’intérieur de ses églises.
15 rue Philippe-de-Girard. Paris 10.Métro 2 La Chapelle
Le saviez-vous ?
Fondée par Saint-Marc à Alexandrie en 68, l’Eglise Copte quitte la communion avec l’Eglise byzantine en 451 suite au concile de Chalcédoine et à son rejet du monophysisme. Les Coptes sont persécutés par les Arabes au XIe siècle, puis rejetés par les Croisés comme hérétiques au XII siècle. En 1824, le pape Léon XII établit un patriarcat catholique. Traditionnellement, les coptes considèrent être les descendants directs des pharaons.
Historique
Dès le IIe siècle, l’école théologique d’Alexandrie rayonne sur le monde chrétien. Au IVe siècle, les monastères fleurissent du désert (saints Antoine, Pâcome, Macaire…). Saint Athanase combat l’hérésie d’Arius. Saint Cyrille d’Alexandrie défend au concile d’Éphèse (431) l’unicité de la personne du Christ et la maternité divine de Marie. Les coptes refusent le concile de Chalcédoine (451). Au XIe siècle, ils sont persécutés par les Arabes et au XIIe siècles rejetés par les croisés comme hérétiques. En 1895, le pape Léon XIII établit le patriarcat catholique décidé en 1824 par le pape Léon XII. Mgr Cyrille Macaire est nommé “patriarche d’Alexandrie” en 1899 mais le siège patriarcal ne sera effectivement occupé qu’à partir de 1947.
Actuellement le Patriarche est S.B. Ibrahim Isaac Sidrak, patriarche d’Alexandrie, en résidence au Caire.
L’Église copte catholique compte environ 250 000 fidèles en Égypte et en diaspora.
L’Église copte dite “orthodoxe” compte près de 10 millions de fidèles avec Sa Sainteté Tawadros II.
Située dans le 18e arrondissement de Paris, Notre-Dame de Chaldée a été construite en 1987 et accueille les paroissiens depuis 1992. L’agencement de l’église est très particulier. La tribune, où se déroule la liturgie de la parole, fait face à l’autel, formant ainsi une allée. De la part et d’autre de cet axe se tiennent les fidèles. Trois éléments majeurs se retrouvent dans ce que l’on appelle « le ciel » : l’Evangile et l’icône du christ, placés sur l’autel, et puis la Croix Glorieuse.
13-15 rue Pajol. Paris 18e. Métro 2 La Chapelle
L’Eglise chaldéenne est la branche catholique de l’Eglise d’Orient qui a par la suite refus le concile d’Ephèse (431). L’Eglise d’orient, florissante en Mésopotamie et en Perse, évangélise l’Inde et la Chine du IVe au XIIIe siècle. En 1553, le patriarche Jean Simon VIII Soulaka est reconnu par Rome comme patriarche des Chaldéens pour toute cette Eglise. C’est en 1830 que le métropolite de Mossoul sera confirmé par le Pape Pie VIII avec le titre de patriarche de Babylone des Chaldéens. Au début du XXe siècle, la majorité des chaldéens non catholiques rallie l’Eglise catholique.
Historique
L’Église d’Orient a refusé le concile d’Ephèse (431).Florissante en Mésopotamie et en Perse, elle évangélise l’Inde et la Chine du IVe au XIIIe siècle.L’Église chaldéenne est la branche catholique de cette Église aussi appelée assyro-chaldéenne. Envoyé à Rome, le moine Jean Simon Soulaka est élu patriarche en 1551 et reconnu par Rome en 1553 comme patriarche des chaldéens. En 1830, le métropolite de Mossoul, Jean Hormizd II est confirmé par le Pape Pie VIII avec le titre de patriarche de Babylone des Chaldéens. Sous Emmanuel II Thomas (1900-1947), la majorité des chaldéens non catholiques rallie l’Église catholique. Le patriarche de Babylone des Chaldéens réside à Bagdad.
L’exposition « La Grande aventure des chrétiens d’Orient » sera présentée du 14 au 29 janvier 2017 à la Collégiale de Poissy, 8 rue de l’Église, 78300 Poissy.
L’Œuvre d’Orient présente un parcours didactique, largement illustré pour découvrir la richesse et la diversité des Églises et des Chrétiens d’Orient :
— Histoire : de la naissance de l’Église à Jérusalem aux séparations et réconciliations avec l’Église de Rome.
Une invitation à mieux connaître l’Œuvre d’Orient et ses missions aux côtés des évêques, des prêtres et des communautés religieuses, du Moyen-Orient jusqu’en Inde, d’Ukraine en Éthiopie.
Monsieur Luc Balbont , journaliste, donnera une conférence autour du thème « Chrétiens d’Orient. Présence ou défense ? ». Elle se tiendra le dimanche 22 janvier à 17h00, dans la Collégiale de Poissy, 8 rue de l’Église, 78300 Poissy.
Né le 23 avril 1949, journaliste. Arabisant, Luc Balbont vit depuis 1989 entre la France et le Liban, pays où réside sa famille. En 40 ans de journalisme il a couvert une grande partie des évènements et des bouleversements du monde arabe, de la guerre du Liban (1975-1990) aux révolutions arabes de 2011. Il a reçu en 2006 le prix « Reporter d’espoir » pour des reportages effectués en Egypte et en Palestine, et le prix littéraire de l’Œuvre d’Orient en 2012, pour le livre « Jusqu’au bout » (Nouvelle Cité), entretiens avec Mgr Casmoussa, archevêque syriaque catholique de Mossoul. Il est actuellement correspondant à Beyrouth pour le quotidien francophone algérien « Liberté ».